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La Tour Sombre, l’adaptation inutile d’un chef d’œuvre…

Le dernier Pistolero, Roland Deschain, est condamné à livrer une éternelle bataille contre Walter O’Dim, alias l’Homme en noir, qu’il doit à tout prix empêcher de détruire la Tour sombre, clé de voûte de la cohésion de l’univers. Le destin de tous les mondes est en jeu, le bien et le mal vont s’affronter dans l’ultime combat, car Roland est le seul à pouvoir défendre la Tour contre l’Homme en noir…

La tour sombre Idris Elba

Jake (Tom Taylor) in Columbia Pictures’ THE DARK TOWER.

Pendant des années, les fans de la Tour Sombre ont patienté espérant voir venir une adaptation de cette saga qui ferait honneur aux livres de Stephen King. Le projet a pris l’eau, disparu puis est revenu sous d’autres formes et enfin voici que le film est désormais après un long périple sur les écrans du monde entier. Mais une fois la découverte du résultat derrière nous, on ne peut retenir une petite voix dans notre esprit disant « Tout cela pour ça ? ». La Tour Sombre de Nikolaj Arcel est une énigme. Comment face à un univers aussi immense, riche et avec des personnages aussi fort peut-on arriver à livrer en bout de courses quelque chose d’aussi insipides ? C’est une question qui risque de vous hanter quelque temps en sortant du film. Le format du film est déjà bizarre, du moins son orientation, le plaçant comme une pseudo-suite du livre. Compilant des tonnes d’éléments de l’univers de Stephen King et du roman sans jamais faire vraiment autre chose que du simple fan service. Le scénario balance ses éléments à la volée et c’est aux spectateurs de connecter à la vitesse grand V chaque morceau les uns avec les autres. Autant être honnête, si l’on n’est pas un minimum familier de l’univers de Stephen King, ce La Tour Sombre de Nikolaj Arcel n’aura pas vraiment de fond. On passera à côté de l’essentiel. C’est l’erreur majeure du film, ne pas prendre le temps de s’ouvrir intelligemment à un autre public. Le résultat est du coup sans pitié et il faut bien se résoudre à une évidence assez triste, ce La Tour Sombre que l’on attendait tant sur grand écran n’a dans le fond et la forme pas le moindre intérêt.

La tour sombre Idris Elba

Sorte de conclusion artificielle servant de passage vers un nouveau départ pour étirer encore et toujours une saga parfaite. Harry Potter fait le même coup avec son spin-off donc on ne peut pas blamer Sony d’essayer de son côté, mais ici le résultat est tellement aberrant par instants que l’on ne peut pas s’empêcher de hurler pourquoi. En recentrant l’histoire uniquement sur Jack Chambers et non plus Roland le pistolero, le film vise un autre public. Plus jeune. Un choix marketing classique, mais cela aurait pu n’avoir que peu d’importances si l’évolution du personnage de Jack Chambers était justement intéressante. Mais que ce soit pour lui, pour Roland ou l’homme en noir, il faut avouer que l’on frôle la catastrophe pour les 3. Le jeune héros passe par toutes les étapes de l’Origin Story en mode vitesse grand V. Tout ce qui lie chacune de ces parties et aurait du les rendre émotionnellement fortes est absent du film. On se retrouve du coup avec un personnage complètement schématique qui n’est qu’une ébauche de ce qu’il aurait dû être. Idem avec Roland, personnage mythique de la saga qui n’est ici dans le fond qu’un personnage secondaire et relégué au rang du mentor en forme de brute au grand cœur. C’est diablement déprimant d’avoir un acteur aussi brillant qu’Idris Elba avec un charisme naturel aussi fou et de lui laisser entre les mains un scénario aussi faible pour son personnage. Mais tout cela n’est rien en comparaison de Matthew McConaughey. Dire que son personnage est ridicule est encore loin de la vérité. Et ce sentiment ne fait malheureusement qu’être renforcé encore plus par la vacuité absolue du final. C’est bien simple du début à la fin du film, il donne cette impression de mix si particulière entre le cabotinage classique et l’ennui le plus profond. Comme s’il se rendait lui-même compte de l’erreur qu’il avait commis en s’engageant dans ce film.

Et c’est un sentiment que tout le monde finit rapidement par éprouver, devant la caméra, derrière cette dernière ou simplement dans la salle. La Tour Sombre de Nikolaj Arcel n’a pas d’âme, n’a pas de flamboyance. Le film ne décolle jamais véritablement et met encore et toujours un point d’honneur à ne jamais s’enfoncer dans les profondeurs de l’univers de la mythologie de La Tour Sombre. Un peu comme si face à l’étendue de cette dernière tout le monde avait fini par capituler et décider de rendre une copie bâclée plutôt que de perdre les droits avec le temps qui passe. C’est ce feeling déprimant qui reste le plus en travers de la gorge avec La Tour Sombre de Nikolaj Arcel. Dans le fond, tout est là, le casting tout comme l’histoire, mais rien ne se met jamais en place. Le scénario manque de tout et la réalisation à peine digne d’un téléfilm finit de couler le navire.

La tour sombre Idris Elba

Roland (Idris Elba) and Jake (Tom Taylor) in Columbia Pictures’ THE DARK TOWER.

On en ressort dépité, certains vous diront que cela se regarde et j’en passe. C’est une vision que l’on se doit de respecter, mais peut-elle pour autant permettre de fermer les yeux sur le fait que La Tour Sombre de Nikolaj Arcel n’est rien d’autre qu’un énorme ratage ? Détruit en coulisses par des luttes de pouvoirs ayant eu pour impact d’enlever au film toutes formes d’ambitions voir même de cohérence avec les bases de la mythologie que créa Stephen King pour ce fantastique univers ? J’ai envie malheureusement de dire non. La Tour Sombre de Nikolaj Arcel n’est au fond qu’une énorme coquille vide de sens. Et quand on voit l’immensité de la saga d’origine, on se dit que ce film est juste une insulte cinématographique au génie de Stephen King qu’un véritable hommage. Triste…

 

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1 Comment

  • Reply
    redwarp
    août 18, 2017 at 8:56

    Pas encore vu le film, et tu ne donne pas envie ! J’attendrai donc d’être dans un avion ou autre.
    Cela dit, les romans d’origine sont pour moi loin d’un chef d’oeuvre.
    Très bon début, mais qui devient franchement nul lorsque l’auteur s’écrit dans l’histoire. Et une fin d’une faiblesse telle qu’elle m’avait dégouté. Dommage, l’univers était top.

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