Critiques de films Films américains

Passengers, dans l’espace personne ne vous entendra ronfler…

Passengers est le genre de films qui vu au travers de sa simple affiche vend du rêve, Jennifer Lawrence et Chris Pratt au générique, c’est la certitude d’attirer un large public. Mais derrière le simple élément marketing, Passengers réussit-il à vendre autre chose qu’une belle affiche ? La réponse est dans l’ensemble non. La première erreur ou mensonge, cela dépend est que Passengers n’est pas du tout ce que le distributeur nous vend. Non le film n’est pas une immense love story dans l’espace… on en est même très loin. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que le film est au final assez creux d’une part, mais surtout terriblement glauque dans la mise en place de la relation entre les deux personnages principaux. Il n’y a fondamentalement rien de romantique dans cette histoire au mieux la mise en démonstration de ce que le syndrome de Stockholm finit par produire sur la victime. Car, c’est bien le terme à employer dans le cadre du personnage de Jennifer Lawrence dans Passengers. Elle n’est rien d’autre que la victime d’un creep ayant peur de mourir seule et qui entraîne dans sa chute une autre personne qu’il a mis des semaines à étudier avant de la réveiller de son sommeil cryogénique. Le tout au passage en s’imaginant être amoureux d’elle et qu’il s’agit de la femme de sa vie… tout cela en mangeant ses nouilles en caleçon à côté d’elle pendant qu’elle dort dans son pot cryogénique.

Oui, Passengers balaye toutes intentions de romantisme pour au contraire remplir chaque espace de son récit avec du bon malaise de première qualité. Mais tout cela n’est rien en comparaison de celui que l’on ressent encore plus flagrant dans les yeux des deux acteurs principaux qui très vite se demandent pourquoi ils sont venus dans cette galère. Chris Pratt fait du Chris Pratt en automatique du début à la fin, la première demi-heure en est du coup un catalogue de toutes les facettes de son jeu d’acteur comique. Il suffit de repenser à tous ces derniers rôles et de remettre le nom du film où vous l’avez vu faire cette tête dès que la scène de Passengers vous en donne l’occasion, mais la palme revient à Jennifer Lawrence dans le domaine. Tout comme Chris Pratt, Passengers semble devenir un long chemin de croix pour elle et on la comprend. En prenant du recul deux secondes et réévaluant à froid le postulat narratif de départ, Passengers aurait pu être bon. L’idée de créer ce malaise avec un personnage faisant un choix au final abject changeait de la routine Hollywoodienne, mais pris au piège de son casting et des conditions surement drastique du studio, le film finit par ne jamais prendre le moindre risque. Et c’est alors que l’on assiste à l’extinction de ce qui au final aurait pu être la bonne idée de l’année (secouer les attentes du spectateur).

Passengers ne prend aucuns risques et enchaîne du début à la fin les platitudes. Visite guidée dans les coursives d’un vaisseau fantôme on se sent un peu comme pris au piège dans un navire entrain de sombrer comme le dit Jennifer Lawrence dans le film. Il n’y a rien de véritablement passionnant, ni romantique ou digne de la grande SF que l’on était en droit d’attendre avec ce récit. Au contraire, on assiste à l’étalage assez pénible et fainéant de millions de dollars étalés aux 4 coins de décors gigantesques aussi plat et sans vie que le récit. C’est surtout ce qui est terriblement frustrant en bout de course… avoir deux bons acteurs devant la caméra dans les rôles principaux, beaucoup d’argents au budget et au final accoucher d’un truc pareil. Pas étonnant que même le studio en bout de course lors de son marketing peu glorieux n’a pas su quoi faire de Passengers. Le film avait depuis longtemps dépassé le stade du sauvetage possible. Un fiasco en mode mineur dont personne ne se souviendra plus d’ici quelques mois…

 

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