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Naked, un jour sans fin version blaxploitation

Naked de Marlon Wayans rentre dans cette catégorie de films que l’on regarde en sachant pertinemment que l’on part dans un traquenard. Pas que le résultat soit horrible ou laissant des séquelles à vie sur le sujet, non loin de là. Mais l’on est juste devant ce que l’on peut définir comme étant le point d’origine du néant. Partant d’une idée simple et reprise aussi bien dans les comics, séries tv ou films (et parfois 100 fois mieux), Marlon Wayans tente avec Naked de faire passer l’idée de la comédie romantique dans la case de la légèreté du DTV. Est-ce que cela fonctionne ? Cela aurait pu si le scénario en plein milieu de l’action ne semblait finir par dire un gigantesque « dégage » à la moindre parcelle d’ambitions. Planant sur une certaine forme de facilité confinant à la fainéantise, Naked ressemble alors à ce que les films produits par Adam Sandler sur Netflix sont… un gigantesque rassemblement de potes faisant les cons pendant 90 minutes en espérant que le public ne se rende pas trop compte de l’escroquerie et d’une certaine manière pendant la 1ere partie cela passe presque. C’est ensuite que les choses se compliquent et Naked apparaît alors pour ce qu’il est, un classique DTV flirtant avec les limites de l’insignifiant. Mais s’il y a bien une chose que l’on peut reconnaître à Marlon Wayans dans ce film c’est la volonté de ne pas tomber dans ses travers d’un humour trop graveleux. Certes, le scénario ne va pas gagner sa place dans la course aux Oscars, mais même si la chose est hautement anecdotique, cela se laisse regarder. C’est le paradoxe magnifique de cette production.

Mais pour autant, cela ne permet pas de passer sous silence tous les autres soucis qui plombent le film. Si l’on gère mal la notion de boucle temporelle cela finit vite par apparaître comme étant un running gag facile et parfois laborieux permettant de réduire les couts et l’investissement créatif. On revoit advitam la même séquence sous un autre angle. Tout le monde n’a pas le génie humoristique de Bill Murray pour surpasser ce point de détail et du coup assez vite Marlon Wayans tourne à vide. Il n’est pas aidé il est vrai par les seconds rôles l’entourant. Personnages qui souffrent tous d’un problème simple, celui d’être complètement sous développé. Entre featuring de stars et archétypes flirtant avec le cliché, Naked ne fait pas beaucoup d’efforts pour remplir la durée de son temps d’antenne et du coup assez vite ce qui devait arriver se réalise sous nos yeux. On décroche. On continue de regarder la chose, mais d’un œil au final si lointain que cela n’a plus de véritable intérêt. Alors oui, Marlon Wayans fait de son mieux pour maintenir le navire en place, mais impossible de ne pas dire que cela ressemble a une version blaxploitation des films d’Adam Sandler qui sont désormais légion sur Netflix. Du consommable que l’on prend et que l’on oublie tout aussi vite. A vous de voir si l’aventure vous tente ou non.

 

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