Critiques de films Films américains

Pet, Love story en cage au pays des psychopathes…

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Seth, trentenaire maladroit et inquiétant, tente de séduire Holly, une serveuse, mais échoue lamentablement. De plus en plus obsédé par la jeune fille, Seth kidnappe Holly et l’enferme dans une cage au refuge animalier où il travaille.

L’étrange Festival est encore et toujours l’occasion de découvrir des films que l’on ne verrait pas autrement. Pet rentre dans cette catégorie. Chef-d’œuvre ? Bon film ou juste pétard mouillé ? La réponse tient à moitié dans les deux dernières cases. Ni vraiment bon, ni mauvais, Pet repose sur un simple problème, il ne sait jamais vraiment ce qu’il veut devenir. D’une certaine manière, il aurait été plus impactant en se voyant raccourci et incorporer dans une anthologie de l’horreur comme Tales Fron The Crypt. Pris dans cette case spécifique, le film aurait alors eu une force plus grande. Mais en version longue, il est impossible de passer à côté des problèmes de tons. La coupure de style séparant la première partie du film de la seconde provoque un flottement dont la narration ne se remet jamais vraiment en termes de sérieux. Débutant comme une sorte de comédie romantique tordue Pet avance pendant un certain temps avec le pied sur la pédale de freins. On comprend sans mal la volonté du réalisateur d’agir ainsi, il veut poser ses personnages… et la chose fonctionne Ksenia Solo en victime et Dominic Monaghan en bourreau font merveille. Mais c’est quand la seconde partie du film arrive et que le récit s’emballe pour révéler son vrai visage que la magie se prend un peu les pieds dans le tapis. Non pas que la seconde partie du film et les twists y apparaissant soient désagréables, ils sont justes dans l’ensemble des plus prévisibles. Et donnent l’impression que conscient de devoir finir l’histoire dans le temps imparti, le réalisateur a pris l’option de gentiment partir en sucettes. C’est un choix qui amène un peu de divertissements certes, mais finit d’enfoncer la tête du film dans le sable mouvant de notre ennui.

Pet a le charme de ces petits films indépendants et l’ombre pesante des défauts qui vont avec. Il faut savoir prendre le parti de les accepter et de passer au dessus pour finir l’histoire sans encombres. Ce n’est pas toujours simple et pourtant Pet repose sur deux bonnes surprises : Ksenia Solo et Dominic Monaghan. Oui, le scénario survole parfois les deux personnages et sombre dans la caricature les concernant, mais le tour de force de ces deux acteurs est de réussir sans trop de mal à sauver les meubles. Pet n’était pas fait en soit pour être un long-métrage, en coupant dans le gras et en resserrant l’intrigue sur la 2e partie et en allégeant la première, il y avait de quoi faire quelque chose de vraiment nerveux. Dans sa forme actuelle, Pet a du mal à définir les contours de son identité et passe à côté de son potentiel. La réalisation est tout à fait honnête, les acteurs sont bons, mais le fautif est ici le scénario, un mal assez répandu au final aussi bien dans les grosses productions que celle de plus petite envergures. Love Story au pays des psychopathes et réservoir à twists pas toujours bien amené, Pet n’en demeure pas moins un divertissement classique. On est certes très loin des sommets de qualités du genre, mais l’on a vu pire. À voir un dimanche pluvieux en attendant mieux.

 

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