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Prémonitions- Critique du film

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Un tueur en série énigmatique sévit à Atlanta, laissant le FBI totalement désemparé. Quoi qu’ils fassent, les enquêteurs ont toujours un coup de retard, comme si le tueur pouvait anticiper leurs mouvements à l’avance ! En désespoir de cause, ils se tournent vers le docteur John Clancy (Anthony Hopkins), un médium retraité dont les visions les ont aidés dans le passé.En étudiant le dossier, Clancy devine rapidement la raison pour laquelle le FBI est incapable de coincer le tueur : ce dernier possède le même don divinatoire que lui. Comment dès lors arrêter un tueur capable de prévoir l’avenir ? Commence alors une partie d’échecs impitoyable.

Prémonitions est un film étrange à plus d’un titre. Pour replacer les choses dans le contexte, il faut comprendre que la gestation de ce film/projet remonte a la fin des années 90, le film étant à l’origine fait pour être une possible suite de Seven. L’idée étant de voir Morgan Freeman reprendre son rôle de vieux flic. Le hic fut qu’au fil des années et je parle des plus de 15 ans qui ont suivis, personne n’a voulu se lancer dans l’aventure, Ni Freeman, ni Bruce Willis… jusqu’à ce qu’anthony Hopkins finissent par accepter le projet et permettent du coup a ce film d’exister. Est-ce que ce fut une bonne chose ? J’ai envie de dire oui et non. Prémonitions est fascinant quand on le replace sur les rails de ce qu’il devait être et ce qu’il est devenu. Là où Seven développait un véritable sens de la mise en scène brillant et que le scénario affichait une perversion sans limites, Prémonitions se rate à quasiment tous les étages. Que ce soit dans la courbe d’évolution de l’histoire ou bien même de la réalisation, multipliant les effets clipesques et délires bizarres pour donner vie aux visions des deux Precogs. Tout part en sucette de la pire façon qui soit et laisse comme dans bien d’autres films avant celui-ci, le spectateur avec un feeling bizarre. Celui qu’il manque de nombreux morceaux du film.

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La base d’un film de Serial Killer réside dans le jeu du chat et de la souris qui s’établit entre le tueur et son traqueur. La chose vole très vite en éclats ici pour la simple et bonne raison que Collin Farrell n’apparaît guère plus de 20 minutes dans le film et ce encore quasiment recentré sur le dernier tiers du film. Avant cela, Prémonitions se perd dans un dédale d’hallucinations laissant presque à croire que nous sommes dans un film avec des mutants. Tant le degré « fantastique » des pouvoirs d’Anthony Hopkins et de Collin Farrell ne colle pas une seule seconde avec l’approche réaliste de cette traque au serial killer. En mélangeant deux genres qui ne vont pas forcément ensemble, Prémonitions commet sa première erreur. La deuxième tient dans la définition même des personnages s’affrontant. Jamais le spectateur n’est investi dans un camp ou dans l’autre. Le chat et la souris que représentent Anthony Hopkins et Collin Farrell sont en quelque sorte des autistes du crime. L’un le commet, l’autre tente de le contenir. Ils agissent en se parlant l’un à l’autre comme si le monde n’existait pas. Cela se comprend d’un point de vue psychologique, mais la retranscription de cet état d’esprit au niveau cinématographique ne fonctionne pas une seule seconde. Le concept que le tueur se pense investit d’une mission presque bénéfique en empêchant de souffrir des personnages s’engageant sur la voie de la maladie a quelque chose de différent, mais cela amène aussi un désagrément. Cela finit par rendre le personnage de Farrell neutre. C’est un tueur, un fou, certes, mais dans le fond, le malaise est qu’il agit presque pour un bien être utopique du plus grand nombre. Ce simple constat installe un trouble dans l’esprit du spectateur que la pauvreté du développement de son personnage ne fait rien pour dissiper.

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C’est la faiblesse majeure du film, Prémonitions aussi bien pour Hopkins que Farrell ne développe jamais correctement les personnages. Et c’est ainsi que tout finit par s’écrouler autour du spectateur, les personnages principaux étant aussi faibles que les secondaires et la réalisation se perdant dans des effets de styles sans intérêts, on finit par décrocher. Incapable de reprendre le wagon en route à la prochaine station on regarde l’histoire nous échapper et l’on reste sur le quai avec un magma narratif assez informe comme seule compagnon. Mis côte à côte avec Seven dont il devait être la suite, Prémonitions fait figure d’enfants dont personne ne veut pleinement assumer la paternité. Tentant vaguement de singer les idées de mise en scène de son aînée, il ne réussit jamais à exister par lui-même et finit par s’effondrer bien avant la ligne d’arrivée. Au final, Prémonitions est un objet étrange beaucoup plus fascinant par l’histoire de ses origines et sa longue gestation que de par le produit final qui est au final assez médiocre.

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