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[News] Parler cinéma…et après ?

J’ai grandi à une époque que beaucoup ne connaissent plus, celle de l’écran fantastique, starfix, mad movies, première, studio, ciné-live…une époque où la presse papier cinéma me faisait rêver. Je garde encore d’ailleurs des tonnes de numéros de l’époque dans mes cartons. Je fais partie de cette vieille génération qui a fait ses gammes à l’école du rêve via le papier. Puis avec le temps j’ai bougé d’un navire à l’autre. Numérique vs Print, le combat est parfois déloyal, mais d’un côté comme de l’autre les challengers restent présent, c’est juste dans les contours de l’avenir qui se dessinent qu’une certaine forme d’incertitude me prend à la gorge. Que ce soit d’un côté (¨Print) comme de l’autre (Web), le fait de parler cinéma a-t-il encore la valeur d’antan ? Le système change, la qualité des productions décroit et pour assurer un minimum de salut à ces dernières les canaux de communications évoluent, se verrouillent et changent la donne. La liberté de ton et de fond surtout fait place à parfois des choses beaucoup plus aériennes, on survole de façon poli et la magie devient une légende urbaine au profit d’un compte rendu parfois plus glacé et ennuyeux. La donne s’applique aussi bien pour le print et le web souffrant bien souvent des mêmes maux : les guerres de chapelles d’un extrême à l’autre. Il y a l’école de l’ultra grand public qui au final enlève tout sens et aseptise le propos à l’extrême pour parler à Madame Michu et l’école de l’esthète qui s’éloigne avec force de la notion adverse pour mieux rester à débattre entre gens de son église de pensée.

Le juste milieu devient difficile à trouver. Je ne dis pas que dans un camp comme dans l’autre, il n’y a pas des plumes historiques et nouvelles dont la valeur est indéniable. J’exprime juste un point de vue de lecteurs ayant vu au fil des ans l’usine à rêve avoir du mal à se renouveler. Les versions numériques seront-elles la bouée de sauvetage d’une industrie à la dérive ? Que ce soit à la Tv ou sur le net, le cinéma art populaire par excellence, semble bizarrement avoir terriblement de mal à trouver son public et un écho hors des sphères de la promo sans intérêts. Beaucoup de nouveaux magazines suivent une charte identique , mais là encore la problématique de la fraicheur de l’info rentre en ligne de compte. Le print ne battra plus jamais le web sur ce détail et quand vient l’argument de dire que les gratuits parlent aussi de cinéma, si l’on prend Metro, le court espace alloué à la chose ne permet malheureusement pas d’approfondir. Le cinéma est au final dans ces médias un consommable comme un autre soumis au besoin de ne retenir que le cœur de l’info, même si dans certains cas, c’est tout l’habillage qui fait la saveur de ce cœur…À une époque où les journaux historiques de cinéma connaissent des périodes sombres et que les versions web dans l’ensemble peinent à forcément trouver la reconnaissance que certaines méritent on remarque avec tristesse les choix éditoriaux de tribune comme le plus OBS avec Vincent Malausa dont la vision « du parler cinéma » équivaut chaque semaine chier sur une victime de choix pour attirer le clic. Culture du clash et du clic, comment en vouloir à ceux qui dans le but de tenir la tête à flots font le choix de la facilité plus que de la qualité. Le cinéma est un divertissement et pour en parler désormais le grand public se fout du fond, mais demande que la forme soit divertissante. Tout cela n’est plus qu’un spectacle, voir même un grand cirque. C’est dommage, c’était mieux avant…

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