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[News] L’art délicat de la critique cinéma

La critique a-t-elle de nos jours encore une influence sur le public ? Parfois je me pose la question et y voit même de plus en plus dans le cas de gros film par moment un magnifique repoussoir. Les gens qui comme moi aiment écrire sur le cinéma sont dans une bulle dont la connexion en wifi avec le monde moderne a parfois des allures de 3G de chez Free. J’entends par là qu’il est toujours intéressant de voir le décalage d’intérêts et de connaissances ou juste de jugement que je peux avoir par rapport à un spectateur normal. Quand je me confronte a un vrai spectateur ( ceux qui ne vont pas au cinéma 2 fois par semaine, ne regardent pas toutes les bandes-annonces et se foutent de mon avis car ils ont lu un court avis positif dans le 20 minutes du matin) autant dire que la claque est violente. Ce qui bien souvent m’amène à relativiser la puissance de frappe d’une critique et replacer dans le contexte de la vie sur le long terme l’importance de cette dernière. Qui sont les personnages du milieu qui ont droit de vie ou de mort sur un film ? Dans les faits, pas forcément beaucoup,mais dans le fond, on remarque de plus en plus que « l’influence » se transpose en quelque chose avoisinant la « défluence ». Il suffira qu’un cercle de « journalistes » crie au chef-d’œuvre en groupe pour que par réactions épidermiques le sentiment d’adhésion du vrai public soit remis en cause. Dans le cadre de Gravity par exemple, cela n’a pas remis en cause son succès au box-office, mais créé une vague de déception scindant en deux le public. À force de crier au chef-d’œuvre, les attentes étaient hautes. Trop pour certains, occasionnant la déception et rancœur sur le fond qualitatif du film. Le journaliste ou blogueur ciné est-il l’arme de persuasion massive qu’il se persuade d’être ou au contraire le pire ennemie du film ?

De plus en plus de studios imposent des embargos autour de certaines grosses projections ( parfois pour ne pas entrer en conflit avec la projo presse US et parfois pour canaliser le buzz en amont), ce qui aboutit a voir arriver en masse les critiques a dates fixes et de facto à en dévaluer le coup de massue. La date de fin d’embargo étant la plupart du temps déjà proche de la sortie et la machine médiatique déjà en marche, l’avis de la presse finit par se fondre dans la masse. Il se dilue, certains papiers survivent, mais la grande partie ne touche que certains cercles. Méthode parfaite pour « brider » ? Ce qui amène au final à se poser la question bête du « est-ce que faire une critique approfondie » d’un film dans l’espoir de persuader le public d’aller le voir ou non à encore un sens. La critique ne battra que rarement le marketing. Prenons l’exemple de film reconnu comme médiocre ( la saga Twilight, les bronzés 3 et tant d’autres.) Est-ce que les critiques négatives ont eu un impact sur la finalité monétaire des projets ? Pas du tout. Aussi acide que soit la plume, plus le temps passe et plus j’ai tendance à me dire qu’aujourd’hui l’art délicat de la critique cinéma livre un combat qui ne lui offrira pas forcément de victoire, ou alors ce sera au point et elle y laissera des plumes.

1 Comment

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    Nounours
    décembre 7, 2013 at 2:07

    Les critiques ne restent qu’un indicateur (si on s’en tient à son résumé ou sa note) ou une analyse (si on la lit attentivement et que l’objet de celle-ci la mérite). Il est improbable de la voir lutter contre le marketing dans le cas d’un mauvais film ou plus positivement de remplacer une distribution correcte qui amène le film jusqu’au spectateur (nb de copies…). L’exercice comme leur lecture n’en demeure pas moins intéressante selon moi, cinéphile « très régulier mais pas expert », mais également dans le cas d’un intérêt particulier pour un long-métrage soit sujet à polémique (les films primés par ex), soit peu servi par le marketing mais au cast/sujet/real’ potentiellement intéressant, pour un spectateur plus lambda.

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