Critiques de films Films français

La volante- Nathalie Baye- Critique du film

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Alors qu’il emmène sa femme à la maternité pour accoucher, Thomas percute et tue un jeune homme sur la route. Marie-France, la mère de ce dernier, ne parvient pas à se remettre du drame. Neuf ans plus tard, Marie-France devient la secrétaire de Thomas sans qu’il sache qui elle est. Peu à peu, elle s’immisce dangereusement dans sa vie et sa famille jusqu’à lui devenir indispensable.

Aller voir un film français qui s’engage dans la dangereuse voie du film de genre… Est autant une partie de plaisir qu’une sorte de séance sadomasochiste. Je ne dis pas que tous les films français prenant le risque de faire justement du genre sont mauvais… Non mais bien souvent, ils se bornent à appliquer des recettes que l’on connaît tous par cœur et qui ont déjà été faites ailleurs de façon bien plus probante. C’est le cas avec la Volante. Il y a beaucoup de hitchcock dans ce film et sous la main d’un meilleur scénariste, l’ensemble aurait sans doute pu offrir quelque chose de passionnant. Sous sa forme actuelle, La volante ne cesse de nager d’un extrême à l’autre, flirtant parfois avec le banal et souvent avec le grotesque en bout de course. Est-ce la faute des acteurs ? Non, Nathalie Baye et Malik Zidi en tête sont plutôt bons, le hic tient dans le scénario et malheureusement la réalisation ne fait pas forcément grand-chose pour le sortir de l’ornière où il se trouve.

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La volante bâtie autour du personnage de Nathalie Baye possède malgré tout un souci de taille… Son personnage est parfois très caricatural. On se demande parfois si conscient dès le départ que le scénario flotte dangereusement quand on en vient au personnage de Nathalie Baye ou juste de la définition de l’évolution (pour le pire) de son trauma, les réalisateurs n’ont pas « et puis merde ». Il  manque quelque chose. Peut-être du fond. L’ensemble est schématique. Son personnage manque de nuance. Ce point précis qui aurait pu lui donner un autre visage plus sinueux…. Mais le scénario s’en moque un peu, les réalisateurs aussi. Ils masquent tout dans une mise en scène au couteau. Le genre de celle qui pioche a droite et à gauche, la joue à l’ancienne et bonne élève connaissant ses classiques ainsi que les règles du cinéma… Mais qui à défaut ne surprend jamais vraiment. Certains diront que le film finit très vite par partir en roue libre, je le vois plus comme une œuvre aux illusions mal maîtrisée. Le point de départ n’est pas plus mauvais qu’un autre… C’est le trajet que l’histoire emprunte qui malheureusement complique tout. On ne sait jamais sur quel pied danser face à Nathalie baye et j’avoue me demander si elle-même ne se posait pas la question face aux ambitions des réalisateurs.

Du coup, La volante ne cherche plus à tenir la route, le film s’envole vers des cieux où même la main la plus bienveillante ne pourra pas forcément le rattraper. Je radote, mais cela confine a une certaine forme de tristesse, que ce soit dans le fantastique ou le thriller les tentatives françaises (car il y en a) ont la plupart du temps beaucoup de mal a se séparer des modèles qu’elles tentent vainement de copier. L’idée est de savoir trouver un moyen de prendre le meilleur de ces films et de le mélanger à ce qui fait l’ADN du cinéma français. Le tout pour se créer une véritable identité. Dans certains cas, la chose fonctionne et vend du rêve, mais dans d’autres, sans que l’on comprenne pourquoi cela explose en vol. C’est le cas ici et même avec la meilleure volonté du monde, on ne peut plus rien faire pour trouver des circonstances atténuantes. La volante se perd en route et disparaît au loin. Le tout sans laisser de traces majeures dans nos mémoires. C’est triste…

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