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Men and Chicken – Anders Thomas Jensen- Critique du film

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Après le décès de leur père, Gabriel et Elias découvrent qu’ils ont en réalité été adoptés. Ils décident de repartir retrouver leurs vraies racines qui les mèneront sur une île bien étrange. Voilà dix ans que Anders Thomas Jensen (Les Bouchers verts, Lumières dansantes) avait quitté la mise en scène après le succès de Adam’s Apples pour épouser une carrière de scénariste avec une réussite indéniable : Antichrist, Revenge, The Salvation… Il est de retour avec une nouvelle comédie noire dans laquelle il retrouve ses acteurs fétiches : Nikolaj Lie Kaas, Nicolas Bro, ainsi qu’un Mads Mikkelsen plus loufoque que jamais.

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Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen est un immense ovni. Le genre de ceux qui sautent d’un genre à l’autre avec tant d’aisance que le spectateur fini par être pris d’un sentiment de flottements assez étrange. Le rire intense et grinçant de la première partie laissant assez vite la place a autre chose un malaise pour la moins inhabituel. Il est difficile de définir Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen. À la croisée de tant de chemins, le film donne surtout l’impression d’une oeuvre hybride où les Farrelly décident de transposer l’île du docteur Moreau avec les Stooges en version psychopathe sexuelle. Oui, cela laisse encore plus perplexe quand a la définition probable de la chose, je vous l’accorde. Mais la chose qui est pourtant la plus drôle dans l’ensemble reste que la magie prend en grande partie. Ne serait-ce que pour la performance assez malsaine et pourtant bizarrement drôle de Mads Mikkelsen. Oui, le Hannibal que l’on avait jusque-là eu l’habitude de voir dans des rôles raffinés et classe… celui-là même qui ici est un personnage psychologiquement fragile, instable, terriblement malsain et développant une relation toxique avec son propre frère.

Alors que le film débute dans un second degré certes dérangeant, mais efficace, Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen a vite fait de changer la donne sans que l’on comprenne vraiment où s’opère la balance. C’est la force du film, perdre le spectateur dans un univers qui n’est pas le sien et où dans la vraie vie, il n’aimerait guère se retrouver. A mi chemin entre le drame très particulier et le film vaguement fantastique de par les thématiques qu’il brasse, ce Men and Chicken reste quand même avant tout un drame humain… et malsain sur les liens unissant cette famille recomposée qui apprend à se connaître et voir l’intégralité des petits détails qui les unissent malgré les efforts que certains font pour s’éloigner de la meute. D’un style très proche des Farelly en mode glauque et absurde, Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen sous la houlette des acteurs, Mads Mikkelsen en particulier s’apparente à une sorte de descente en enfer dans les tréfonds de ce que l’âme humaine a de plus bizarres. Ces hommes qui ont l’apparence d’hommes et qui n’en possèdent que peu d’attributs sociaux sont aussi dégoutants de par leurs vices qu’attachants en bout de course par leurs défauts. La zone d’appréciation que le public a normalement face à ce genre de personnages ou situations vole en éclats en nous plaçant face à des personnages dignes de Délivrance (en presque présentable) et en mixant le tout avec l’île du docteur Moreau. Dit comme cela a l’écrit, la chose paraît improbable et force est de constater que cela ne fonctionne pas toujours. La transition d’un genre à l’autre en milieu de film n’est pas forcément aussi fluide qu’elle aurait dû. Entrainant une baisse de régime nous laissant mariner un peu plus dans un grand bain de malaise.

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Le mot est bien choisi pour définir la dernière partie de Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen. Les révélations que nous amène sur un plateau le réalisateur amène alors a revoir le film et les agissements des personnages sous un autre angle. On navigue alors entre dégoût et pitié pour eux, le final ne faisant que renforcer ce sentiment. Chose étrange d’ailleurs vu que dans la clôture de cette histoire Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen affiche une certaine forme de poésie. Poésie du désespoir diront certains renforçant le côté fataliste du destin de ces personnages. Si vous avez l’intention de voir Men and Chicken uniquement pour Mads Mikkelsen en ayant Hannibal en tête, fuyez, cela n’a rien à voir. Nous sommes dans la vraie filmo du monsieur, celle d’avant Hollywood faite de rôles improbables et déstabilisants. À l’image d’u film, il se met en danger et amène le spectateur à découvrir une autre facette de sa persnalité. Drôle, malsain et presque touchant par instants, Men and Chicken d’ Anders Thomas Jensen est un Ovni. Le genre de ceux que l’on ne met pas entre toutes les mains, mais qui pour autant n’est pas dénué de certaines qualités. Une expérience a tenté.

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