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[Livre] Mortal Instruments: retour sur le livre de Cassandra Clare

New York, de nos jours. Alors que sa mère est kidnappée par d’étranges créatures, Clary, 15 ans, est témoin d’un meurtre commis lors d’une soirée. Elle est terrifiée lorsque le corps de la victime disparait mystérieusement devant ses yeux… Elle découvre alors l’existence d’un monde obscur et parallèle et y fait la rencontre de Jace, un chasseur de vampires. Lorsqu’ils se retrouvent au milieu d’une guerre entre des forces démoniaques et la société secrète des chasseurs d’ombres, Jace lui viendra en aide. Elle jouera alors dans cette aventure un rôle qu’elle ne soupçonne pas.

Dans la jungle des adaptations de livre Young Adult à franchir le cap de la page blanche vers le grand écran, Mortal Instruments est la dernière en date. Les premières images de la bande-annonce m’avaient laisser quelque peu froid, mais intrigué un minimum malgré tout. Désireux d’en savoir un peu plus du coup j’ai pris la décision de lire le premier livre de la saga et le résultat bien que nettement moins agressif que ne le fut Twilight ou d’autres en termes d’écritures, souffre malgré tout de défauts assez flagrants. Le plus ennuyeux étant quand même cette horrible sensation de déjà vu qui vous prend à la gorge du début à la fin du livre. Prévisible en diable, Mortal Instruments ne fait rien pour réellement surprendre, c’est là que son plus gros défaut saute aux yeux. Cassandra Clare connaît ses classiques sur le bout des doigts ainsi que la façon de tirer la corde sensible de tel ou tel catégorie de fans. Et dans le domaine sa saga dès le premier épisode apparaîtra pour beaucoup comme un énorme pot pourri de tout ce qui à déjà été fait à droite et à gauche, de Buffy à Angel, en passant par Star Wars et tant d’autres, elle copie avec une application très scolaire les mécanismes narratifs qui ont faits le succès de cette saga. Le résultat est à double tranchant. En soit, l’univers qu’elle crée est agréable à lire et mis en place sans trop de fioritures, le défaut est qu’a aucun moment, l’effet de surprise n’est présent. On comprend et voit venir tout les twists parfois 50 pages à l’avance…ce qui en soit est terriblement agaçant.

Cassandra Clare n’est pas une mauvaise écrivaine, je lui concède que son style est bien plus concis et moins pénible que bon nombre d’auteurs de Young Adult, mais cela ne change en rien le fait que narrativement elle ne peut rivaliser avec les grandes pointures de la fantasy ou autres. L’un des points où par contre, elle réussit à mettre en place quelque chose d’intéressant et c’est peut-être d’ailleurs le plus gros point positif de l’histoire est à la différence d’un Twilight de créer une héroïne qui ne soit pas un pot de fleurs. La tendance est en effet inverse à Twilight, les hommes étant relégués au degré basique du développement, enchainant les clichés les uns après les autres sur les traumas et histoires secrètes. On soupir et l’on continue pourtant de lire en attendant mieux. Ce qui n’arrive malheureusement que par intermittence. La création d’un roman d’ouverture de saga est toujours casse gueule, il faut poser l’univers, les liens et les personnages importants, laisser une porte ouverte pour le futur méchant ou menace à venir de plus grande envergure. Ce n’est pas forcément simple certes, mais plusieurs auteurs ont déjà surmonter le problème parfois avec brio. Cassandra Clare de son côté se prend malheureusement les pieds dans le tapis dans ce qui est le noeud narratif central de l’histoire, le grand méchant et ses liens avec les héros. Un axe narratif qui bien que classiques dans ce genre de saga aurait eu un meilleur destin si Cassandra Clare n’avait pas eu la brillante idée de coller son développement sur celui d’une autre saga mythique.

Il y a pire en effet que d’écrire de façon classique, il y a le moment où l’on copie sans vergogne un axe narratif d’une saga mythique en pensant que cela ne se verra pas. En résulte un énorme moment de WTF de la part du lecteur un peu plus agé ( oui celui qui n’est pas dans la cible…) et qui démontre que Cassandra Clare a penser sa saga en terme marketing habile, plutôt qu’en terme narratif solide. Mortal Instruments et son premier volet démarre de la façon la plus conventionnelle qui soit. Le tout avec un ouvrage qui a défaut d’être solide place un univers correct dans l’imaginaire du lecteur. Il manque juste ce brin de nouveauté et de surprise pour le rendre vraiment mémorable. Du coup on ne peut s’empêcher de se dire que le premier film risque de prendre la direction d’une adaptation digne de I am Number Four, qui a force de vouloir synthéthiser la multitude d’intrigues en un temps très court avait fini par devenir une bouillie illogique. Je sens le même destin arriver pour ce film…Wait and see.

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