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Ni le ciel, ni la terre – Clément Cogitore – Critique du film

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Afghanistan 2014.
À l’approche du retrait des troupes, le capitaine Antarès Bonassieu et sa section sont affectés à une mission de contrôle et de surveillance dans une vallée reculée du Wakhan, frontalière du Pakistan.Malgré la détermination d’Antarès et de ses hommes, le contrôle de ce secteur supposé calme va progressivement leur échapper. Une nuit, des soldats se mettent à disparaître mystérieusement dans la vallée.

Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore est l’un de ces films hybrides totalement étrange sautant sans cesse d’un style à l’autre, flirtant avec un aspect presque expérimentale par instants et qui en fin de course n’embrasse jamais complètement toutes les influences qu’il brasse. Certains y verront un film d’auteur brillant jonglant avec les genres pour créer son style, en ce qui me concerne, j’y vois malheureusement un film parfois pompeux, de temps à autre intrigant, mais terriblement décevant de par sa pirouette finale. Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore semble avoir en effet un mal de chien a se décider à être un film d’un genre en particulier et de surtout s’y tenir. Ne serait-ce que par souci de cohérence. Mais Clément Cogitore tout un Christophe Gans de la grande époque fourmille de références et d’influences, il veut tout caser dans son film en faisant parfois fit de la cohérence. C’est un choix, cela se défend, mais ici le résultat surtout sur le final est et restera frustrant. Pourquoi ? Simplement pour le simple fait que pendant une énorme partie du film, Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore nous emmènent ailleurs. Le public tout comme ses soldats perdus dans un univers qui les dépassent ne sait pas où il va et en soit, la chose est presque agréable. Mais, cela n’enlève pourtant pas au reste du film un étrange sentiment de narration foutraque.

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Installant une ambiance presque inquiétante et pesante sans pour autant recourir aux artifices classiques du genre Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore fait illusion pendant une partie de l’histoire. Cela se tient même plutôt bien. Mais soudain, le choc des cultures entre soldats et les locaux prend une tournure plus religieuse, point de vue de chrétien s’opposant aux légendes diverses de l’islam. L’ensemble qui jusque-là était intrigant et avait un certain charme devient plus pompeux et témoigne de beaucoup moins d’assurance. Les religions, la foi de tout a chacun et les préceptes chrétiens ou islamiques s’entrechoquent pour dans un camp comme dans l’autre donner de l’épaisseur au folklore local qui sert de socle à l’histoire. C’est ici que le film commence à perdre pied. Les ennemis d’un jour s’allient, ce en dépit de tous sens de la logique et les soldats s’enfoncent encore et encore plus loin dans la folie. Jérémie Renier en tête fait de son mieux pour être convaincant dans son rôle de chef d’escouade tentant de comprendre ce qui arrive. Mais surtout de garder une cohésion dans ses troupes. Et force est de constater que la chose ne fonctionne pas vraiment. Perdu dans les méandres d’un scénario qui part de plus en plus dans tous les sens, le film montre cette descente dans la folie sous un angle cinéma d’auteur français. Ce qui dans ma bouche n’est pas un compliment. Des réalisateurs comme Carpenter ont fait le même voyage, Adrian Lyne aussi. Touchant du doigt des sujets similaires, le mystique, la folie… Tous avec des budgets parfois aussi légers et en offrant au final quelque chose de plus concis. C’est le défaut majeur de Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore, un manque de cohérence. Il y a de l’air qui passe entre les fondations, beaucoup en fonction de l’endroit même…

Est-ce que Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore est un film fantastique ? Un petit oui suivi d’un grand non tiendra lieu de réponse. Est-ce un drame ? Pour les personnages ou le spectateur, je me pose encore la question ? Est-ce un film de guerre ? Plutôt un film sur les traumas de la guerre et les ravages que cela peut avoir sur les personnages. Mais dans ce cas-là, d’une certaine façon un angle pleinement fantastique dark et malsain comme l’échelle de Jacob aurait été plus judicieux. Ici Ni le ciel, ni la terre de Clément Cogitore a du mal à choisir son style et cache cette indécision sous une pluie de clins d’œil à d’autres œuvres et thématiques qui ne forment pas toujours un tout très cohérent. Un sentiment de frustration qui culmine dans le final nous laissant tout seul face à une seule question : Tout cela pour ça ?

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