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[Preview] Retour sur le Roadshow Godzilla-15 minutes du film

Les roadshow sont bien souvent des objets du démon pour certains cinéphiles qui ne comprennent pas pourquoi l’on veut se spoiler beaucoup d’images du film, des mois avant sa sortie. Dans certains cas je les comprends et dans celui de Godzilla, je suis assez heureux de voir que les craintes n’étaient pas justifiées. En effet la présentation est montée avec une certaine intelligence apparaissant plus comme un maxi-trailer qu’une présentation décousue. Certes on y découvre beaucoup d’éléments et bizarrement assez peu dans le fond. Les bases sont mises en avant et au final malgré la série d’uppercuts on en ressort encore assez dans l’ombre face à beaucoup de choses que l’on vient de voir. Cela se nomme du teasing bien fait. Celui qui te met l’eau à la bouche sans te dégouter à jamais du produit qui t’attend au loin.

Warning les lignes qui vont suivrent contiennent des gros spoilers…Je ne m’appuie que sur les grandes lignes de la présentation et quelques appréciations/théories perso…

La présentation débute sur le personnage de Bryan Cranston et sa femme Juliette Binoche au Japon. Les deux travaillent pour une centrale nucléaire et visiblement quelque chose ne va pas dans l’esprit de Cranston avec les normes de sécurité. Sa femme Juliette Binoche le rassure, mais rien n’y fait. La séquence d’après lui donne raison vu qu’un incident majeur se produit à ladite centrale, entrainant la mort de sa femme et le fait pour Cranston de vivre avec ce fait qu’il se sent coupable de cette mort. Mais le point intéressant au-delà des relations que pose cette séquence est de voir le personnage de son fils…qui en fait est Aaron Taylor-Johnson. Le godzilla 2014 est avant tout a priori un drame familial. Le monstre a un lien direct avec la famille, car il est la source de la mort de la mère et de la disgrâce du père jugé comme étant devenu fou…

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Des années plus tard en effet, on voit le père et le fils revenir dans la cité du flash-back désormais à l’abandon et envahie par la nature. Mise sous quarantaine comme un Tchernobyl japonais, Cranston se rend rapidement compte que les apparences sont trompeuses. Des recherches continuent au cœur de la ville et un complexe gigantesque s’y trouve à l’abri du regard de tous. Les événements suivant le flash-back ne sont pas montrer, mais il n’est pas difficile de comprendre que la mise à l’écart de Cranston était nécessaire pour la simple et bonne raison qu’il disait la vérité. On cache quelque chose. Une chose qui pourrait bien s’être échappée des entrailles de ce squelette de taille impressionnante découverte dans une caverne sous terre. La chose qui frappe alors reste la proportion de ladite bête… On ne voit rien, mais on laisse présumer par la taille des dégâts…

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Les events déjà dits dans la bande-annonce avec les essais pour tuer la bête avec des ogives nucléaires dans le pacifique se confirment, mais l’on voit qu’ils ne sont pas les seuls. Et c’est alors que Godzilla arrive aux abords de la ville traqué par Ken Watanabe que le spectateur prend sa véritable première claque. Ce que Gareth Edwards avait fait dans Monsters, n’est rien en comparaison de ce qu’il accomplit ici. Il ne se renie pas, il garde le cœur de son premier film, l’humain face au surhumain, mais le passe par la case stéroïde. N’y allons pas par 4 chemins, le Godzilla d’Edwards en terme de taille met minable tous ces prédécesseurs, mais pas seulement. Il y a manière et manière de montrer un monstre à l’écran. Jouant avec la brume, la vision des dégâts et d’autres artifices de mise en scène Edwards place le spectateur avec cette preview dans un siège qui ne cesse remuer au rythme d’une tension croissante. Son Godzilla est monstrueux, titanesque et potentiellement flippant en diable. Il y a dans ces courtes apparitions, le potentiel d’excitation à l’apparition du T-Rex ou des raptors dans les Jurassic Park…du moins sous stéroïdes ici. Mais là où un Emmerich jouait la carte de l’humour qui tâche, Edwards n’a pas la même approche, la casse est inévitable, l’héroïsme aussi, mais l’humain a clairement conscience de sa faiblesse face à ce monstre. La donne est claire dès le départ et cela change la façon d’approcher la scène. On ressent clairement l’impuissance des « héros » face à ce monstre et cela renforce l’empathie. Chose qui prise en plus de la mise en scène atmosphérique faisant penser a une version documentaliste du fantastique sauce Del Toro laisse bouche bée…

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La séquence qui suit dans la ville est une version allongée de ce que l’on a déjà pu voir dans les trailers. L’un dans l’autre l’effet d’uppercut est sans pitié confirmant bel et bien toutes les bonnes choses que je pensais pouvoir attendre de ce film. La surprise est qu’elles sont atteintes bien au-delà de mes espérances, mais la chose aussi amusante est la façon dont Warner joue avec le spectateur dans ce Roadshow…

POSSIBLE MEGA SPOILER INCOMING (WARNING)

Les plus attentifs auront découvert dans la bande-annonce un plan d’une créature descendant du ciel en piqué sur les avions et navires. Je soupçonne que le plan suivant avec la patte fine se posant devant des soldats appartiennent à la même créature. Ce qui dans un premier temps confirme bien l’existence de deux créatures…mais ce Roadshow avait un petit truc pour les plus attentifs. L’une des séquences de la bande-annonce montrait une vue aérienne d’une statue de la liberté détruite suivie d’un plan large sur une ville en ruine en journée avec des hélicos dans le ciel…Le même plan dans cette preview dure à peine quelques secondes de plus, mais suffisamment pour laisser voir au fond du plan au loin une sorte de forme avec des pattes luminescentes avançant…le tout dans une tranchée semée à travers la ville. Les fameuses pattes luminescentes apparaissent aussi dans le dernier trailer dans un court plan où l’on semble les voir enrouler autour d’une ogive. Sous cette forme brève, la chose laisse bien à penser à une araignée…ce qui entre Godzilla, l’oiseau gigantesque et elle porterait le nombre de monstres dans le film à 3. Maintenant reste à voir si la chose se confirme à la hausse ou à la baisse…Mais le fait de rajouter ces quelques secondes sur le plan ne me semble pas forcément anodin de la part de Warner…

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En conclusion et pour en revenir à la bête, le fait de le lier de façon aussi intime à la famille que forme Cranston/ Taylor et Olsen est une donnée narrative très intéressante. Edwards mise sur l’affect tout autant que le spectaculaire et il a raison. Un film n’ayant à offrir que du spectaculaire sans fond aurait couru à juste faire une photocopie du Godzilla de Emmerich. Ici Gareth Edwards vise autre chose. Il y a du Del Toro dans la façon dont il joue et met en scène son monstre et une vision passionnante de l’espèce humaine face à ses propres excès dans ce film. Il n’aura fallu que 15 minutes d’images pour valider absolument tout ce que j’attendais de ce film. Monsieur Gareth Edwards, chapeau bas. Vous êtes là pour durer, je pense !

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