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Mr Wolff, le comptable le plus mortel du 7e art…

Petit génie des mathématiques, Christian Wolff est plus à l’aise avec les chiffres qu’avec les gens. Expert-comptable dans le civil, il travaille en réalité pour plusieurs organisations mafieuses parmi les plus dangereuses au monde. Lorsque la brigade anti-criminalité du ministère des Finances s’intéresse d’un peu trop près à ses affaires, Christian cherche à faire diversion : il accepte de vérifier les comptes d’une entreprise de robotique ayant pignon sur rue. Problème : la comptable de la société a décelé un détournement de fonds de plusieurs millions de dollars. Tandis que Christian épluche les comptes et découvre les rouages de l’escroquerie, les cadavres s’accumulent…

Mr Wolff est définitivement dans la catégorie de ces films que l’on pense avoir cernée dès le visionnage de la bande-annonce et qui d’un coup réussissent à vous surprendre en prenant le contre-pied de vos attentes. Je ne vais pas dire que le film est exempt de défauts, loin de là, mais en ne jouant pas forcément le jeu d’une certaine forme de standardisation Hollywoodienne, Gavin O’connor livre un produit atypique et qui dans le fond ne manque pas d’un certain charme. C’est bien le mot qui vient d’ailleurs à l’esprit tant en jouant sur une certaine forme de retenue ou de minimalisme par endroits et de déferlements de violence absolue surtout dans le final, son film à des faux airs de The Killer de John Woo. Deux personnages avançant en marge de la société et qui autour d’une rencontre tente de reprendre le contrôle de leur existence en faisant table rase du passé. Est-ce que cela fonctionne à tous les étages ? Pas forcément. Mr Wolff possède énormément de personnages et tous ne sont pas forcément logés à la même enseigne en termes de développement. Cela se ressent dans la mise en place de beaucoup d’intrigues, mais bizarrement l’ensemble finit par retomber sur ses pattes.

Et c’est d’ailleurs le plus étrange quand tant au final, il faut bien reconnaître que l’histoire part dans tous les sens par endroits, entre la vengeance de Wolff, son passé, sa relation familiale, le contrat et sa connexion avec d’autres personnages. C’est un joyeux fourre-tout où je ne suis pas certain que tout le monde ne décrochera pas en cours de route. Et pourtant quand arrive le final on se laisse avoir par son côté aussi improbable, tendre et ridicule à la fois. En effet, ce final va complètement à l’encontre de ce qui l’a précédé pendant les 15 minutes avant ce fameux twist. Et là où beaucoup hurleront en criant au n’importe quoi, c’est au contraire l’un des moments principaux où l’histoire retombe sur ses pattes en étant cohérentes. Amenant le fameux mister Wolff par le biais d’un hasard un peu tordu vers un sentiment de clôture et lui offrant l’opportunité d’un renouveau. Mr Wolff n’est rien d’autre que l’histoire d’un gamin devenu une brute et un tueur par la volonté ultra-protectrice de son père, un homme certain qu’il ne pourrait se défendre contre la vie autrement. Alors qu’au final tout ce Wolff désirait n’était rien d’autre que de s’ouvrir au monde à son rythme, à sa manière, sans bruits et en respectant l’équilibre protecteur du monde qu’il s’était créer. Si l’on arrive à se placer au centre de ses deux points de vue, à savoir entre le monstre sanguinaire et l’enfant autiste, Mr Wolff apparaît alors comme un film au final moins bancal qu’on a bien voulu vous le dire.

Certes l’histoire aurait gagné à se recentrer plus sur sa famille que sur ses poursuivants dans sa deuxième moitié, mais cela n’empêche pas pour autant le film de Gavin O’connor de trouver une certaine forme d’équilibre improbable en bout de course. Un peu comme si l’on assistait a une version alternative et minimaliste dans l’étalage des sentiments d’un film de John Woo avec ces personnages aussi fragiles que profondément dangereux. Les imperfections de ce film finissant presque par en devenir sa force première.

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