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La peur de Stefan Zweig, une oeuvre à découvrir!

Stefan Zweig excelle dans la description des tourments intérieurs de ses héros. Sa nouvelle, La Peur, en est le meilleur exemple. Construit comme un roman à suspense, la pièce se déroule au rythme haletant des angoisses d’Irène, jeune femme adultère traquée par l’étrange compagne de son amant. Manipulation ? Hallucination ? Comment échapper à cette tourmente sans fin ? On assiste au vacillement d’un couple qui ne se comprend plus… jusqu’au dénouement, véritable coup de théâtre. Cette pièce, à l’esthétique cinématographique, s’inspire de l’univers d’Hitchcock, notamment du remarquable film Fenêtre sur cour.

Stefan Zweig, le nom n’est pas forcément synonyme de grand divertissement, on aurait même tendance à se dire que si l’on se lance dans l’aventure, il va falloir faire preuve de patience et d’endurance. Dans le cas précis de la pièce « La peur », il faut très vite reconnaître que ces craintes n’ont pas lieu d’être. En effet, le récit que Stefan Zweig met en place avait tout pour donner naissance à un petit chef-d’œuvre sous la main de Hitchcock, cela ne fut jamais le cas, mais qui sait peut-être qu’un jour un réalisateur s’attardera sur cette histoire d’adultère flirtant avec les limites de la folie. Une femme tiraillée par le fait d’avoir trompé son mari voit sa vie remise en cause par l’apparition de la femme de son amant. Une manipulatrice prête à tout pour lui faire payer son crime. Mais est-elle réelle ou bien un pendant de sa folie. Le mystère est le centre de la pièce et le vrai plaisir est de voir avec quel talent la mise en scène au demeurant minimaliste réussi l’exploit de tirer parti du moindre espace pour créer une ambiance cinématographique en diable. 3 acteurs et une mise en scène au couteau. Pas de temps mort et un texte qui fuse et touche au but en permanence. La peur est surprenant comme récit de par la façon dont il s’élève au-dessus des attentes du public. L’héroine est une femme, mais l’histoire est unisexe. Elle touche tout le monde, le doute, la peur que cela engendre, ce sentiment de culpabilité toxique qui nous fait perdre raison. Tous ces états prennent forme dans « La peur » au Théatre Michel et d’une façon bien plus passionnante et brillante que je ne le pensais. Ne laissez pas le nom de Stefan Zweig vous écartez de la découverte de cette pièce, cela serait vraiment dommage de passer à côté d’un vrai bon moment de théatre.

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