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Leatherface, retour sur l’origine du mal d’un monstre sacré!

Leatherface rentre dans la catégorie de ces films partant avec un handicap, celui de vouloir expliquer alors qu’il ne devrait pas les origines d’un monstre. Lui enlevant tout mystère et le rendant humain. L’erreur de base en somme… C’est le cas ici.

Leatherface de Julien Maury et Alexandre Bustillo partait avec une problématique insoluble : celle de passer après un classique du genre. Massacre à la tronçonneuse reste malgré les années qui passent toujours aussi apprécier par le public fan du genre. Le film de Marcus Nispel avait bien réussi à titiller l’ambiance glauque et atroce de l’original (en plus gore…) , mais difficile d’oublier les autres mauvais films de la saga. Une malédiction qui se retrouve dans pas mal d’autres franchises d’horreur depuis des années. Ce qui du coup nous amenait à se poser la question de ce que Leatherface de Julien Maury et Alexandre Bustillo allait avoir à offrir de plus. La réponse est un peu triste. Pour être honnête, tout n’est pas à jeter dans ce film. Il y a une volonté d’élargir la mythologie du personnage, mais il y a aussi un mal rongeant le film de l’intérieur… Mal récurrent dans certaines productions dont les dates de sorties n’ont eu de cesse de se voir repousser. De quoi suis-je en passe de parler ? De ce feeling assez tenace que le film a été remonté parfois en dépit des intentions des réalisateurs. Le tout aboutissant à un maelstrom d’intentions qui malheureusement ne colle pas toujours les unes avec les autres. Les premières victimes de ce mal sont les personnages dans l’ensemble. On ne s’attache jamais à personne, le twist autour de Leatherface est compréhensible dès les premières minutes dans l’hôpital psychiatrique et pire encore les deux protagonistes du film : Lilly Taylor et Stephen Dorff écopent de deux personnages totalement caricaturaux.

Leatherface

L’épine dorsale du film aurait du reposer sur eux et l’on suppose que c’était l’intention des réalisateurs, mais très vite, la réalisation alternant le ridicule et l’intense coupe toute envie de s’impliquer dans l’histoire des personnages. La plus grosse victime de charcutage est Stephen Dorff, qui voit son personnage évoluer d’un extrême à l’autre sans grand développement. La finesse est ce qui manque le plus a Leatherface de Julien Maury et Alexandre Bustillo. C’est un choix respectable de vouloir faire une Origin Story (même si dans le cas d’un monstre sacré, c’est une hérésie pour moi…) mais quand dès la séquence d’intro tout vole en éclats sous le coup d’une mise en scène quelque peu « aérienne » pour ne pas dire autre chose, on est en droit de s’inquiéter. Et ce sentiment malheureusement ne finit par jamais vraiment nous quitter du début jusqu’à la fin du film. C’est une chose de noyer le film sous des déluges de gore parfois ultra-facile pour remplir le cahier des charges. Mais c’en est une autre de finir par littéralement donner aux spectateurs le sentiment de tirer à blanc. Je dis cela pour la simple raison qu’en bout de course, une fois que le générique arrive, on se rend compte de la vacuité de la tentative artistique que représente Leatherface de Julien Maury et Alexandre Bustillo. Il faut bien reconnaître que très peu de réalisateurs ayant eu la tâche de faire une origin story sur un monstre du cinéma ont pu en sortir indemne. Ce qui pousse à relativiser le jugement contre les deux réalisateurs. A la base, c’est aussi inutile qu’impossible. L’essence même du charme de ces monstres tient dans le mystère qui les entoure. Le public comblant lui-même les blancs et créant une mythologie qui lui est propre. Une sorte de passage inconscient au stade de la légende urbaine dirons-nous.

leatherface

Leatherface de Julien Maury et Alexandre Bustillo tombe dans le banal dès les premières mesures de la partition et ne s’en relève malheureusement jamais. Film à l’identité trouble, je doute que l’on finisse un jour par en connaître véritablement les coulisses. Il n’en reste en bout de course qu’un produit à cheval entre le standard et autre chose d’indescriptible sous sa forme beaucoup trop anecdotique pour qu’on s’y intéresse vraiment. Et c’est sans doute ce qui est le plus frustrant dans le fond. Je ne doute pas que Julien Maury et Alexandre Bustillo possèdent une envie de créer des histoires solides. Leatherface malheureusement n’est pas l’une d’elle. On se retrouve avec un chapitre de plus dans la longue histoire des réalisateurs français venus travailler chez l’oncle Sam et dont le rêve à vite tourner au cauchemar. Et en ce qui concerne le film pour le spectateur, nous dirons que cela tourne très vite à la gentille petite sieste. Dommage.

 

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