Critiques de films Films asiatiques Films français

Mutafukaz, du papier au grand-écran, adaptation réussie!

Mutafukaz, du papier vers le grand écran, le challenge était assez massif. Le film est-il une réussite ou un ratage de plus dans le milieu des adaptations?

Mutafukaz à fait les belles heures du département bd d’Ankama et l’on se demandait quand est-ce que le film allait avoir les honneurs de passer par la case grand écran. Il est vrai que vu sa nature, hardcore et aussi violente que gore par instants, cela allait être difficile de caser ce film dans le paysage de l’animation française, qui préfère à vrai dire des choses plus propres. C’était sans compter sur l’arrivée du cinéma japonais dans l’équation en la personne du Studio 4c pour sauver le projet et le résultat est à quelques détails près des plus satisfaisant : À la suite d’un accident de scooter provoqué par la vision d’une mystérieuse inconnue, Angelino, un bon à rien comme il y en a des milliers à Dark Meat City, une sordide mégapole de la côte Ouest, commence à avoir de violentes migraines accompagnées d’étranges hallucinations. Avec son fidèle ami Vinz, il tente de découvrir ce qui lui arrive, alors que de menaçants hommes en noir semblent bien déterminés à lui mettre la main dessus…

Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard comme je le disais plus haut n’avait rien d’un projet facile à mettre en place. L’univers si particulier du héros et la facilité avec laquelle la narration peut varier dans le gore ou le gentiment débile voir trash avait de quoi donner des sueurs froides à n’importe quel producteur ou distributeur. Le fait que le film ne possède d’ailleurs toujours pas de distributeur chez nous en témoigne. Mais pourtant et surtout via l’apport du style si particulier du Studio 4c, c’est une bonne chose que Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard ne se soit pas fait dans le cadre d’une ligne éditorial trop française en terme de production. Rendre justice à l’univers et aux personnages de l’histoire qui sont je le rappelle aussi border line que fondamentalement jouissif ne pouvaient pas souffrir de concessions trop massives. Ce au risque de finir par se renier et cela aurait été contre productif pour le film. Le vrai gros défaut de Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard qui au final est assez courant à beaucoup de productions de ce genre est qu’il n’est dans le fond qu’un gigantesque pilote. Plaçant chacun des personnages sur l’échiquier narratif du film et donnant envie de revenir pour la suite, la vraie. Le point frustrant restant donc que Mutafukaz oublie d’être un film dit « one shot » fonctionnant de manière autonome. C’est un défaut minime pour certains et un poil plus chiant pour d’autres. Vu que cela occasionne souvent la relégation du développement de certains personnages vers des temps lointains, le tout sous prétexte qu’on garde de la matière pour la suite.

Et ici c’est un peu l’un des rares points avec le doublage d’OrelSan qui m’a laissé un peu en plan. Autant Gringe correspond parfaitement au personnage et s’en tire avec les honneurs, autant le ton monocorde d’Orelsan qui passe très bien dans le rap, a plus de mal à prendre. Comédien de doublage est un art et tout le monde ne peut pas avoir tous les talents. Deux points négatifs très subjectifs qui trouveront une résonance chez certains et un dédain poli chez d’autres. Ce que je peux comprendre sans mal. Il ne faudrait d’ailleurs pas se focaliser uniquement là-dessus tant Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard dans le fond est fun. Le film retranscrivant à merveille la richesse de l’univers, l’attachement que l’on peut avoir aux personnages et surtout la folie de l’ensemble. L’animation en provenance de France est loin d’être mauvaise, elle est juste ultra-commerciale dans son approche des choses. Ce qui fort heureusement n’est pas le cas de cette adaptation de Mutafukaz. Bien trop souvent adaptation rime avec concessions, ce qui heureusement n’est pas le cas ici. Fidèle à ses origines papiers, Mutafukaz de Shoujirou Nishimi et Guillaume Renard est une œuvre aussi border-line que jouissive. Le genre d’Ovni qui montre que si de temps à autre, l’industrie française accepte de prendre des risques, le résultat peut être là et dans le cas de ce Mutafukaz, cela donne envie de voir la suite malgré quelques petits défauts. Un signe de réussite donc. A voir (si cela sort un jour chez nous…)

 

No Comments

Leave a Reply