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Netflix est-il le fossoyeur du cinéma Français ?

A terme le cinéma français ou International peut-il lutter contre l’ogre Netflix ? Si l’on se pose la question et que l’on prend un seul point de détail mise en avant par Bong Joon Ho le réalisateur de Okja. Netflix offre aux réalisateurs ce que le système actuel leur refuse, le luxe de travailler en dehors du carcan des classifications et de tout ce que cela impose sur la création du film (ou les retouches en coulisses). Netflix est cet élément perturbateur qui décide de miser à risques sur des projets et des visions sans pour autant jouer le dieu intrusif. Et est-ce que cela représente la fin du cinéma ? J’ai envie de dire non. Cela représente la fin d’un cinéma certes. Mais si l’on prend le seul exemple du cinéma français, ce dernier n’est-il pas en sursis depuis longtemps ? La télévision élément centrale du processus de production finit par le tuer de l’intérieur. L’uniformisation qu’elle demande élimine d’emblée le fantastique hardcore ou expérimentale et tant d’autres genres ou sous genre. Le tout au profit de drames ou comédies calibrés pour ne pas déplaire. Calibrer pour occuper du temps de cerveau disponible comme dit la légende. Et sincèrement, je pense que cela ne concerne pas que moi, mais beaucoup de spectateurs n’en peuvent plus. L’envie d’autres choses se fait sentir et devient plus forte. Un moment où il est du coup beaucoup plus facile de répondre à l’appel des sirènes extérieures comme Netflix. La polémique autour de Netflix à Cannes montre bien la problématique, le milieu enrage et part en hurlant claquant la porte, s’invective entre eux, mais oublie de regarder simplement du côté du spectateur.

Ce crétin qui paye sa place en salles ou son abonnement cinéma pour voir de la Junk Food faite à la chaîne. Ce même personnage qui se dit que non Netflix n’a rien d’un démon, sinon comment expliquer qu’autant de réalisateurs et d’acteurs hollywoodiens franchissent le pas. Certes l’expérience française avec Marseille est un navet vulgaire et pénible, mais il a au moins le mérite d’exister et d’ouvrir la porte à d’autres chantiers TV avec Netflix et la France. Ce que l’industrie semble vouloir oublier est que même si elle met toute son énergie dans la bataille pour résister à l’assaut silencieux de Netflix, la bataille a des allures de fin de partie. Netflix ne construit son empire cinéma, son invasion comme diront certains que sur le simple constat d’échec d’une profession qui trop longtemps certaines de détenir la formule sacrée a fini par ne plus voir que le public était en phase d’indigestion. Et ce pour un nombre de plus en plus croissant. Une indigestion entraînant un nouveau mode d’alimentation Netflix s’est imposé comme une alternative séduisante. Développant sur le long terme et avec un calme de serpent une stratégie de conquête qualitative et ambitieuse. Comment lutter dans le fond quand ces deux mots sont devenues de plus en plus fantomatiques dans son vocabulaire ? Netflix est-il le diable ? Non, c’est le changement, une évolution. Et dans ce business comme dans un autre, il faut savoir accepter d’évoluer ou se résigner à mourir…

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