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L’horreur a t-elle encore un avenir dans le cinéma français?

Le cinéma d’horreur cartonne en Europe, chez les américains…mais chez nous cela reste un parent pauvre. La matière grise et le talent sont là, mais le genre n’est pas vraiment pris au sérieux…

L’horreur version cinéma est-elle viable dans l’écosystème du cinéma français ? Quand on regarde le succès du cinéma d’horreur chez l’oncle sam, que ce soit via des productions de qualités ou de l’alimentaire de la pire espèce, on se demande pourquoi nous restons à la traine. Il y a dans ce domaine une potentielle mine d’or a se faire. Blumhouse, Platinium Dunes et d’autres l’ont compris à Hollywood. Un investissement de base modéré et bien souvent un équilibre ou un vrai jackpot en retour. John Krasinski avec A quiet Place en est le dernier exemple et Jordan Peele juste avant lui. Deux films élevant le simple postulat de film d’horreur vers autres choses et offrant aux genres les armes d’une évolution ou résurrection, cela dépend du point de vue que l’on prend. Mais pris sous l’angle du marché français, milieu assez opaque où la comédie grivoise (pour ne pas dire beauf) et le drama parfois chiant prennent le pas, comment imaginer le cinéma d’horreur se développer ? Blumhouse en France ? La chose n’aurait pas le moindre espoir. Pourquoi ? Peut-être à cause du fait que le genre est sclérosé de l’intérieur. Du coup comment imaginer une porte de sortie ? En se mettant au vaudou… en priant pour que le cinéma FR décide d’ouvrir les yeux sur le potentiel de la chose. Ou tout simplement via un sauveur que l’on pointe du doigt comme étant le grand satan : Netflix.

Netflix oeuvrant en dehors du système FR, l’idée même de le voir offrir la possibilité à une nouvelle génération de réalisateur de s’exprimer. Le CNC se lance dans la brêche sur le bout des pieds. L’attitude est louable, mais est-ce que vu le retard qui est le nôtre dans le domaine, l’attitude de ce temple historique du cinéma changera quelque chose ? Franchement, j’ai un doute. Nous sommes vraiment trop loin de la mentalité de production US ou bien encore l’approche très qualitative du cinéma espagnol dans le domaine. Oui, Grave a connu un succès certain. Chose facilité par le fait qu’il avait au-delà de ses qualités le champ libre dans son couloir. Une force et un vrai souci. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, voir la chose sous l’angle des Pascal Laugier, Julien Maury-Alexandre Bustillo et j’en passe… je ne vois pas de solutions miracles venant du système de production français. Ce qui me ramène à la problématique : l’antéchrist Netflix. Investir dans la production FR est son moyen comme un autre de mettre le pied dans la porte. Il se crée des cartouches, passe pour le bon samaritain offrant du travail aux techniciens français et en infusant un ADN plus anglo-saxon dans les prods s’offrent des projets pouvant s’exporter plus loin que le simple public français. Mais la vraie question est de savoir si le cinéma FR lui laissera la chance de se développer sur ce créneau. Quand on voit le tir de barrage complètement idiot que le 7e art frenchy développe contre Netflix on se demande si cela en vaut vraiment la peine. Qu’arrivera-t-il au final ? On continuera encore et toujours de voir la plus grosse partie des talents tenter l’aventure à l’étranger plutôt que de perdre un temps fou à attendre une occasion qui ne viendra pas. On peut les comprendre. Ne soyons pas trop négatif, peut-être que l’intention du CNC d’ouvrir la porte a de potentielles découvertes ? C’est tout ce que l’on souhaite. Mais dans le fond je continue de douter. L’horreur est trop marginale pour le monde du 7e art, le genre mal-aimé que l’on ne veut pas prendre au sérieux. On verra bien ce que lui réserve l’avenir à ce petit domaine si sanglant…

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