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Le grand Bain de Gilles Lellouche, le plongeon parfait .

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Le grand Bain est-il l’une des surprises cinéma niveau comédie pour la fin de l’année? J’ai envie de dire un énorme oui. Casting parfait, mise en scène au couteau. Un délice.

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie…

Le grand bain de Gilles Lellouche c’est ce que je peux nommer comme étant une bonne surprise. Le genre de films où l’on va en ne sachant rien du pitch de départ, dont on n’a vu 0 image et qu’on décide de laisser nous surprendre. Et quand on se rend compte que c’est le cas, la surprise n’en est que plus grande. Comment définir ce film ? Du Ken Loach sans que la déprime déborde du verre et nous salisse les chaussures. C’est un jeu assez périlleux que le réalisateur réussit à tenir du début à la fin du film, celui de trouver une balance parfaite entre le rire et le réalisme triste voir parfois très dark malgré l’humour noir concernant la vie de ses personnages. Une sacrée galerie de loosers avec des bagages émotionnels qui en découragerait plus d’un et pourtant. La force de l’histoire est que même si ce sont les pires ratés, salaud, loosers ou tous autres qualificatifs qui passeront par votre tête, c’est impossible de ne pas les aimer.


Gilles Lellouche réussit un vrai tour de force ultra-ambitieux et casse-gueule, celui de réaliser un film choral ou les seconds rôles brillent autant que les seconds. Il y a dans la fougue de sa plume et le tempo de sa mise en scène l’ombre des Toledano et Nakache qui planent. J’avais beau adorer le sens de la fête des deux réalisateurs ci-dessus, je trouve que le grand bain s’inscrit très vite comme un outsider dans le genre de la comédie grand public aussi solide sur le fond que la forme. Faire ce genre de film en plongeant dans le mal-être des gens normaux est un challenge, la vie courante offre c’est évident des tonnes de sujets de livres, romans et cinéma, mais arriver à les manier sans se perdre en route est une autre paire de manches. Gilles Lellouche se jette à bras-le-corps dans l’aventure en ne perdant jamais de vue ce qui fait le cœur de son histoire… les personnages. Il consolide l’univers les entourant avec une attention du détail miraculeuse. Il ne cherche jamais à faire la course à la punchline, ni à la vanne graveleuse facile. Le genre de volonté de mise en scène et d’écriture qui apporte un bon bol d’air frais dans le paysage actuel de la comédie française.


Et plus on s’enfonce dans les profondeurs de ce grand bain, plus la force émotionnelle du récit de Gilles Lellouche nous prend à la gorge. À la fois affligeant dans certains de leurs travers et attachant par la flamboyance qu’ils développent pour essayer de garder la tête hors de l’eau, l’intégralité du casting du film est une vraie merveille à voir. Mathieu Amalric en tête et Marina Fois incroyable de drôlerie mènent la danse. Mais l’intelligence du scénario est que Gilles Lellouche prend le temps de donner à chacun son moment. La chaine des personnages n’est pas là pour juste permettre à un seul de tirer la couverture à lui. Tous n’ont qu’une utilité faire que le rythme aussi bien émotionnel qu’humoristique du scénario continue de fonctionner a 100 à l’heure du début à la fin. Et c’est la chose la plus incroyable de ce récit, il réussit quasiment tout ce qu’il tente aussi bien d’un point de vue humain que comique. Une véritable surprise d’un bout à l’autre dont le seul point faible est qu’en effet la durée pourra peut-être s’avérer un poil longue chez certains. Mais là encore cela n’enlève en rien le plaisir que l’on prend dans le film.
Le grand bain est-donc un exemple très sympathique de la vitalité encore existante du cinéma français dans le domaine de la comédie. Entre 2 comédies bas de plafond et vulgaire, il existe des petits trésors d’écritures, de jeux et de casting. Et le grand bain est définitivement l’un d’eux. Validé à 100 %

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