Critiques de films

Phoenix Forgotten- Critique du film

Phoenix Forgotten rentre dans cette catégorie de film qui si l’on ne regarde que la bande-annonce peut vous piéger sans le moindre mal. Un found footage sur des enlèvements extraterrestres produit par Ridley Scott. On se dit que la chose est intéressante et le trailer va dans cette direction utilisant tous les artifices dispo dans le manuel du monteur de bande-annonce. Mais c’est lorsque l’on regarde le film que quelque chose se brise en nous. On entend alors à nouveau cette petite voix qui rigole dans le fond de notre esprit nous indiquant que oui, une fois de plus, on vient de se faire berner. Est-ce que Phoenix Forgotten est une horreur absolue ? Non pas forcément, c’est juste un film sans le moindre enjeu dramatique cohérent ou intensité du fait de sa construction pour le moins bizarre. Durant moins de 90 minutes, le film passe la moitié de sa durée à n’être qu’un documentaire dans le fond assez basique sur une sœur remontant la piste de la disparition de son frère et a 50 % suite à un twist classique le film devient sans véritables transitions solides un récapitulatif des derniers instants des disparues via la découverte d’une cassette perdue… Autant être honnête, il ne faut pas se mettre une seule seconde à remettre en cause quoi que ce soit en termes de logique ou cohérence dans ce film sous peine de voir son cerveau partir en surchauffe. Mais le vrai souci de Phoenix Forgotten est que dans le fond on n’a l’impression d’être devant 2 films qui ne démarrent jamais vraiment. Un documentaire… et un found footage. Les 2 pris sous l’angle d’un 1er degré assez aride (et inintéressant…) qui enlève la moindre parcelle d’intensité au film.

Et c’est à partir de ce point précis de non-retour empathique que Phoenix Forgotten s’effondre littéralement. En effet, il devient difficile de plonger dans une histoire aussi mal construite et où dans le fond, on se moque des enjeux. La construction en deux temps au final si distinct et mal raccordé détruit le film en plein vol. On peut comprendre la volonté du réalisateur (et c’est tout à son honneur) d’infuser quelque chose de différent dans ce genre ultra-balisé qu’est devenu le found footage, mais le prendre sous le prisme premier du documentaire s’assimile à une sortie de route. Ce genre particulier demande a minima de jouer avec les codes et de respecter certaines règles. C’est un peu ici comme si l’on demandait à Raymond Depardon de réaliser le prochain Saw. Il y a une erreur de casting dès le départ et une validation d’une mauvaise direction artistique. Au final, Phoenix Forgotten ce n’est que cela. Des intentions louables au départ qui se perdent en route face à des choix artistiques incohérents par rapport au genre précis dans lequel évolue l’histoire. On finit par regarder la chose comme ces centaines de documentaires fumeux fait par des adeptes du complot. Phoenix Forgotten n’est ni bon, ni atroce, il est juste terriblement banal, passant complètement à côté de son sujet. Il y avait pourtant matière à en faire quelque chose, même si dans le même écosystème, il faut bien reconnaître que la série X-Files a quand même déjà bien retourner le problème dans tous les sens. Franchement dispensable au final…

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