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Dans le noir (Lights Out), le brouillon qui tâche…

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Une famille en proie à une mystérieuse créature qui ne vit que dans le noir.Petite, Rebecca a toujours eu peur du noir. Mais quand elle est partie de chez elle, elle pensait avoir surmonté ses terreurs enfantines. Désormais, c’est au tour de son petit frère Martin d’être victime des mêmes phénomènes surnaturels qui ont failli lui faire perdre la raison. Car une créature terrifiante, mystérieusement liée à leur mère Sophie, rôde de nouveau dans la maison familiale. Cherchant à découvrir la vérité, Rebecca comprend que le danger est imminent… Surtout dans le noir.

Dans le noir (Lights Out) est un film étrange. De par sa durée (même pas une heure et demie), il n’a pas le temps de développer l’intégralité de son propos et finit par ne plus être au final qu’une ébauche. Ce qui est dommage pour la simple et bonne raison que malgré la qualité du produit fini tout n’est pas à jeter dans ce film. L’histoire de base avec cette famille dysfonctionnelle et tentant de se soutenir dans l’adversité connaît quelques bons moments. La chose incombant bien souvent à Teresa Palmer qui réussit à être assez crédible dans ce qui sous la forme actuelle un rôle un peu gâché. Le potentiel était là et avec plus de temps et d’espace pour développer son personnage et son histoire, il y avait l’espoir de faire en sorte que Dans le noir (Lights Out) s’élève au-dessus du lot. Malheureusement ce n’est pas le cas pour plusieurs raisons. Pris entre deux chaises et deux intentions distinctes (faire un drame familial et un film d’horreur) cette production ne réussit jamais vraiment à faire en sorte que les deux extrémités se touchent sans heurts. Toute la partie concernant le monstre et ses origines donnent l’envie de ne voir un film axé que sur ce point. Idem pour les histoires de familles qui sont le cœur du film. Certes les deux sont liés dans cette histoire, mais ce que l’on se voit offrir au travers de ces 80 minutes est tellement schématique que l’on reste sur sa faim. Et c’est là que naît la frustration.

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Le mot est adéquat car une fois de plus Dans le noir (Lights Out) avait un vrai potentiel. Celui par exemple d’être un huis clos brillant sur son dernier tiers. Mais là encore ce qui fonctionnait au début explose en vol avec le temps qui passe. Les tics de réalisations se succèdent aux clichés et la danse qu’entament les deux finit de faire chavirer le navire. Réalisé à partir d’un court-métrage, le film Dans le noir (Lights Out) montre assez vite malheureusement que ce qui fonctionnait sur un format court peine à exister sur le long sans un vrai effort de construction et d’enrobage. La meilleure façon de décrire Dans le noir (Lights Out) est de le nommer pour ce qu’il est : une fausse bonne idée de cinéma en sa forme actuelle. Reste à savoir où se situe la main mise du studio et la volonté du réalisateur de sauver les meubles. Quand un film fait à peine plus de 80 minutes, on sait d’emblée qu’à moins d’un miracle en termes de style… Ce n’est pas bon signe. Est-ce que le film a subi des coupes, un remontage sauvage engendrant et expliquant toutes ses zones de flottements ? On serait tenté de dire oui pour expliquer l’ensemble des problèmes qui le parcourent. Et pourtant au milieu de tout cela, Dans le noir (Lights Out) réussi par endroits à surprendre par une envolée, un petit moment de pression ne s’appuyant pas trop sur des clichés déjà vus. C’est rare certes, mais il y a des moments de ce genre dans le film.

En bout de course, faut-il complètement jeter Dans le noir (Lights Out) à la mer ? Difficile de dire, le film avait de l’ambition au départ, cela se sentait et c’est peut-être ce qui à causer sa perte. Le domaine du film d’horreur dans le cadre « grand public » est malgré tout assez délimité et l’on sent bien la volonté de par son format de 80 minutes de ne pas sortir des rails. Quitte à synthétiser et passer sous silence au montage des éléments qui auraient pu rendre le film bien plus profond qu’il ne l’est. Dans le noir (Lights Out) est une magnifique ébauche de film qui avait tout pour ne pas se perdre dans la foule. Malheureusement, histoire de rester raccord avec son titre le film se perd en route et ne marche jamais dans la lumière. Plaisant par instants, cliché le reste du temps, Dans le noir (Lights Out) rentre dans cette catégorie de productions que l’on aura oublier d’ici quelques semaines après la sortie. Dans le cas présent, je dis dommage.

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