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[Pensée du jour] Photographe de rue, sniper de vie.

J’ai toujours eu une certaine forme d’admiration pour les photographes shootant avec des modèles. Pourquoi ? Car, ils ont ce je ne sais quoi qui fait que le moment venu, ils sont capables de faire sortir de la personne, l’expression qu’il faut. Cela demande de la patience, de l’empathie et un temps non négligeable. J’ai tenté plusieurs fois, parfois avec une bonne surprise, parfois avec moins de chances. Je ne suis pas forcément à mon aise dans ce domaine, ce que j’aime c’est la photo de rue, le snipe, le shoot sauvage. Pourquoi ? Peut-être parce que du coup je peux justifier mon envie de me planquer dans un coin, mais aussi pour la bonne raison que je n’obstrue pas le champ de vision de la cible qui m’intéresse, l’obligeant ainsi à ne pas se laisser envahir par les signes extérieurs de la peur de l’objectif. Cette saloperie avec un pouvoir parfois lourd à porter. Pour le photographe qui cherche sans cesse une meilleure façon de la canaliser et du modèle qui esclave de cette image que l’appareil et son mental lui renvoie s’évertue à le tromper. Je n’aime pas cela, malgré mes efforts. J’aime shooter dans le métro, la rue, à l’improviste une situation ou personne qui m’intrigue, m’attire en me faisant oublier. Le challenge est aussi parfois de se faire oublié tout en étant à bout portant. Je n’ai pas encore pris de baffes dans la gueule ou d’engueulades à la volée, il faut croire que je suis discret comme une ombre dans le domaine. Puis la photographie de rue oblige à une attention de tous les instants. Une mégapole comme Paris est un terrain de chasse parfait pour ce genre d’activités, on y trouve tout le matériel visuel pour nourrir son œil. Le challenge est juste de dompter sa trouille de se lancer. Commencer dans la rue reste à mes yeux le meilleur moyen de se faire les crocs. Je n’ai jamais aimé les sims, mais c’est pourtant leur contrepartie humaine qui s’avère les plus intéressant à shooter au jour le jour.

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