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Le pont des espions- Steven Spielberg- Critique du film

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Quand Steven Spielberg est en duo pour un film avec Tom Hanks, on se dit clairement que strictement rien ne peut aller de travers. Il faut être honnête, c’est exactement ce qui se passe ici avec le dernier film du Maestro « le pont des espions ». Autant Lincoln que beaucoup adorent ne m’avait pas fait le moindre effet, autant ce dernier morceau de bravoure de Steven Spielberg montre une fois de plus le talent increvable du maître. Le pont des espions est très classique dans sa forme. Une sorte de retour en arrière sur une époque où le fait de faire un film avait une tout autre saveur. Travail de fourmis a tous les étages, ce que nous livre Steven Spielberg a des allures de travail d’artisan littéralement amoureux de son art. Rien n’est laissé au hasard, l’histoire bénéficiant d’une mise en scène brillante et d’un travail de reconstitution nous ancrant à merveille dans l’époque. Thriller politique intense, le pont des espions est une œuvre qui détonne des productions actuelles. Pour la simple et bonne raison qu’au-delà de l’aspect visuel clinquant et impressionnant à cause des effets spéciaux, le film dans le fond donne cette impression étrange d’avoir fait un saut directement d’une époque à une autre pour venir à notre rencontre.

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C’est là que Steven Spielberg montre que son approche de la mise en scène reste à des années-lumière de la concurrence. L’apport de puissance de jeux que la présence de Tom Hanks offre à l’histoire est en quelque sorte le coup de grâce. Fort d’un duo en or, Le pont des espions nous entraîne dans les prémices de l’espionnage. Nous sommes loin de l’époque à la James Bond, pas de super-méchant caressant son chat. Les enjeux sont ici beaucoup plus troubles et d’une certaine façon c’est ce qui est intéressant dans le film. Steven Speilberg navigue sans cesse d’un camp à l’autre, montrant des espions beaucoup plus fragile et humains qu’on ne le pense. Les véritables monstres aussi bien d’un côté que de l’autre étant les généraux au-dessus d’eux. Pour ces derniers les espions ne sont que de la chair à canons que l’on finit par vouloir récupérer coûte que coûte surtout pour ne pas perdre la face. L’échiquier politique qui se dresse devant nos yeux est assez subtil. L’ennemi russe en l’occurrence finissant par être dépeint avec un visage terriblement humain. Ce vieux soldat que Tom Hanks finit par devoir défendre dévoile souvent bien plus d’humanité et de sincérité que l’état qu’il défend. Pris dans une partie avec des intérêts qui le dépasse, il n’a pour seul allié que cet homme qui bien que dans l’autre camp est dans le fond comme lui. La relation qui va se nouer entre les deux hommes est la partie la plus intéressante du film tant elle replace l’humain au centre de l’histoire. Pas de clichés, juste des hommes accomplissant l’impossible dans un camp comme dans l’autre. Le tout plus ou moins pour la gloire de leur pays.

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Oui, il y a une certaine forme de patriotisme sous jacent dans l’ensemble du film. Il est justifié d’une certaine manière. Mais à la différence de beaucoup, Steven Spielberg réussit à équilibrer les forces en présence et le terrain sur lequel ils développent leur histoire. Ce n’est pas donner à tout le monde de réussir à ne pas se perdre en route. Témoignage d’une autre époque et de l’impact qu’elle a eu ou a toujours sur la nôtre, le pont des espions démontre une fois de plus le talent d’adaptation de Steven Spielberg. Tout comme Tom Hanks, il possède cette particularité si rare, celle de savoir se fondre dans tous les sujets, du plus léger au plus grave. Le pont des espions balaye un large éventail de genre sans pour autant que la cohésion les uns avec les autres en devienne totalement indigeste. Bien au contraire. Cela tient la route et ce du début à la fin. C’est old school certes, mais sans jamais oublier d’être passionnant. Plus de deux heures dans une salle obscure avec Steven Spielberg et Tom Hanks valent toujours qualitativement plus qu’une bonne partie de la production actuelle hollywoodienne.

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