Critiques de films Films américains

Les Figures de l’ombre, coup de coeur en Trio majeur!

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Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux Etats-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Les figures de l’ombre rentre dans cette catégorie des feel-good movie qui même s’ils sont classiques sur la forme réussissent à avoir le bon sens de ne pas perdre le fond en route. Et dans le cas précis de cette histoire au-delà du casting absolument parfait du début à la fin, c’est ce qui fait toute la différence. Comment traiter de l’histoire américaine, du racisme latent d’une époque et dresser le portrait de femmes fortes et humaine sans jamais pour autant tomber dans le pathos ? La question est sur la table et quand on connaît la tendance, voir même la passion d’Hollywood pour faire dans la formule autant dire que Les figures de l’ombre ne partait pas forcément du meilleur pied. Mais heureusement, d’emblée cette production sort l’artillerie lourde et solidifie d’emblée l’ensemble du récit. Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monáe sont les piliers de ce film, aider en « supporting cast » par un Kevin Costner impérial, elles donnent au récit l’humanité, l’humour et le fond que l’on attendait sans vraiment y croire. Est-ce que le film évite toutes les imperfections du genre ? Non, certaines situations sont prévisibles dans la narration (clichés diront certains) mais si l’on reprend le film dès le début on ne peut qu’apprécier la justesse de beaucoup de scènes et les thématiques qu’elles abordent sans avoir l’air d’y toucher.

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Et c’est d’ailleurs une des grandes forces du film, celle de réussir sous couvert des habits du spectacle grand public de donner du fond à son propos. Les approches étaient multiples pour traiter du sujet du film (le racisme au sein de la Nasa) et le nombre de possibilités de se prendre les pieds dans le tapis était encore plus nombreuses. Heureusement, les figures de l’ombre les évitent dans la grande majorité. Tout cela grâce à son parti pris de la finesse pour éviter le pathos. Mais encore et surtout grâce à l’impressionnante cohésion de groupe du trio féminin du film : Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monáe, 3 actrices qui chacune à leur manière portent à bout de bras l’ombre des femmes extraordinaire qu’elles incarnent. Et plus le film avance, plus on se demande comment l’immensité des progrès qu’ont apportée ses femmes ainsi que toutes celles rester sans nom ont pu rester aussi mises à l’écart du grand public. Ou juste de l’histoire. Par petites touches, le film aborde cette frustration qui a dû être la leur, un combat de tous les jours pour le simple droit au final d’être reconnu pour ce qu’elles ont dans la tête et non pas comme inférieure par une couleur de peau. L’adjonction dans l’histoire de Kevin Costner apporte un plus non négligeable. Le talent de cet homme n’étant plus à prouver, il faut retenir l’intelligence de jeu qui est aussi la sienne. Un trait de caractère qui se traduit par la non-volonté de la jouer solo. Un mal qui peut habiter facilement beaucoup d’acteurs de son calibre. Pas lui. Dans ce récit, il est un acteur secondaire servant de faire valoir à Taraji P. Henson et par extension Octavia Spencer et Janelle Monáe.

Le respect silencieux et grandissant qui s’installe entre les deux personnages se noue au travers de séquences où Taraji P. Henson monte au filet pour tenir tête à Kevin Costner. Un acteur et une actrice de talents s’affrontant à l’écran, cela peut donner de l’or en salles et de la dynamite en coulisses. Mais l’important est qu’ici le résultat se voit sur la pellicule. Personne ne tire la couverture à soi et chacun joue pour son partenaire. Au final, Les figures de l’ombre sans être parfait fait réfléchir et touche au cœur à plus d’une reprise. La simplicité du message, l’émotion et le bonheur communicatif que dégage Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monáe font le reste. On se laisse faire et l’on prend au final un pied assez fou. S’instruire en se divertissant, cela semble utopique chez certains, mais grâce au trio magique d’actrices de ce film, c’est désormais une réalité. Gros coup de cœur.

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