Critiques de films Films américains

Le Monde de Dory, retour Gagnant pour pixar?

le-monde-de-dory-pixar01

Dory, le poisson chirurgien bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?

Quand on va voir un Pixar, ce que l’on cherche, c’est du mignon, une histoire solide et une réalisation à couper le souffle. Parfois, l’ensemble de ces demandes s’accomplit devant nos yeux. Puis vient aussi le moment, où ce n’est pas le cas. Le monde de Dory est en passe de devenir le film d’animation rapportant le plus d’argent aux états unis pour son exploitation sur le territoire national. Est-ce que cela fait pour autant de lui un grand film ou juste le meilleur Pixar ? J’ai malheureusement envie de dire non. Pas que le film soit mauvais, car ce n’est pas le cas une seule seconde. Non, en fait, il manque juste de magie ou de folie. Il ne fonctionne vraiment que par intermittence. Pire encore, il semble à plus d’une reprise terriblement mécanique. Un peu comme si victime d’une date de sortie à tenir, le film avait laissé sur le bord de la route certains morceaux de son ambition. Et c’est bien là que se pose le problème du film, il ne surprend pas vraiment. Un peu comme si près de 13 ans plus tard, on décidait de reprendre la grande trame du monde de Nemo et d’en faire une simili copie avec Le monde de Dory. Du coup, le film joue la carte du fan service, les clins d’oeils sont là, l’esprit du premier film aussi et par rares intermittences l’humour fonctionne. Mais, entre ces différents laps de temps, ce film perd en grande partie ce qui faisait la force des Pixar, ce talent de parler aussi bien aux grands qu’aux petits. Le monde de Dory est avant tout ciblé enfant. Les adultes arrivant quelque peu dans le décor comme un cheveu sur la soupe.

le-monde-dory-pixar02

Tout n’est pas à jeter dans le film, loin de là, le personnage du poulpe par exemple est une très bonne trouvaille s’offrant quelques très bonnes séquences, mais au-delà de ce nouveau personnage à part entière et de quelques seconds rôles, le film manque de véritables surprises. On s’amuse des petites miettes d’éclairs de génie qui passent, mais en bout de route, il n’y a pas forcément de quoi s’étouffer. Puis vient le problème du doublage. J’ai vu le film en français. Un piège parfait, j’aurai pu partir, mais je suis resté et j’ai dû subir. Le mot est fort j’admets, mais synthétise bien le problème majeur des doublages de nos jours. Dory est doublé par la voix officielle frenchy de Julia Roberts (Céline Monsarrat). Quand on l’entend parler, on oublie tout, la chose est fluide, elle se fond dans le personnage et l’on déguste. Et ensuite arrivent les apotres de la nouvelle tendance, les acteurs faisant le doublage… on ne les prend pas pour leurs talents, mais plus pour l’apport commercial qu’ils représentent. Et c’est assez injuste par rapport aux vrais doubleurs de talents. La différence est d’autant plus notable quand Dory (Céline Monsarrat) et Marin sont dans la même séquence. Dubosc fait du Dubosc, transformant ainsi Le monde de Dory et ses interventions en une sorte de one man show mal foutu et pénible. Il ne se sépare jamais de son ombre et reste lui-même. Mathilde Seignier est-elle aussi terriblement mauvaise, plate et sans reliefs, elle débite son texte en attendant la fin. Les deux seuls à s’en tirer son Kev Adams (vaguement) et Philippe Lelouche (haut la main) qui est dans son rôle le plus drôle du quatuor et sans nul doute le plus talentueux dans le jeu du doublage. Il incarne à merveille son personnage et joue de sa voix avec talent jusqu’à même finir par laisser penser qu’à certains moments, c’est son frère Gilles. La seule véritable bonne surprise du côté des doubleurs « stars ».

Au final, le monde de Dory est tout sauf une catastrophe. Mais l’on ne peut s’empêcher de regretter le côté très mécanique de l’ensemble. Les enfants regarderont la chose avec des yeux ronds et en souriant, les adultes trouveront les ficelles vraiment parfois énormes. Chose qui très vite les laissera sur le bord de la route. C’est moche de grandir parfois, on perd son regard d’enfants sur les choses. Ou alors c’est juste que ces dernières avec le temps finissent par nous apparaître pour ce qu’elles sont et dans le cas de ce film, ce n’est pas forcément joyeux.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply