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Love Simon, le vrai 1er feel-good movie de l’année.

Love Simon, c’est un film qui marche sur des oeufs, traitant d’un sujet difficile et arrivant au final à rendre la chose lumineuse, drôle, joyeuse et pleine de vie. Une vraie réussite.

Love Simon de Greg Berlanti est un feel-good movie utilisant toutes les armes à sa disposition pour transposer dans le petit monde de la rom-com, l’histoire d’un coming out. Le sujet à Hollywood ou en Europe aboutit toujours à des films courant après les récompenses. Des œuvres dont je ne remets pas les qualités finales en doute, mais qui sont souvent des dramas pour le moins lourd à la longue. C’est un choix de producteur et la plupart du temps, le public répondant présent on ne peut pas les blâmer. Love Simon prend une option totalement différente. Sous la caméra de Greg Berlanti (le boss des shows DC sur la CW…) la chose se transforme en un objet soudainement beaucoup plus lumineux que prévu. Et vous savez quoi ? Cela fait un bien fou et offre au film un atout de taille, celui de complètement faire oublier la romance entre deux ados du même sexe. C’est le cœur du film, la source des doutes des deux héros, des tourments et j’en passe et pourtant ce n’est pas ce qui finit par les définir lourdement. On oublie souvent ce léger détail pour se focaliser sur la seule chose qui compte dans le film, la romance, l’envie de construire quelque chose sans se cacher ou sans que le scénariste enfonce des tonnes de pathos dans la gorge du spectateur. Et c’est une mission totalement réussie pour Greg Berlanti qui fait le saut du petit vers le grand écran sans pour autant y laisser des plumes.

love simon greg berlanti

Adapté d’un roman Young Adult, Love Simon reste fidèle à ses racines et son public. Fort de son passif avec la CW, Greg Berlanti sait comment parler aux ados. Et c’est une des forces du film. Que ce soit dans le groupe d’amis proches du héros ou ceux gravitant autour, la manière dont le scénario les dépeint change un peu de la norme habituelle. Oui, l’impression de clichés sur pattes est présente par instants. Mais c’est pour mieux tromper le spectateur sur la longueur. Le tout en montrant au final des personnages tout autant remplis de doutes et d’incertitudes que le héros. Pas sur les mêmes sujets certes, mais tout finit par tisser une toile d’araignées de sentiments qui en bout de course les rend prisonnier. De quoi ? De cette période pourrie que l’on appelle l’adolescence. Ce moment où l’on se construit, où l’on se rebelle et que l’on essaye de s’affirmer pour devenir quelqu’un d’autre. Une sorte de centre d’essai à ciel ouvert où la bétise la plus crasse se marie à merveille avec la lâcheté. Le tout en essayant de mettre à terre tout ce qui ressemble de près ou de loin à quelqu’un sur le point d’évoluer loin de cette zone. Des personnes capables d’accomplir ce que l’on ne réussit pas à faire. Vivre pleinement. Love Simon développe une galerie de personnages attachants avec en tête le jeune Nick Robinson. Acteur qui dans la peau du héros donne au personnage de Simon une authenticité vraiment rafraîchissante. Comme je le disais plus haut, on aurait pu tomber dans le pathos sous sa pire forme. Le tout jalonnant chacun des pas du héros vers son coming out et son acceptation par les gens qui l’entourent. Ce n’est pas le cas. Le film réussit à aborder des thèmes sensibles sans pour autant jamais se perdre en route. Greg Berlanti enveloppe toujours son récit d’une aura bienveillante.

love simon greg berlanti
Alors oui, certains reprocheront à l’ensemble son côté tout est beau tout est merveilleux. C’est un point que j’entends. Mais qui ne mérite pas forcément que l’on s’y accroche trop longtemps. Des films comme la vie d’Adèle, 120BPM, Call me by your name traitent de l’homosexualité sous des formes souvent plus artistiques et matures. C’est un fait, mais ce trio de films vise surtout un public adulte. Ce qui n’est pas d’emblée le cas de Love Simon. Greg Berlanti ne cherche jamais à mentir sur son public cible. Il adapte son récit sous le prisme de l’époque et des outils qui la compose. Et le succès en bout de course n’en est que plus éclatant. La bienveillance qui entoure cette histoire l’ancre dans une facette plus positive de la nouvelle génération qui se dresse devant nous. Love Simon est un film grand public. Fonctionnant aussi bien pour son cœur de cible que pour les parents pouvant accompagner les enfants. De par la finesse de son écriture, le scénario ne néglige personne et donne une importance capitale à chaque pièces de l’échiquier. Et cela aboutit à une expérience aussi bien humaine que simplement cinématique tout à fait lumineuse. La vraie force de ce récit est que Love Simon au-delà de son sujet sur l’homosexualité fait très vite oublier tout cela pour ne plus montrer qu’une romance adolescente. Le fait qu’elle soit entre deux hommes n’a que peu d’importances, le tout est suffisamment fort et habilement écrit pour que le cœur de l’histoire soit plus fort qu’un simple packaging marketing. Tout cela pour dire que des feel-good movie de ce type aussi intelligent sur le fond que la forme, j’en voudrais plus souvent. Gros coup de cœur.

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