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La Planète des Singes – Suprématie, la claque de l’année!

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète.

La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves est un véritable ovni dans le paysage actuel des blockbusters. Avec le temps on a de plus en plus l’impression que ce genre est devenu la parodie de lui-même. Une sorte de machinerie qui agit en pilote automatique et ne se pose plus trop de questions. Les studios appliquant une recette et la poussant dans ses derniers retranchements jusqu’à l’écœurement. Si l’on fait le tour des line-up ces derniers temps, les véritables surprises sont rares. Et en cette année 2017 en bien ou en mal, le seul studio à vraiment créer la surprise est la Fox. Laissant au final une vraie liberté à ses réalisateurs et La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves enfonce définitivement le clou en livrant le volet final d’une saga pas comme les autres. Il y a une vision aussi bien messianique au travers du personnage de Cesar qu’un sous texte politique d’une violence sans commune mesure. Logan (de la Fox justement) touchait du doigt cette problématique des populations en fuite. La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves y plonge les mains jusqu’à faire remonter le cœur des choses à la surface. L’humanité dans ce dernier volet à changer de camp et c’est la beauté du film. Depuis le 1er film, on oublie que les singes ne sont que des singes. Le film n’a jamais pris le parti de les parquer uniquement dans cette case. L’éveil à l’humanité dont ils font preuve est progressive. Apprenant aussi bien de nos forces que de nos travers. Mais cette montée aussi subtile que progressive amène une force au récit sans commune mesure.

Tout comme la saga du seigneur des anneaux de Peter Jackson, celle de la planète des singes peut se voir à l’unité, mais c’est dans la foulée qu’elle prend sa vraie puissance. Ecroulement d’une civilisation d’un côté, avènement d’une autre en frontal et au milieu coule la rivière du chaos. L’humanité sous toutes ses formes se dresse devant nous et ce ne sont pas les humains qui en ressortent comme étant des modèles. Tout comme David Fincher, Matt Reeves réussit à utiliser les effets spéciaux non pas pour en mettre plein la vue, mais tout simplement pour donner encore plus de force à son récit. Le degré de photo réalisme qui donne vie a ce peuple singe est incroyable. Un effort combiné entre les artistes des effets spéciaux et les acteurs travaillant avec Andy Serkis (Cesar). Nous sommes devant des humains tout simplement et la cruauté qui se met en place dans le dernier tiers du film ramène vers une vision très obscure de l’humanité. La puissance perverse de La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves dans ce dernier tiers du film est clairement de mettre en face-à-face l’histoire humaine avec des relents de Seconde Guerre mondiale… et un constat sans appel des dérives vers laquelle certains politiciens vont. Sous couvert de SF, La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves est d’un réalisme assez effrayant pour ce que l’on n’aurait à tort penser n’être qu’un simple blockbuster.

Et c’est justement cette prise de risques de plus en plus rare dans le domaine qui rend le film aussi fort et brillant. Pris en solo, le film est d’une noirceur sans pareil, mais pris dans la foulée des deux précédents volets on s’aperçoit du cheminement si particulier que l’on fait en tant que spectateur. Voyant nos préceptes empathiques changer de camp. Humaniste, religieux, épique… la liste des qualificatifs que l’on pourrait adjoindre à cette saga est longue comme le bras. Matt Reeves transforme le personnage de Cesar en un messie menant son peuple vers une Terre Promise et en testant sur le parcours les limites de sa propre humanité. Epique comme jamais, La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves n’oublie pour autant jamais de contrebalancer sa noirceur avec certaines touches d’humanité ou d’humour qui ne nuisent jamais à l’ensemble. Avec ce 3e volet Matt Reeves cloture de la façon la plus brillante qui soit l’une des meilleures sagas récentes au cinéma. Inutile de tourner autour du pot La Planète des Singes – Suprématie de Matt Reeves est pour l’instant le meilleur film d’auteur caché sous le costume d’un blockbuster de l’année 2017. Définitivement à voir !

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