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Mauvaises Herbes, Kheiron confirme son statut de réalisateur.

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Mauvaises herbes, le 2e film de Kheiron comme réalisateur confirme tout le bien que l’on pensait de lui depuis Nous 3 ou Rien. Une belle surprise.

Mauvaises herbes est la 2e réalisation de Kheiron après Nous 3 ou rien et autant dire qu’après la bonne surprise de son 1er film, j’attendais ce dernier avec une certaine curiosité. Le verdict est sans appels, Kheiron ne déçoit pas une seule seconde. Jouant sur un registre identique en partie a son 1er film, il mélange drame et humour dans une danse sans fausses notes. Mais ce qui élève encore plus le film est l’apport de deux comédiens que l’on peut tout simplement qualifier de génial dans ce récit : André Dussolier et Catherine Deneuve. Kheiron s’entoure de ses deux grands acteurs pour fortifier encore plus son film. Pas que celui-ci soit faible, loin de là, mais tout parier sur la jeune garde composant justement les « mauvaises herbes » suffirait-il à convaincre le grand public ? En toute logique non, et pourtant là encore c’est une erreur de se laisser aller ou se perdre en fait dans ce genre de jugement à la va-vite. Car que ce soit du côté de la jeune génération ou des acteurs aguerris, Kheiron réussit à tenir la barre de son film, sans que la moindre vague ne le mette à Terre. Mauvaises herbes, c’est l’histoire de laisser pour compte d’une époque à l’autre, des gens qui se retrouvent et se donnent chacun les ailes qu’ils pensaient ne plus avoir pour aller plus loin. Et la beauté de la chose est que l’on est avec eux à chaque étape vers l’envol. N’attendant que ce moment tant le scénario tient ses promesses. Et de quoi parle ce dernier en fait ? Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui. Sa vie prend un tournant le jour où un ami de cette dernière, Victor, lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire. Waël se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme. De cette rencontre explosive entre « mauvaises herbes » va naître un véritable miracle.

kheiron mauvaises herbes

Nous 3 ou Rien avait l’émotion qui s’accroche aux récits autobiographiques. Kheiron y mettait ses tripes pour parler de lui et rendre hommage aux siens. C’était aussi sincère que drôle et émouvant. Un succès inattendu prenant tout le monde par surprises. La logique aurait voulu qu’après ce genre de coup d’éclat, Kheiron cède à la facilité et s’enfonce dans une comédie bon marché comme on voit tant. Après tout le cinéma est une industrie… il n’aurait pas été le premier ni le dernier. La bonne nouvelle est qu’il ne prend jamais cette voie. Mauvaises herbes sous l’apparence d’une comédie sociale et au travers du personnage de Kheiron trouve un écho avec des préoccupations actuelles. Retraçant par petites touches de Flash-back de plus en plus sombres par endroits l’histoire de son personnage avant son arrivée en France, le scénario pose sur la table la question de la place de ces migrants qui arrive. Ces gens que l’on rejette certains qu’ils ne peuvent apporter que du néfaste, enfin vous connaissez le discours de la peur qui est en vogue de nos jours. Et ici Kheiron prend le contre-pied de cette musique pour développer une autre partition, celle de l’espoir, d’une entraide envers ceux a qui l’on ne veut plus tendre la main. En posant juste sur l’échiquier une pièce maîtresse, celle de la compassion. Quand un jour on vous a tendu la main, il faut prendre le temps (que l’on en soit conscient ou par le jeu du destin…) de rendre aux autres un bout de la chance dont on à été le garant.

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Et c’est ici que les jeux de flash-back servant d’épine dorsale au film prennent leur importance. Amenant le récit vers quelque chose de beaucoup moins décontracté de la vanne que l’on ne pouvait le penser. D’un coup Mauvaises herbes montre son vrai visage et cela surprend. Car là où l’on aurait pensé que le 2e long-métrage allait être fatal à Kheiron comme réalisateur, il confirme au contraire tout le bien que l’on pensait de lui. Que ce soit dans sa direction d’acteur où il ne tire jamais la couverture à lui et magnifie Catherine Deneuve et André Dussolier, ou dans son travail de réalisateur. Tout sent la rose dans son nouveau film et c’est assez bon pour être mise en avant. Que ce soit avec le casting des jeunes acteurs qui affichent un naturel pour la plupart désarmant ou bien un second rôle de salaud flamboyant qu’incarne à merveille Alban Lenoir, Mauvaises herbes est l’une de ses rares productions qui semble tracer sa route loin des us et coutumes des codes en vigueur de chaînes tv. Aussi drôle que social et même parfois sombre, Kheiron démontre une fois de plus qu’il met son âme et son cœur dans ce qu’il réalise. Et c’est ce qui fait la différence. Mieux encore, ce film est la démonstration définitive qu’en tant que réalisateur, il possède un véritable univers. Chose indispensable pour faire voyager le spectateur. Des réalisateurs comme Gondry ont le même ADN, celui de tracer leur route quoi qu’il en soit et libre aux spectateurs ou non de relever le challenge de se laisser emporter. Kheiron dépasse l’étiquette de simple artiste de one man show pour démontrer avec ce film qu’il est avant tout un vrai compteur au sens large. L’un de ceux capable de s’affranchir de la scène et de voyager vers d’autres formats sans pour autant perdre en route de la force de son propos.

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Mauvaises Herbes est à la fois une petite histoire social, un drame humain et un gros message d’espoir. Un coup de pied au cul sous forme de comédie pour pousser les gens à regarder plus loin que les apparences. Pour permettre aux palpitants du plus grand nombre de battre en synchro avec la salsa de vos neurones. Le tout menant vers une impulsion de bon sens menant à réaliser qu’il y a parfois du bon même dans ce que l’on considère comme pourri et irrécupérable. Une chose qui malheureusement est bien trop souvent l’habit premier de tout ce qui vient de banlieue pour le plus grand nombre. D’un champ en friches, Kheiron transforme la chose en vrai sujet de cinéma. A sa manière et avec talent et décalage, il continue de surprendre. Cela fait un bien fou et vivement la suite. Validé !

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