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La Mante, tf1 se met au thriller très sombre

Jeanne Deber, dite « La Mante », célèbre tueuse en série qui a terrorisé la France il y a plus de 20 ans, est contrainte par la police de sortir de l’isolement pour traquer son copycat. Elle accepte de collaborer à une seule condition : n’avoir qu’un seul interlocuteur, Damien Carrot, son fils, devenu flic pour racheter les crimes de sa mère, et qui refuse tout contact avec elle depuis son arrestation.

La mante sur tf1 rentre d’emblée dans la case de ces mini-séries pour lequel sans raison apparente et concrètes, on a un doute. Le thriller sombre n’est pas vraiment le domaine de tf1 de surcroît en prime time. On était donc en droit de se dire que la chose allait être assez ridicule et se bornerait à singer les standards US. Ce n’est pas totalement faux (il faut le reconnaître) mais d’un autre côté, il ne faut pas pour autant passer sous silence les qualités résidant dans cette production. La première tient dans son casting. En première ligne de celui-ci on retrouve : Carole Bouquet, Fred Testot et Pascal Demolon, un trio de choc et surtout d’acteurs solides qui ici s’en donne à cœur joie. Chacun héritant d’un personnage proche du stéréotype que l’on retrouve dans tous les thrillers. Ils arrivent pourtant à y apporter avec plus ou moins de force une véritable force. La chose à accepter dès le départ avec La Mante est que pour le meilleur comme pour le pire, la série prend le cap d’un récit très 1er degré, l’ambiance est pesante, les morts frontales et l’humour totalement absents. Inutile de chercher un quelconque moment de relâchement pour souffler, La Mante ne vous l’offrira pas. Ne durant que 6 épisodes pour cette saison 1, la série prend le parti d’aller à l’essentiel et d’offrir en grande partie aux spectateurs ce que l’on attend d’un récit de ce genre. Et autant être honnête, l’histoire et la mise en place des pièces de l’échiquier témoigne d’un véritable amour du genre que l’on aurait très bien pu retrouver chez des auteurs à succès comme Maxime Chattam ou Jean Christophe Grangé. Carole Bouquet s’en donne à cœur joie dans le rôle de cette tueuse au passé sinistre. Pascal Demolon ne surprend pas en étant comme d’habitude excellent. Dans la catégorie des caméléons, il est au-dessus de la mêlée depuis longtemps. Mais la vraie surprise tient dans l’interprétation de Fred Testot.

Il faut un petit temps pour accepter son personnage rugueux, mais assez vite la dualité entre ce qu’il fuit et ce qui gronde au sein de lui explose au visage du spectateur. En constante pression, il est évident que tenir cette cadence pour 6 épisodes sans chute va être complexe. Mais là où TF1 avait l’habitude d’offrir dans ces productions des héros lisses, il est intéressant de voir un personnage central qui malgré les apparences trimballe autant de zones d’ombre que sa mère tueuse en série. La seule différence, elle est derrière les barreaux et lui de l’autre côté avec une plaque et un flingue. La série prend son temps avec la mise en place d’un scénario tortueux pour briser une à une les dernières barrières séparant cette mère de son fils. L’une des forces de ces deux premiers épisodes autour du personnage de Carole Bouquet est que l’on ne sait jamais vraiment ce vers quoi elle se dirige. Manipulatrice hors pair, psychopathe de renom et pourtant follement attaché à son fils et prête à tout pour le protéger. Le reste de la série même si dès l’épisode 2 on devine un possible twist de fin de saison (toujours étudier le casting et les acteurs connus dans des rôles soit disant mineurs) donne une véritable envie d’en savoir plus. Certes tout n’est pas parfait vu que par endroits à force de trop singer les codes us des séries de ce type, La Mante se prend un peu les pieds dans le tapis via certains dialogues un peu pompeux. Pour autant, on doit reconnaître l’envie de TF1 de faire quelque chose de vraiment différent et axé vers un nouveau public. La Mante prend au moins le risque de sortir en terme d’écriture et de style de la zone de confort dans laquelle TF1 avait pris l’habitude de s’endormir depuis si longtemps. Et rien que pour ce point précis (ainsi que le scénario, le casting et la tension présente sur ses 2ers épisodes mine de rien…), il faut saluer le résultat. Vivement la suite.

 

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