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Memoirs of a murderer, chasse au serial-Killer au Japon…

Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku)
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Memoirs of a murderer, remake japonais d’un film Coréen montre une fois de plus que le cinéma asiatique est vraiment à la pointe de ce genre. Tant mieux!

Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) est le cas typique du film japonais qui va diviser une partie du public. Ce que j’aime quand on s’aventure dans le domaine du film de serial-killer est de voir comment d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, le mythe est abordé. Et dans le cas de ce film, cela se fait en adoptant un rythme et quelques séries de twists pour le moins surprenant. Jeu d’échec dans une course à l’aveugle contre un meurtrier que la justice pensait perdue à jamais Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) ne va jamais là où on l’attend. Et c’est d’ailleurs ce qui fait aussi bien sa force qu’une certaine faiblesse pour un regard trop formaté aux codes Hollywoodiens. Lent, et cynique dans sa manière de traiter ses héros, le film se joue des attentes du public. Comment attraper un tueur en l’obligeant à commettre une erreur. Erreur qu’il n’a pas commise depuis plus de 20 ans ? Remake Japonais d’un grand succès coréen, le film n’en ai pourtant pas vraiment un simple copier-coller. L’atmosphère qui se dégage de cette nouvelle version offre aux spectateurs découvrant pour la première fois le récit (comme moi) l’accès à une partie d’échec aussi sadique que possible entre 3 personnages aussi différents que complémentaires…

Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku)

Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) développe son histoire avec une lenteur assez déroutante dès les premiers instants. Oui, le film n’hésite jamais à aller jouer dans les contrées du polar à l’américaine avec quelques séquences d’actions. Mais la première chose qui frappe est la rigueur que prend le récit pour s’attacher aux 3 personnages construisant le moteur du récit. Jonglant d’un axe à l’autre, le film développe sa toile avec précision balançant d’un point à l’autre de l’échiquier les certitudes du spectateur. Pas d’effets de mise en scène flirtant avec le too much, mais juste une précision de tous les instants pour créer des personnages aussi complexes qu’attachant. Et le twist de Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) tient dans le fait que même quand le tueur révèle son passé, ses motivations, on découvre qu’il est bien plus humain que ce que l’on pensait. Une révélation qui tire sa force de tout le travail d’écriture fait en amont pour différencier ce film de la masse. Les films coréens ou japonais ces dernières années ont réussi à démontrer un véritable talent pour s’éloigner du formatage qu’Hollywood opère sur nos esprits. Plus pervers, plus désabusé et montrant des héros comme des bad guys beaucoup moins prévisibles que prévu ces récits offrent le changement que l’on attendait. Porté par un casting impeccable, Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) possède pour être honnête assez peu de fausses notes.

Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku)

Le duo majeur de Memoirs of a murderer repose sur Tatsuya Fujiwara (Death Note) et Hideaki Ito (The Princess Blade, Sukiyaki Western Django). Après être apparu dans la version japonaise de Death Note se renfile sans le moindre mal dans la peau de ce personnage pour le moins inattendu. C’est d’ailleurs le maître mot pour définir chacun des personnages de ce récit. Le vrai point fort du film tenant dans son dernier acte où tout ce que l’on pensait acquis est remis en cause, montrant le portrait d’un tueur en série aussi humain que profondément répugnant dans sa façon d’agir. Et c’est principalement sur ce petit retournement de situation que Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) se rapproche de Seven de David Fincher et du monstre qu’incarnait Kevin Spacey. Oui la comparaison risque d’en faire bondir plus d’un, mais dans sa construction, le film n’en est pas si éloigné. Les dégâts que cause le récit sur les personnages que l’on pense irréprochable sont similaire. Tout tient dans la pression qui brise de plus en plus les personnages principaux, les poussant à plonger encore plus loin dans les profondeurs d’un mal de plus en plus toxique. Ce jusqu’à la sortie de route les faisant se rapprocher dangereusement de celui qu’il chasse. La frontière du coup se brouille laissant planer un énorme voile de doutes en bout de course. Qui est la victime, qui est le monstre ? Il n’y a pas de vrais vainqueurs dans cette histoire et c’est définitivement cette vision désabusée du thriller ainsi que son rythme pour le moins particulier qui donne à Memoirs of a murderer (Nijuninenme no Kokuhaku) ce petit plus. Une œuvre singulière qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui à le mérite de tenter des choses. À voir.

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