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Ce qui nous lie, Klapisch plonge dans l’univers du vin!

Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.

J’adore Cedric Klapisch et son cinéma aussi drôle que touchant, mais si l’on m’avait dit que j’allais aimer un drame familial au milieu du monde des vignerons, j’aurai pu émettre un léger doute. Pas que je sois obtus et peu enclin à l’ouverture. Mais d’une certaine façon, le pitch de départ de Ce qui nous lie, ne correspondait pas vraiment à ce que j’avais envie de voir ces derniers temps. Pourtant la force du film est de savoir faire en sorte de renverser la vapeur. En effet, Ce qui nous lie en grande partie grâce à son trio d’acteurs parfait Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil emporte le morceau quasiment d’emblée et sans le moindre effort. Tout est une question d’alchimie. Et une fois de plus comme avec beaucoup d’autres films de Cedric Klapisch, la mise en place des différents caractères humains se développe avec une aisance pour le moins déconcertante. Et c’est d’une certaine manière aussi bien la force que la faiblesse du film. Le point que l’on risque de lui reprocher, celui de glisser sur une ligne blanche, la ligne conductrice de la facilité diront certains. Le point est ouvert au débat. En ce qui me concerne, je reste partisan de cette forme de simplicité permettant ainsi au trio d’acteurs : Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil de s’approprier l’espace restant du scénario pour tout simplement exister sans être esclave consentant de l’histoire de base.

Et d’un coup, Ce qui nous lie prend une tournure assez particulière. Certains diront que c’est un film mineur dans la filmographie de Cedric Klapisch. Ce n’est pas totalement faux. L’ensemble des sentiments qu’il étale sur le canevas de son récit n’est pas forcément novateur. Il a même réussi à plusieurs reprises à le faire d’une façon plus impactante. Mais est-ce que cela doit pour autant être vu comme une faiblesse ? Non, il y a une sorte de mélancolie assez universelle qui se dégage de ce film. Mêlant avec une lenteur faussement problématique, sentiment et humour, Cedric Klapisch livre ici un regard moins frénétique que d’habitude sur les regards humains. L’âge aidant, son œil change, sa vision du monde ou son état d’esprit personnelle tout simplement. Et dans ces moments-là on aime se reposer sur des fondations simples, que l’on connaît et maîtrise : celle de la famille. Sujet de cinéma en or, il utilise ce thème justement de la famille pour construire un échiquier psychologique et sentimental complètement bordélique et pour autant difficilement rejetable. Fort d’un casting parfait en la personne de Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil, Ce qui nous lie réussit à passer outre les faiblesses ou simplicités du scénario. Le trio d’acteurs et d’actrices (Pio Marmai en tête) s’investit avec vigueur dans cette histoire pour lui donner tout le corps et l’âme nécessaire à sa maturation.

Oui, ce n’est pas le film le plus solide de la filmographie de Cedric Klapisch, mais dans une carrière jalonnée de tellement de bons films, même un film un peu plus faible reste au-dessus du lot. Et c’est le cas ici. Dans une production française reposant sur les formules, les clichés ou les gags faciles, cela fait du bien de voir un réalisateur prendre une autre route, moins avenante et plus bordélique par endroits, mais vu que l’on est en bonne compagnie du début à la fin avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil on se dit que ce qui nous lie est au final assez solide. Et c’est une bonne chose. A voir !

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