Critiques de films Films américains

Mayhem, Steven Yeun monte l’échelle sociale des tueurs…

Mayhem avec Steven Yeun et sous la caméra de Joe Lynch, c’est un peu comme si The Office devenait un film d’horreur et le résultat s’avère pour le moins agréablement déviant.

Mayhem de Joe Lynch est l’un de ces petits films qui risquent de passer entre les gouttes et finir à juste titre ou non en VOD. Je ne dis pas que le film est justement un chef-d’œuvre loin de là, mais bizarrement, il est loin de mériter la pluie de critiques que j’avais pu lire à son égard. De quoi parle Mayhem ? Vous allez voir le pitch est assez basique à vrai dire : Un virus se propage dans un cabinet d’avocat le jour où le jeune Derek est piégé par un collègue et injustement licencié, transformant les collaborateurs en zombies. Et à partir de ce point de départ, Joe Lynch se fait plaisir et décide tout simplement de partir complètement en sucettes. Le pire dans l’histoire est qu’il y réussit assez bien. La faute en grande partie à son duo d’acteurs principal : Steven Yeun (The Walking Dead) et Samara Weaving (The Babysitter) qui s’en donnent littéralement à cœur joie.

Mayhem samara weaving

Samara Weaving et son regard qui tue

 

Les deux amènent dans la balance une espèce de folie contagieuse totalement raccord avec le propos du film qui tout comme Bruce Campbell à l’époque des Evil Dead fait passer sans mal le gore de l’ensemble. Oui, Mayhem de Joe Lynch est ultra-violent c’est un fait. Le virus provoquant des accès de rage, ce qui s’ensuit ne finit jamais vraiment bien. Et c’est via ce plot point classique de film d’horreur que Joe Lynch s’amuse encore une fois à pervertir la trajectoire de Mayhem. Faisant passer de film d’horreur light, le tout vers une comédie sociale. Et c’est justement ici que le duo Steven Yeun et Samara Weaving se révèlent complètement. Il aurait été facile de tomber dans le piège de l’excès vu la nature du récit. Il n’y a rien de pire que des acteurs tentant de rendre crédible des personnes en état de rage ou juste de folie. Natural Born Killers d’Oliver Stone n’échappait pas au fait de sombrer dans le grand guignol à plus d’un titre. Mayhem souffre des mêmes problèmes, mais l’aspect gaming de la quête de Steven Yeun aide à atténuer notre jugement critique. On accepte l’écosystème dans lequel il évolue et les règles qui de facto vont avec. Un peu comme dans The Raid. Le huis clos est le socle et l’instinct de survie ce qui pousse à aller de l’avant en faisant fi des règles. Tuer ou être tué. Dans le fond, la vie en entreprise n’est pas si différente d’un FPS par instants…

Mayhem steven yeun

Steven Yeun dans Mayhem de Joe Lynch

Mayhem de Joe Lynch tout comme sur l’aspect gore, n’y va pas avec le dos de la cuillère en ce qui concerne la critique du monde du travail. Que se passerait-il si The Office était un film d’horreur ? Et bien ce serait Mayhem tout simplement. Mélant assez habilement comédie, humain et déferlements de violence sans pitié, il y a un côté jeux vidéo dans la progression du personnage principal. Steven Yeun grimpe l’échelle sociale avec la férocité d’un Patrick Bateman dans American Psycho. Tout comme ce personnage, il utilise le système, en voit les failles et les exploite plus ou moins. Steven Yeun trouve dans Mayhem l’occasion de s’éloigner enfin de l’ombre de The Walking Dead où son personnage avait fini par devenir fadasse au possible. Ici sous la direction de Joe Lynch, il laisse enfin voir un vrai potentiel comique et une certaine présence. Tout comme sa co-star Samara Weaving qui dans The Babysitter avait suivi le même parcours, les deux forment une sorte de version Looney Tunes diabolique de Bony and Clyde. Car juste au-dessus de la comédie sociale et du pseudo-film d’horreur, Mayhem est aussi une « presque » comédie romantique. Le duo Steven Yeun (The Walking Dead) et Samara Weaving (The Babysitter) est la vraie force du film. Que ce soit au travers de l’alchimie palpable entre eux ou le tempo comique parfait qu’ils développent, un vrai truc se passe. Une chose simple qui élève Mayhem au-dessus du néant, on se prend de sympathie pour ces deux personnages. Et l’on à envie soudainement d’y croire au simple fait qu’ils ont peut-être une chance même improbable de s’en tirer et d’être pardonné…

Mayhem steven yeun

Steven Yeun ( The Walking Dead) et Samara Weaving ( The Babysitter)

Chose qui est pour le moins paradoxal vu le degré d’horreur qu’ils commettent du début jusqu’à la fin du récit. Critique féroce de la vie dans les grandes sociétés et de tout ce que l’on doit se montrer prêt à faire pour survivre, Mayhem fera autant rire certains qu’il se montrera insupportable pour d’autres. La vraie faiblesse du film est que sur la forme et surtout aussi grâce au duo on ne s’ennuie jamais. La réalisation est classique, mais efficace, ce qui malheureusement n’empêche pas forcément de se dire que le fond reste un peu simpliste. Parfois un peu trop perdu dans l’envie de se lâcher sur des scènes gores un peu prévisibles, Joe Lynch se pensant prit de l’énergie d’un Tarantino ou Carnahan se perd un peu en route. Rendant les fondations de son récit moins solides qu’elles ne le devraient. Est-ce que cela tue le film en plein vol ? Pas forcément, mais cela finit à la longue par l’empêcher de dépasser pleinement le seul et unique statut de série B, certes jouissive à plus d’un titre, mais fondamentalement classique sur d’autres.Ce qui n’empêche pas forcément pour autant Mayhem de par sa construction très axé sur un délire de gamer de faire le job à plus d’un titre. En condensant son récit dans un espace clos et le saupoudrant de combat de boss que l’on peut ranger côte à côte avec le parcours du combattant de n’importe qui dans une société, Joe Lynch parle au plus grand nombre. Non, tout le monde n’a pas forcément envie d’arriver comme Steven Yeun marteau ou clé à molettes à la main dans le bureau de son boss (enfin cela dépend…) Mais l’aspect combat permanent qui se lit sous l’aspect volontairement abusé de l’ensemble réussit son petit effet. Donc oui, Mayhem est un délire de sale gosse qui aurait pu être meilleur, mais aussi bien pire d’une certaine manière sans son casting. Reste en bout de course la mise sur le devant de la scène d’un duo de nouvelles têtes que l’on a envie de voir encore souvent dans des rôles et si possible ensemble : Steven Yeun (The Walking Dead) et Samara Weaving (The Babysitter). Drôles et féroces, ils portent le film sur leurs épaules du début à la fin sans jamais grogner sous la pression. Le résultat final leur fait honneur et encore une fois sauve Mayhem des abysses de la série B. Une petite victoire, mais une victoire quand même qui est bonne à prendre.

Mayhem steven yeun

Mayhem, bienvenue en enfer!

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