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Le livre numérique finira t-il par tuer le plaisir de la lecture?

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Le livre numérique, c’est un petit plaisir que l’on consomme sans même savoir qu’il existe, il te raconte une histoire et disparaît de ta vie illico. Tout l’inverse du livre papier qui lui te vend du rêve à tous les niveaux.

Le livre numérique est-il la fin de tout ? L’invention sacrilège qui ruine le plaisir de la découverte ? Oui, cette pluie de questions peut avoir des faux airs de raisonnement de vieux con, je le concède. Mais que les choses soient claires, j’aime le livre numérique, cela a ses avantages et j’en consomme encore et toujours des dizaines par mois. Mais dans un coin de ma tête, je me dis qu’un peu comme les photos numériques que l’on entasse sur des dizaines de disques durs et que l’on pourrait perdre à jamais du jour au lendemain, nous plaçons toute cette culture sur quelque chose de bien immatérielle. Le plaisir de la lecture se fait autant dans la recherche de la couverture qui nous parle dans un rayon, le plaisir de voir la qualité du papier et de la mise en page de l’ouvrage. Pire encore quand comme moi on aime explorer les bouquinistes, on peut rajouter à cela l’odeur, l’aspect vieilli, le vécu en quelque sorte. Tout pleins de différentes facettes qui rendent l’expérience de la lecture si attachante. Oui, lire aujourd’hui, c’est prendre sa Kobo ou sa Kindle, charger des livres que souvent on paye une sale fortune pour des éditions numériques. On ne détruit pas des forêts en les achetant certes, mais l’on se fait entuber avec du gravier en grande quantité. Les prix des éditions numériques en France étant souvent indexé sur une logique que peut de gens peuvent comprendre.

Et tout cela n’empêche qu’en bout de course, même si l’on pourra lire un bon livre en numérique… qu’en sera-t-il après. Une des choses que j’aime dans le fait d’acheter des livres d’occasions est ce petit moment où l’on se dit qu’au travers d’une annotation, un nom ou une photo oubliée (vive les livres dans les brocantes…) on décroche d’une pierre deux coups une double histoire, celle que l’auteur y raconte, et l’autre. Celle qui comme un vieillard un après-midi au soleil assis dans un coin d’un parc, on peut lire sur sa gueule. Et c’est avec ces petits trucs que l’on constitue des bibliothèques qui nous ressemblent, que l’on laisse une trace un truc à transmettre de palpable et pas juste un simple fichier numérique que l’on va transmettre en attendant qu’un jour tout comme le destinataire, on perde la trace de la pièce jointe. Un livre que l’on perd dans un bus, un train ou n’importe où, c’est la porte ouverte à une seconde vie, un destin un peu fou ou par défaut la chance de changer une vie (qui sait ?) un livre numérique qui se perd, c’est du code qui se vautre dans le néant, une clé USB que l’on oublie dans sa poche de jean et qui finit à la machine a lavé. Une mort bien conne pour de la culture n’est-ce pas. Alors oui, la jeune génération sera toujours plus enclin à voir les avantages de la liseuse et du livre numérique, mais le vieux con qui sommeille en moi continue de croire que rien ne détrônera jamais cette histoire d’amour avec le papier. Quoi de plus beau qu’un livre qui vous raconte des histoires… et son histoire ?

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