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La vie continue…

gargoyle

72h étrange. On avait déjà eu droit à un choc avec charlie… Mais ce 13 Novembre bizarrement cela m’a touché beaucoup plus que je ne le pensais. Un quartier que je connais, une salle que j’aime et où j’ai vécu des bons moments et puis d’un coup il y a cette volonté de tuer à l’aveugle des ados, des adultes, des vieux. Au final la pire qui soit. Pas d’idéologie définie, juste l’envie de créer une terreur tenace, une volonté d’abîmer sur le long terme. D’une certaine façon cette fois-ci je me suis senti concerné… pour la simple et bonne raison qu’ici il ne s’agissait juste que d’hommes et femmes, d’ados comme moi, des gens qui profitaient de la vie simplement sans fortement se poser de questions. Difficile de ne pas se sentir proche. Puis vient le moment bizarre où l’on se dit que l’on va essayer d’être utile a minima, on se met a retweeter comme tout le mondes avis de recherche, on se dit que cela pourra aider. On se tient à cette idée pendant 24h, on ne voit rien venir… On se demande si cela sert à quelque chose et l’on continue quand même. Puis d’un coup, les avis de décès commencent à tomber. Au début c’est encore loin, puis a certains moments, cela touche plus ou moins des proches. On découvre que des personnes que l’on avait croisées étaient dans la salle. S’en sont sortie plus ou moins. On reste con et sans voix.

Pourquoi ? Peut-être parce qu’avec ces avis de décès tombent aussi les récits de l’intérieur. Ce n’est plus les on dit de twitter, les fausses rumeurs. C’est juste le brut, la vidéo d’europe 1, le récit de Julian Pearce, la photo des cadavres en terrasses. Et là on comprend que cela ne frappe pas forcément que dans le poste, cela joue à domicile. On est dans une sorte de bulle, et d’un coup elle prend l’eau. Avec Charlie c’était une autre strate qui était touchée même si je m’exprime maladroitement, ici c’est moi, vous, c’est n’importe qui. Dans le fond, je ne sais pas de quoi je me plains, je n’y étais pas, je suis intact, pas blessé. Juste vidé après ces quelques jours que personne n’avait envie de vivre. Ce soir du 13 novembre, j’ai eu peur pour mes potes, passer des coups de fil, chercher mes proches comme tout le monde. J’ai vu gens sur twitter sortir de l’enfer de cette salle et garder la tête haute, j’en ai vu d’autres annoncer des sales nouvelles. La vie continue comme on dit et ce texte est sûrement maladroit au possible, mais j’avais envie de cracher des mots aussi simples soit-il. Tout cela parce que cela fait 72h que j’ai cette boule au ventre et que je n’arrive pas a m’en débarrasser. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais d’une certaine façon jeudi dernier c’était mieux. Tellement mieux.

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