Critiques de films Films américains Les news

La nonne, Le conjuring cinematic universe s’agrandit encore…

[podcast_subscribe id="31141"]

La nonne, c’est comme une recette parfaite de la non-prise de risques complète. Du Jump Scare jusqu’à plus soif et une envie de dormir tenace.

La nonne est le dernier volet du cinematic universe de The Conjuring et loin d’être aussi bon que les deux films du même nom, ce dernier est à l’image du reste des films annexes. C’est-à-dire en pilote automatique. Et encore en disant cela, je suis poli et correct dans ma manière de voir les choses. Le vrai souci de La nonne est qu’il n’est tout simplement jamais effrayant. Pour la simple et bonne raison que cette production ne cherche jamais à aller redéfinir la peur ou renouveler la grammaire cinématographique qui s’y raccroche. James Wan et la production consciente d’avoir une manne d’argent facile à portée de mains cultive une formule pompière abusant des jump scare jusqu’à l’extrême, d’une musique assourdissante souvent sans la moindre raison et d’un scénario partant dans tous les sens. Alors oui, l’idée de voir le film offrir une préquelle au 1er The Conjuring est sympathique. Mais, ce n’est pas assez solide pour être mémorable. La nonne n’a qu’une envie être le plus grand public possible dans sa manière de faire peur. Et le verdict est le suivant « mon dieu qu’est-ce que c’est chiant »

Quand on apprend le suicide d’une jeune nonne dans une abbaye roumaine, la stupéfaction est totale dans l’Église catholique. Le Vatican missionne aussitôt un prêtre au passé trouble et une novice pour mener l’enquête. Risquant leur vie, les deux ecclésiastiques doivent affronter une force maléfique qui bouscule leur foi et menace de détruire leur âme. Bientôt, l’abbaye est en proie à une lutte sans merci entre les vivants et les damnés…

Dans les premiers films que James Wan avait réalisés ou produit, il y avait un vrai sens du cinéma. Une envie de faire de la qualité avec des bouts de ficelles. Et cela fonctionnait. Et avec le temps et le succès, comme beaucoup avant lui, il est devenu un homme d’affaires capitalisant sur l’univers qu’il a mis en place. On a vu à terme ce que cela a donné avec George Lucas. L’argent est-il le syndrome le plus puissant de corruption d’un artiste ? Peut-être et La nonne en est un bon exemple. Les fans de la saga trouveront assez de matières narratives pour passer outre les faiblesses de réalisations et le côté automatique de l’histoire. Ou le non-sens à certains endroits. Mais est-ce que l’ensemble est assez solide pour permettre à cette saga de continuer longtemps ? Le succès pharaonique de ce dernier volet semble dire que oui. Mais au bout d’un moment, il faut bien reconnaître que ce préquel de The Conjuring même s’il est sympathique sur le fond, laisse un goût amer en bout de course. La faute à la sous-utilisation intéressante de la nonne et du démon qu’elle représente. C’est comme si l’on assistait à la mise en avant sur grand écran d’un cahier des charges. Il n’y a pas une once d’envie cinématographique ou de subtilité.

Alors oui, ici et là quelques plans sortent du lot de manières fugaces. Mais cela ne reste à chaque fois que des bribes. Laissant présager un court instant ce que le film aurait pu être en lui laissant le temps de souffler et en s’impliquant dans sa mise en place avec une véritable envie de marquer les esprits. La problématique indéfendable de La Nonne est qu’il est fait de la manière la plus basique qui soit pour faire de l’argent. Alors oui, le cinéma n’est pas un petit paradis utopiste où l’on fait de l’image sans espoirs de retours sur investissement. Ce nouveau volet du conjuring cinematic universe est formaté à l’extrême pour ratisser large. C’est cousu de fil blanc et jamais vraiment effrayant, le genre de films que l’on voit en famille pour se faire peur. Tout en mangeant des énormes sachets de pop-corn. Une production typique que l’on aura oublier à peine 48h après au mieux. Est-ce que l’on doit en vouloir pour autant à James Wan et la production ? Peut-être un peu en fait. D’une création sympathique qui avait l’ambition de s’élargir pour créer quelque chose de solide, The Conjuring est devenu une opération cinématographique mercantile au possible. C’est le grand bingo du Yolo du film d’horreur, la peur et la surprise sont deux choses qui sont terriblement absentes du film d’un bout à l’autre. Cela marchera sur certains, sur moi, cela n’aura provoqué qu’un ennui massif. Dommage.

No Comments

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.