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La femme rompue, Josiane Balasko dévoile un nouveau visage.

La femme rompue invite a découvrir Josiane Balasko sous un autre jour. Le tout via un texte de Simone de Beauvoir. La rencontre est pour le moins déstabilisante.

Josiane Balasko sur scène, quand on vous dit ce nom, la 1re idée vous traversant l’esprit est que la chose va être l’occasion d’une belle rigolade. Et bien autant être honnête, avec la femme rompue ce sera tout le contraire qui vous attend. Le rire n’est pas présent sous la forme que l’on attend. Il est parfois possible de lâcher un léger rire crispé devant les traits d’esprits cyniques et singlant que la comédienne balance sous les traits de son personnage, mais les ¾ du temps difficile de s’amuser du désespoir de cette femme. Seule, prise au piège d’une vie qui aura fini par la broyer dans tous les sens, elle n’est plus que rancœur. Le pitch de la pièce est assez limpide sur le sujet : La parole donnée à une femme qui, anéantie et déchirée, se venge par le monologue. Et voici donc que Josiane Balasko s’engage sur du Simone de Beauvoir avec une rage assez folle et le tout pour un résultat hautement déconcertant. La violence frontale ou entre les lignes de son personnage laisse pantois, on se prend chacune de ses saillies verbales comme une série d’uppercuts.

Josiane Balasko la femme rompue

La chose est taillée, ciselé à l’extrême et la plume de Simone de Beauvoir n’est pas faite pour prendre des gants. Mais l’avantage de jouer avec une actrice que l’on n’attendait pas dans le rôle est que cela donne une autre fraîcheur à l’ensemble. Enfin, je ne sais pas si le mot fraîcheur est le plus adéquat pour définir l’expérience. Car l’on plonge ici dans la femme rompue dans les recoins de la solitude, de la tristesse la plus intense. Josiane Balasko enfile ses habits comme s’ils avaient toujours été les siens et c’est cette transformation qui surprend le plus. On se laisse emporter dans son aigreur et le misérabilisme de son existence pour découvrir au final un fond d’humanité inattendue dans cette femme qui au final souffre surtout plus qu’autre chose. Du poids de ses erreurs comme de la solitude que cela lui provoque au final. La pièce est dans le fond aussi déstabilisante que passionnante. Il est toujours intéressant de voir une actrice que l’on n’attend pas dans un certain type de rôle jouer de son image, se mettre en danger et faire vaciller nos idées de bases sur elle. Est-ce que la recette prendra sur tout le monde ? Je ne sais pas. Mais en ce qui me concerne, le voyage fut loin d’être inintéressant. Une bonne surprise.

Lien résa [BilletReduc]

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