Les news TV

Marseille sur Netflix, chronique d’un naufrage…

marseille-netflix-casting01

Marseille aurait du être la première série française de Netflix portant fièrement l’étendard d’une qualité la mettant au firmament des attentes du public. Cela aurait dû. On y croyait, on espérait… et la vérité est que malheureusement Marseille n’est rien de tout cela. Le bruit courait déjà depuis quelques semaines et n’avait fait que grandir au fur et à mesure que les reviews débutaient. Marseille sentait mauvais, fondamentalement du sol au plafond. Mais la vérité est encore plus impressionnante d’une certaine manière… pour la simple raison que même si la violence des critiques est assez incroyable, elles sont presque encore en dessous de ce que l’on ressent en se lançant dans l’aventure. L’erreur numéro 1 de Marseille vient en premier lieu de sa campagne marketing des premiers jours tentant de vendre la chose comme un House of Cards, ce n’est pas le cas et d’emblée cela a tirer une balle dans le pied de la série. Marseille est au mieux un vulgaire polar politique au pire une sorte de fascinante descente dans les coulisses de la roue libre et de l’incident industriel. Le mot est violent mais plus on s’enfonce dans les épisodes, plus on se rend compte qu’il devient malheureusement adéquat.

marseille-netflix-casting

Le gros problème de Marseille (le premier en fait) est sa réalisation. Là où par exemple un The Five d’Harlan Coben souffrait d’une réalisation ultra clipé, léché et singeant un aspect cinéma, Marseille embrasse à pleine bouche son manque d’ambition et se cantonne au cadre visuel d’une série TV des années 90. C’est plat, cela manque d’ambition, de style et surtout d’humilité. Quand une série prend un malin plaisir à souligner jusqu’à plus soif le moindre effet dramatique par une musique lourde de sens, il y a un souci. Celui mettant en avant que le réalisateur/producteur craint que son histoire ne soit pas assez crédible et prend le risque de renfoncer à la chaîne des portes ouvertes. Car inutile de craindre de se froisser un neurone avec le scénario de Marseille, cela n’arrivera pas. Là où la série aurait pu prendre le parti de s’éloigner d’une certaine forme de clichés attendus, elle fait le contraire, drogue, mafia, règlements de compte sur fond de vengeance entre deux figures dignes d’un père et son fils s’affrontant pour le trône. C’est prévisible et c’est ce qui d’emblée entâche l’empathie générale que l’on peut avoir pour l’histoire. Et ce n’est pas la vulgarité ambiante qui aidera à sortir la tête de l’eau. Cela se drogue, cela baise à tout va et cela joue en roue libre pour masquer la finesse inquiétante de l’écriture des personnages. Depardieu ou Magimel apparaissent comme des caricatures dont très vite, on n’a malheureusement que faire. Magimel jonglant d’une scène à l’autre avec son accent (et même si la série tente de l’expliquer…) donne à l’ensemble une drôlerie pathétique contre productive qui finit d’achever son personnage. Depardieu traverse le show de sa présence sans vraiment donner l’impression d’y croire. Il connaît sur le bout des doigts son art et sait donner le minimum sans efforts. Cela se voit et se sent.

marseille-netflix-casting02

Je passe sur les personnages féminins souvent réduits à des stéréotypes caricaturaux tournant autour du sexe ou des problèmes père fille standard. La vérité au final et c’est là que la série en elle-même mérite tout à fait son titre d’accident industriel, d’un scénario creux en passant par une réalisation complètement à l’abandon, raccord avec le jeu des acteurs qui surnagent dans ce désastre, Marseille est fascinante. Mais surtout pour des mauvaises raisons, on reste accroché à l’ensemble pour voir jusqu’où la série continuera de descendre et le miracle est que de ce point de vue, elle ne déçoit pas une seule seconde en ayant une trajectoire de chute continue du début à la fin. Le premier vrai ratage de production Netflix sous l’étendard français.

 

You Might Also Like

1 Comment

  • Reply
    FredMJG
    mai 5, 2016 at 10:30

    Sacré Gégé ! On en fait plus des comme lui quand on y songe 😀

  • Leave a Reply