Critiques de films Films américains

Power Rangers le film, aussi light niveau scénario que la série…

Dans une petite ville, cinq adolescents découvrent qu’ils ont des pouvoirs extraordinaires. Ils vont devoir apprendre à surmonter leurs peurs et à faire équipe pour devenir les Power Rangers : le destin les a choisis pour sauver le monde de la destruction orchestrée par une force extraterrestre surpuissante…

Power Rangers, rien que dès l’énoncé du titre du film on se dit qu’il ne va pas falloir s’attendre à grand-chose. Et vous savez quoi ? C’est exactement le cas ici. Jouant sur la carte d’une nostalgie pas plus ignoble qu’une autre Saban et Dean Israelite mettent en place un produit ultra-formaté rendant hommage à la série d’origine jusqu’à en pomper l’essence même du vide de la mise en scène et du néant dans lequel repose le script. Car c’est bien là que réside le problème majeur de Power Rangers le film, ce dernier est aussi peu consistant qu’un épisode de la série. Le hic, le film dure près de deux heures, possède au final très peu d’actions et quand cette dernière arrive, elle est tellement plate, bordélique et baclé dans sa montée en puissance que l’on ne peut vraiment s’éviter de bailler très fort. Beaucoup de bruits à été fait autour du personnage Gay du film, c’est une jolie touche certes mais tellement rapide et sans véritables conséquences sur le reste du script qu’on se demande si l’utilisation de ce point était sincère ou purement marketing. Mais bon, je m’égare. Revenons-en au fait… y’a-t-il quelque chose à sauver dans Power Rangers le film ?

Si l’on se réfère à la version fan-film faite par Joseph Khan qui prenait la mythologie Power Rangers sous l’angle d’un film Hard R (ultra-violent, ambitieux et badass), il y avait de quoi faire, l’histoire autour de la saga n’est pas pire qu’une autre si l’on y met un peu de retouches cosmétiques, le potentiel existait. La version de Dean Israelite ressemble à un mix très bizarre de la volonté d’un réalisateur de faire un film old school avec un peu de style et de remplir un cahier des charges pour le moins pénible. Prenons les choses dans l’ordre. En plaçant son film sous l’angle d’un Breakfast Club du film de super-héros, le réalisateur place quelques références amusantes pour ceux capable de les voir, la participation de Bryan Cranston dans le rôle du mentor rajoute une touche sympathique et d’une certaine manière les ados jouant les Power Rangers sont moins mauvais que prévu. Le hic, car il y en a toujours un est qu’au-delà du personnage de Billy, le nerd du groupe qui est au final le plus attachant et développé, les autres souffrent d’une mise en scène et d’un dvpt tragiquement banal. Ce qui fait que l’on ne s’attache vraiment jamais à aucun d’eux. On les regarde passer d’étapes en étapes d’un scénario prévisible en diable sans jamais sourciller. On sait ce qui va arriver et l’on n’est jamais surpris. C’est le plus gros défaut du récit. Ce manque d’ambition et cette faiblesse d’écriture sous prétexte de faire du grand public basique achèvent le projet à la base.

Et tout cela n’est rien en comparaison du personnage de Rita Repulsa qu’incarne Elizabeth Banks. Dans la grande tradition des méchants de la série Tv, elle est une méchante assez consternante. Mal écrite, peu convaincante et effrayante, voire même souvent pénible, son parcours et ses motivations frisent le ridicule. La conclusion la concernant montre bien le peu d’intérêts que les producteurs ou scénaristes pouvaient avoir pour elle. Un film de ce genre sans un vrai méchant au compteur n’est rien et ici cela n’en devient qu’encore plus péniblement véridique. Alors oui, on peut me balancer au visage qu’il ne s’agit que des Power Rangers et qu’il ne fallait pas s’attendre à grand-chose. C’est vrai, mais un minimum de solidité et d’inventivité aurait été le bienvenu. Au contraire Dean Israelite est en pilote automatique et le résultat est à l’image de son action. C’est lisse, classique et pas mal baclé dans le dernier acte. Est-ce que cela empêchera certain d’y trouver leur compte ? Non, mais cela reste frustrant vu qu’avec un peu d’audace, il y avait de quoi faire franchement mieux. Du coup, l’ensemble reste anecdotique.

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