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Le garçon et la bête-Mamoru Hosoda- critique du film

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Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…

C’est un peu difficile de parler du film « le garçon et la bête » sans recourir a une avalanche de superlatifs tous plus positifs les uns que les autres. Cela risquerait de survendre le film et de ne pas lui rendre service. Mais en même temps, il faut bien se rendre à l’évidence et ne pas nier les faits oui, le garçon et la bête est sublime, poétique, drôle, émouvant et pourvoyeur de km2 d’idées de mises en scène par minute. Mamouru Hosoda n’en est pas à son coup d’essai avec ce film, ceux qui ont déjà pris le temps de suivre la filmographie du maître savent que son œuvre le range dans la droite lignée des grands de l’animation japonaise. De Summer Wars aux enfants loups pour mes favoris, Mamoru Hosoda a toujours fait preuve d’une incroyable modernité, conscient des changements technologiques et de l’impact que ces derniers ont dans la façon de donner vie à son imaginaire, il garde le cœur de ce qui fait la force de l’animation japonaise et l’upgrade en brisant les limites techniques que ses prédécesseurs pouvaient avoir à l’époque. La folie créative présente dans le garçon et la bête n’a pas vraiment beaucoup de limites. Mais là où certains se perdraient en route sous l’effluve du clinquant de l’image, Mamoru Hosoda prend le temps de fortifier chacune de ses envolés graphiques par de puissantes fondations narratives et émotionnelles. C’est là où réside la force du film le garçon et la bête, il n’oublie jamais que le fond sans la forme et vice versa n’est rien.

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Conte philosophique et véritable coming of age story comme on dit chez l’Oncle Sam, le garçon et la bête dresse devant les yeux du spectateur une galerie de personnages toutes plus attachantes les unes que les autres. Les bases de départ de l’histoire ne sont pas forcément nouvelles, mais la sensibilité sans fautes que développe une fois de plus Mamoru Hosoda finit d’enlever l’adhésion du spectateur. Tout comme pixar dans ses grandes heures, ou plein d’autres studios de plus grosses ou petites tailles Mamoru Hosoda sait que pour que son film fonctionne l’émotion se doit d’être solide. Il n’est pas forcément nécessaire d’être original pour toucher le spectateur, il faut savoir viser juste, taper là où cela fait « mal » et où l’histoire aura quoi qu’il arrive une résonance universelle chez celui qui verra le film. Le garçon et la bête en abordant des thèmes aussi large que la famille, la recherche du père ou l’acceptation de soi et l’envie de se dépasser pour se révéler. Tout est en place pour que l’enfant regardant tout aussi bien que l’adulte s’identifie dans cette histoire. Parfois la simplicité d’une trame narrative est la meilleure alliée du scénariste. Chacun doit pouvoir se faire son film et se laisser emporter. C’est une des particularités récurrente du cinéma de Mamoru Hosoda. D’une certaine manière on peut comparer ces films a de l’Opéra, il y a une force tranquille ne cessant d’être prise entre deux feux, celle d’envolée choppant le spectateur pour le faire planer là où il s’imagine aller.

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En laissant justement du début à la fin de son film, respire le spectateur, Mamoru Hosoda réussit avec le garçon et la bête à conjurer le meilleur de toutes ses influences. La technique n’oublie jamais d’être au service de l’histoire et cette dernière au service du spectateur. Le tout pour pousser encore plus loin les limites de son imagination. Beaucoup de personnages à tort perçoivent l’animation japonaise comme un simple pourvoyeur de productions ultra-violentes ou décérébrés. C’est oublier toutes ces productions sublimes qui jalonnent la production japonaise. Mamoru Hosoda comme d’autres dont le nom n’est pas forcément toujours familier au plus grand nombre en est un des magiciens. Le garçon et la bête est la fusion parfaite de ces deux derniers films rassemblant l’énergie créative totalement folle de Summer wars et la puissance de l’émotion que l’on peut retrouver dans les enfants loups. L’un dans l’autre, le mix aurait pu paraître improbable et pourtant au final on touche à la perfection. Rien de plus à dire que chapeau bas. Cela vend du rêve et pas qu’un peu. Une réussite.

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