Critiques de films Films américains

Meet the Blacks où les limites de la Blaxploitation

meetblacks

Il est rare que je sois consterné profondément par un film. Même très rare, mais parfois cela arrive et c’est le cas ici avec Meet the Blacks. Ce film rentre dans la catégorie du revival de la blaxploitation light. Chez l’oncle Sam, cela prend souvent la forme de comédie classique ou rom com dirigé et faite uniquement pour le public black. Casting quasi 100 % black et ambiance musicale qui va avec. J’ai toujours eu un peu de mal avec cette réponse engendré par un racisme en sourdine à Hollywood. Je me suis toujours dit que cela ne faisait pas avancer les choses et continuait d’enfermer gentiment chacun dans sa case. Mais jusque-là ces films étaient inodores et pas assez corrosif pour provoquer un souvenir sur le long terme. Meet the Blacks d’une certaine manière rentre dans la même case, mais en poussant le bouchon encore plus loin. Mike Epps n’est pas connu chez nous et tant mieux, le film est un véhicule tout à sa gloire et rien d’autre d’ailleurs. Avec des caméos de Charlie Murphy (le frère d’Eddie… de myke tyson et snoop dogg aussi). La clique est au rendez-vous, malheureusement le scénario est aux abonnés absents.

Meet the Blacks est une parodie de The Purge ou plus précisement une tentative se perdant dans un torrent de vulgarités et de volontés d’avoir un fond social sur l’opposition entre les noirs et les blancs. Vu la période actuelle, autant le dire la chose tombe à l’eau, voire même s’écrase contre le mur de notre bon sens et éclabousse salement tout ce qui passe aux alentours. Mal réalisé, mal joué, doté d’un scénario minable et d’une bétise confondante, il n’y a rien à sauver dans Meet the Blacks. Un film dont l’ADN même finit par agir comme un répulsif a l’intelligence. En fait, en à peine 90 minutes, le film offre sur un plateau une sorte de condensé de racisme et de stéréotypes affreusement con qui ne font rien avancer dans la balance. Oui, ce n’était pas le propos du film, mais quand on essaye de parler vaguement de la vision des blancs sur les noirs, à quoi bon faire un film de 90 minutes, où les noirs finissent par être plus profondément caricaturaux à l’égard de leur communauté que le pire des scénaristes d’un discours de Trump. Je caricature, mais Meet the Blacks montre bien les limites de la blaxploitation et du revival qui l’entoure. La chose est devenue une caricature assez effrayante dévorée de l’intérieur par le système. Le but est de faire de l’argent et le propos importe peu. La caricature emporte le tout et fait s’effondrer les murs d’une quelconque logique.

Je suis rarement militant et parfois beaucoup trop sadomasochiste dans ma façon de m’enfoncer dans les méandres du cinéma classe ou non, mais ce Meet the Blacks représente à mes yeux le degré zéro de ce que l’on fait ces derniers temps. Une sorte d’aveu de défaite d’une partie de la communauté black se laissant bouffer par un système et s’avérant prête à tout pour faire de l’argent. Tyler Perry ne fait pas forcément de la qualité non plus, mais il a réussi à créer un empire rentable en développant une toile « artistique » cohérente et au final inoffensive. Même un Barbershop se respecte plus lui et son public cible que Meet the Blacks. En bout de course, il est amusant de voir un film par une communauté sous les feux des médias pour des polémiques comme « oscar so white » véhiculant au final encore plus de clichés sans la moindre once d’intelligence qu’Hollywood n’a pu en faire pendant des années de racisme en sourdine dans sa façon de faire générale. En gros la seule chose positive de Meet the Blacks est qu’il montre les limites complètes d’un système « la blaxploitation » et le fait qu’il ne fait qu’enfermer encore un peu plus chaque jour une communauté dans un faux espace de pseudo-liberté artistique. Le piège est sournois depuis le début et beaucoup ne font pas grand-chose pour en sortir. Triste…

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply