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Mazinger Z, la réponse japonaise au virus Transformers…

Mazinger Z est un Ovni, le genre de produit fait quasi uniquement pour les fans hardcore japonais de l’univers Goldorak. Les autres risquent d’avoir un peu de mal.

Mazinger Z n’est pas forcément un film facile à vendre. Surtout si l’on n’est pas un fan hardcore de Goldorak. En ce qui me concerne, je plaide coupable, j’aimais beaucoup cela étant ado, mais avec le temps ma connaissance de la mythologie à fondu plus ou moins comme neige au soleil et du coup, il est quelque peu difficile d’aborder Mazinger Z en pleine possession de ses moyens. Le pitch français survole de façon très rapide ce qui vous attend avec le film : Kōji Kabuto, un lycéen et son robot Mazinger Z, livrent bataille au Dr. Hell, un savant fou qui veut dominer le monde. C’est à la fois succinct et pourtant réaliste. Mazinger Z perpétue la création de Go Nagai dans une espèce d’orgie visuelle et humoristique pour le moins déstabilisante si l’on entre dans ce milieu sans vraiment en connaître pleinement les codes. Et c’est ici la force et la faiblesse de ce film. Force, vu qu’il est pour le moins fidèle à ses origines et aux attentes du public japonais qui est sa 1ere cible. Faiblesse dans le sens que le film est tellement référencé et particulier aussi bien dans son rythme que son humour, qu’il pourra en laisser certains sur le bord de la route. Oui, Mazinger Z est définitivement et je pèse mes mots en disant cela un des plus gros pétage de plomb de cette fin d’année. On aimera ou l’on détestera, il n’y a pas de juste milieu avec ce film et sincèrement on ne peut pas vraiment lui jeter la pierre. À tort ou a raisons, c’est de plus en plus rare de voir des films pleinement assumer du début à la fin ce qu’ils sont. Mazinger Z rentre dans cette catégorie.

mazinger z goldorak

Et justement, si l’on veut définir correctement cette catégorie, il faut bien être honnête et annoncer qu’elle est très proche du Yolo le plus complet. L’humour du film est pour le moins très japonais et ne s’embarasse pas le moins du monde de nos codes pour le moins occidentaux. L’action quant à elle plonge les mains dans le cambouis et s’essuie le visage avec des résidus d’hystérie. Combiné les deux et vous aurez une idée à peu près cohérente de l’aventure filmique dans laquelle vous allez vous engager. À plus d’une reprise, Mazinger Z pourra apparaître comme étant un film totalement épuisant. Que ce soit de par son rythme ou son hystérie pour le moins surprenante. Ou bien encore tout simplement de par la somme de connaissance de la mythologie générale qu’il demande. La logique voudrait qu’un film arrivant si longtemps après l’œuvre d’origine pense à élargir son public cible. Le tout en offrant un récit plus facilement abordable pour le commun des mortels. Mazinger Z fait un gigantesque doigt d’honneur au mortel que nous sommes. Si vous n’êtes pas un fan de la 1ere heure, il faudra s’asseoir au fond de la salle et tenter de courir après le train en marche pour rattraper les wagons. Comme je le disais plus haut, il n’y a pas de juste milieu avec ce film. À prendre ou à laisser. Mais même si d’un point de vue scénario, Mazinger Z est pour le moins aride, il faut bien reconnaître que le film de Junji Shimizu possède un véritable style.

mazinger z goldorak

Jouant comme beaucoup de films japonais désormais en anime sur tous les fronts techniques, Mazinger Z tout en gardant des codes assez old school revitalise l’imagerie propre à cette saga. Et le résultat permet aux spectateurs de retrouver d’une certaine manière à la puissance 10 les sensations que l’on avait en voyant Goldorak à l’époque. Et c’est tout le paradoxe de ce Mazinger Z au final sur un public agé, on se rend compte qu’en termes d’histoire on est à la rue, mais dans le fond le fun reste là. Ce petit truc inexplicable qui nous donne envie de passer l’éponge sur le reste. Et quand je dis cela, j’entends une grande partie du scénario qui pendant toute la durée du film m’a définitivement perdu. Peut-être que je ne suis plus dans la cible au fond. Triste aveu de vieillesse ou réalisation que je suis bien vieux. Mazinger Z joue la carte de nostalgie sous les habits d’un relooking moderne. La seule différence avec cette nouvelle manie qui sévit aussi à Hollywood est que ce film ne le fait que pour sa fanbase quand Hollywood le structure toujours de manière universelle pour ramasser le plus d’audience. Mazinger Z s’en fout et c’est à prendre ou à laisser. À vous de voir.

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