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Le remake de Point Break surfe sur la vague de la médiocrité.

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Une série de braquages spectaculaires aux quatre coins du monde met en péril l’équilibre des marchés financiers. Les criminels opèrent aussi bien en motos dans des gratte-ciel new yorkais qu’en « wingsuits » pour s’échapper d’avions au-dessus de la jungle. Johnny Utah, une ancienne légende du moto-cross devenue agent du FBI, va devoir infiltrer le groupe de sportifs de l’extrême que l’on soupçonne d’être à l’origine de ces sidérants braquages. Pour gagner leur confiance, Utah affronte des défis insensés, du surf au snowboard en passant par la chute libre ou l’escalade à mains nues. Alors qu’il pense avoir identifié le cerveau des braquages, il se retrouve entrainé contre son gré dans les activités criminelles du groupe dopé à l’adrénaline…

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Attention, je vais blasphémer. Oui, je pense que l’original de Point Break est un classique à plus d’un titre… Mais ce n’est pas pour autant qu’au-delà de certaines séquences je m’en souviens aussi bien que d’autres prétendants au même titre. Et d’ailleurs pour la jeune génération ce premier Point Break a des allures d’antiquité bizarre. C’était une autre approche du cinéma qui n’a pas forcément lieu d’être dans les codes hollywoodiens de nos jours malheureusement…. D’où l’envie d’Hollywood justement d’en faire un remake pour que les petits jeunes découvrent la bête… en le remodelant à la sauce Fast and Furious sur fond de scénario en carton. Oui, on peut voir le souvenir du premier Point Break s’estomper avec le temps, mais lui au moins à l’avantage de marquer en partie les esprits suffisamment longtemps pour qu’on ne le range pas dans la catégorie « quelconque ». Ce qui est malheureusement le cas de ce remake version 2015.

Ce que l’on ne pourra jamais enlever a Kathryn Bigelow et ce quel que soit son film est qu’elle a un amour du cinéma, un sens de la narration viscérale et un torrent d’idées à la seconde pour emporter le spectateur dans son univers. Est-ce que l’on peut dire la même chose de Point Break 2015 ? On ne va pas tourner autour du pot… la réponse est tout simplement non. Le plus gros défaut de ce remake de Point Break est qu’il est terriblement générique et quand je dis cela, j’entends par là que la maigreur du scénario est vainement cachée sous un déluge de séquences d’actions certes spectaculaires mais qui malheureusement sonnent creux pour la simple et bonne raison qu’à la différence de l’original, les personnages principaux qui peuplent cette version 2015 sont chiants, fades. Oui, difficile de passer après le duo mythique Keanu Reeves et Patrick Swayze. À plus d’un titre ce reboot donne l’impression d’être un scénario raté d’un Fast and Furious maquillé en remake de Point Break. On ne s’investit jamais véritablement dans l’aventure et aussi spectaculaire qu’il puisse être par instants le film d’Ericson Core ne vole jamais plus loin qu’un produit standard.

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Luke Bracey et Edgard Ramirez (et c’est surtout frustrant pour le second qui lui est un vrai bon acteur…) se retrouvent à évoluer dans un ocean de clichés dont ils ne réussiront jamais à sortir. Et d’une certaine façon, c’est encore plus problématique pour Edgard Ramirez car le personnage de Patrick Swayze dans l’original est devenu tellement mythique, qu’il est quasiment impossible de passer après. Il faut donc prendre son Bodhi pour autre chose… mais même en faisant cela, on n’oublie jamais l’original et l’on passe son temps à comparer ce qui nous arrive dans les mirettes au film de Kathryn Bigelow. Et autant le dire, cela n’est jamais en la faveur de ce remake. Film qui en bout de course ramène sur le tapis l’infatigable question qui taraude le spectateur : quelle est l’utilité de ces remakes. En étant honnête un instant, si ce film n’avait pas eu pour nom Point Break, je pense qu’il serait passé entre les mailles du filet de la critique. Cette dernière le jugeant pour ce qu’il est un film d’action con et bas de plafond comme 1,000 autres avant lui et sûrement après d’ailleurs. Et une semaine plus tard plus personne ne s’en saurait souvenu. Le hic est que se plaçant contre vents et marées dans l’ombre du film d’origine, ce Point break ne survit pas à la première vague venue. C’est un naufrage de plus sur les rivages des studios Hollywoodiens.

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