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Lukas, Julien Leclercq donne une 2e chance à JCVD

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Lukas c’est un peu le rayon de lumière dans le tunnel de la carrière de Jean Claude Van Damme. Le tout via l’implication sans failles de Julien Leclercq.

Lukas de Julien Leclercq, c’est l’histoire d’un plutôt bon film qui se retrouve pris au piège des déclarations problématiques de son acteur principal en promo. Plaçant un peu ceux écrivant un papier sur le sujet dans une position d’équilibriste. Choix insoluble ? Non pas vraiment, car au-delà de la performance de Jean Claude Van-Damme qui est ici beaucoup plus sobre que d’habitude, chose qui lui va mieux, c’est surtout la réalisation et les intentions de Julien Leclercq via ce film qui sont intéressantes. Véritable exercice de style, son Lukas doit autant au John Woo du syndicat du crime pour sa description du milieu ou les accès de violence qu’a Melville et son Samourai pour la manière dont il transforme Jean Claude Van Damme en un héros silencieux tentant de survivre quand tout se retourne contre lui. Quel est le pitch officiel du film ? Un ancien garde du corps qui enchaîne les petits boulots de sécurité dans des boîtes de nuit pour élever sa fille de 8 ans se retrouve contraint de collaborer avec la police. Sa mission : infiltrer l’organisation d’un dangereux chef de gang flamand.

Lukas de Julien Leclercq possède un certain charme poisseux, celui de l’amour du film de genre à l’ancienne. Moins violent que Le Serpent aux mille coupures d’Eric Vallette, le film de Julien Leclercq navigue pourtant dans les mêmes eaux. Celle d’une époque où l’on prenait le temps de faire les choses, aujourd’hui, il faut que cela aille vite. Tout le temps, quoi qu’il arrive et souvent en dépit du bon sens. Parfois certains réalisateurs arrivent comme Fred Cavayé à tirer parti de ce cahier des charges pour créer quelque chose d’intéressant, mais souvent cela se limite à l’utilisation de clichés éculés. Lukas de Julien Leclercq sent le vieux, mais dans le bon sens du terme. À mi-chemin entre du Delon ou du Clint Eastwood, le réalisateur transforme Jean Claude Van Damme en un bloc de violence brute… qui reste plus ou moins contenu. Désireux de se fondre dans la foule de cette nouvelle ville et de permettre a sa fille de vivre tant bien que mal, il incarne un antihéros ni effrayant ou attachant. On ne sait rien de lui, on suppose les choses, les événements entourant son passé nous sont offerts au compte-gouttes et Julien Leclercq prend la décision pour le moins radical de ne pas plus approfondir que de raison. Dans une époque où le spectateur se voit offrir tous les détails sans travail d’imagination ou de réflexions, son approche se montre abrupte, mais intéressante. Cela surprend un peu. Et cela donne en partie l’occasion à Jean Claude Van Damme de jouer. Une chose au final qu’il ne fait malheureusement pas vraiment ces derniers temps se contentant de passer d’un DTV à l’autre en attendant que le chèque tombe. Est-ce que son interprétation est parfaite ? Non pas totalement, mais le fait de le placer dans la peau d’un père prêt à tout pour sa fille, combiné avec l’âge qui burine son visage, balaye un peu nos idées préconçues.

Et plus on s’enfonce dans les entrailles de l’histoire de Lukas et plus on se laisse prendre. Le film est un exercice de style s’affranchissant complètement des codes en vigueur de nos jours. Un parti-pris qui en laissera certains sur le bord de la route, mais offrira à ceux qui acceptent le challenge une satisfaction assez massive en bout de route. Julien Leclercq trace sa route depuis plusieurs années dans le sillon du film de genre, il explore le domaine sous toutes ses formes, que l’on aime ou non l’approche du monsieur au travers de sa filmographie, il est difficile de remettre en cause sa passion pour ce style de film. Lukas est peut-être son œuvre la plus aride et minimaliste. Revenant vers l’humain avant tout. Une plongée dans le quotidien de la misère d’un homme prêt à tout pour traverser le tunnel qui se dresse devant lui. Un rôle offert à Jean Claude Van Damme qui une fois de plus comme à l’époque de JCVD montre le côté pour le moins bizarre du personnage. Tout comme un Nicolas Cage (dans une moindre mesure…) il y a chez lui un potentiel qui ne demande qu’a être utilisé mais dont personne ne fait rien. Et par lassitude ou choix, il se contente désormais de le laisser en veilleuse, le réveillant une fois de temps à autre pour un film indépendant. Lukas de Julien Leclercq est ce petit film. Une rencontre improbable entre un acteur de série B méritant parfois mieux et un réalisateur qui en silence continue de fortifier une filmographie bien plus intéressante qu’elle n’y paraît. Lukas est un bel hommage a une approche du cinéma de genre old-school à la Française. Un voyage dans le temps qui ne manque pas de saveurs et cela mérite d’être mentionné. Validé !

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