Critiques de films Films français

Lolo – Julie Delpy- Critique du film

Lolo-danny-boon-karl-lagerfeld

Que ce soit quand elle réalise ses films où quand elle joue dans les films de Richard Linklater, j’ai toujours eu un crush artistique et crush tout court sur Julie Delpy. J’aime la folie qui se dégage d’elle et jusque-là, elle ne m’a jamais déçu. C’est donc avec une certaine curiosité que j’ai découvert Lolo son prochain film au casting improbable : Danny Boon vs Vincent Lacoste. Le roi de la comédie française et le petit prince des têtes à claque. D’un coup, on se dit que Julie Delpy s’éloigne de son genre de prédilections qu’est la comédie indé. C’est en partie vrai…et quasiment totalement faux. Certes, elle vise large de par le thème du film…mais tout ce qui compose Lolo du sol au plafond porte l’empreinte Julie Delpy. C’est-à-dire une énergie particulière, un sens de l’humour qui ne fait pas quartier et des personnages principaux et secondaires tous plus mémorables les uns que les autres. Lolo est le genre de film que l’on voit en se disant qu’une fois en salle, ce ne sera qu’une question de semaines avant que les Américains officialisent le remake. L’histoire de cette famille recomposée dont le fils ayant une relation malsaine avec sa mère s’évertue a saboter toutes ses relations pour la garder près de lui crie en effet au remake. Pas que le film soit mauvais et nécessite d’être amélioré. Juste qu’il est parfait et s’exportera a la perfection avec un autre casting. Dix contre un que Ben Stiller sera le Danny Boon US. Mais c’est un autre débat.

Lolo-vincent-lacoste-julie-delpy

Lolo comme je le disais rentre dans cette catégorie rare de comédie française ou absolument tout fonctionne du début jusqu’à la fin. La dernière fois que j’avais vu des films du même genre plusieurs mois avant la sortie ces derniers avaient pour nom Intouchables et Guillaume et les garçons à table. L’histoire et le public ont fait le reste. Je mets ma main à couper que Lolo sera un des cartons de fin d’année. Le film de Julie Delpy a trop d’atouts dans sa manche pour que cela ne soit pas le cas. Mélangeant le portrait de femme à la dérive et angoissée par son désert amoureux que l’on aime plaindre sur grand écran avec une galaxie de problèmes tournant autour d’elle et de son fils, Julie Delpy n’épargne rien ni personne dans le film. Elle la première, mère de famille ultra protectrice et absolument incapable de voir le côté néfaste de son fils, elle se dépeint avec autant de pathos que de rire. Car sur la forme on rit énormément, mais le fond par instants assez réaliste dans certains des travers des personnages touche au but. Et Danny Boon dans le rôle du vrai faux brave type qui se révèle livre une vraie belle performance comique. Le fait qu’il détienne un potentiel comique inné est une chose, mais si l’écriture le secondant n’est pas là, cela peut donner des fausses notes dans sa filmo. Lolo sous l’égide de Julie Delpy à l’écriture et à la direction ne lui en donne pas l’occasion. Plus sobre et concis que d’habitude, il est à l’image des autres membres de la troupe, il n’y a pas de fioritures, cela va droit au but et l’on rit vraiment pas qu’un peu de l’ensemble de ses malheurs.

Lolo-julie-delpy

Une comédie de ce style, tout comme les comédies romantiques reposent aussi fortement sur les personnages secondaires. Dans une romcom le meilleur ami ou la meilleure amie se doivent d’être aussi fort et solide en terme d’écriture que le personnage principal. C’est le cas ici, Karin Viard trouve en Julie Delpy une camarade de jeux parfaite. Certains des échanges entre les deux amies ont des faux airs de Sex and the City. C’est cru, incroyablement vachard, mais les deux s’en donnent à cœur joie et cela se voit à chaque instant. D’où le vrai plaisir du spectateur. Mais le vrai héros du film c’est Lolo aka Vincent Lacoste. Délicieusement drôle et antipathique dans son rôle de Tanguy psychotique, il inspire autant le rire que la pitié en bout de course. La force de Julie Delpy est que loin des bons sentiments, elle ne cherche jamais à rendre Lolo sympathique. Elle le montre via l’humour pour ce qu’il est en vrai, un jeune homme paumé et dérangé. Naviguant sans cesse d’une extrême à l’autre, Lolo s’amuse a brouiller les pistes et rayer le parquet en faisant des dérapages dans les angles. Cela change d’une certaine forme de bienséance trop classique dans les comédies françaises. Il y a une certaine classe à réussir à être un peu trash et définitivement drôle tout en l’étant. Beaucoup de comédies françaises se plantent en essayant et ne sont au final que vulgaires. Lolo de Julie Delpy n’en fait pas partie. Au contraire, Lolo est nerveux, drôle, vachard au possible et surtout tout simplement bon du début à la fin. Julie Delpy ne fait pas mentir les espoirs que l’on plaçait en elle depuis ses débuts. La comédie lui va comme un gant et Lolo en est la meilleure preuve qui soit. Une petite réussite dans son genre.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply