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Krampus, l’esprit de Noël, qui tourne au massacre…

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Quand Max voit sa famille peu exemplaire se disputer à l’approche de Noël, le garçon décide d’ignorer la célébration, sans se rendre compte que ce manquement à la tradition va provoquer les foudres de Krampus, un démon ancestral bien décidé à punir les réfractaires. La situation tourne en enfer quand les figures de Noël prennent monstrueusement vie, lançant l’assaut sur la maison de Max et forçant les membres de sa famille à s’entraider s’ils espèrent sauver leur peau.

Krampus de Michael Dougherty est dans son genre un petit ovni. Difficile de le définir sans revenir dans l’ombre d’un Spielberg de la grande époque ou d’un Joe Dante de l’époque Gremlins pour le côté aventure familial. Mais au-dessus de ces premières comparaisons, il faut rajouter une surcouche de noirceur voir de nihilisme qui navigue entre les lignes pour rendre en bout de course ce film d’une cruauté assez jubilatoire. Oui, Krampus de Michael Dougherty est cruel, nihiliste et sans pitié… mais toujours dans la bonne humeur. C’est ce qui est amusant avec ce film. Beaucoup de réalisateurs se plaignent des contraintes inhérentes aux interdictions lors des sorties en salles. Mais en l’état Krampus de Michael Dougherty réussit un tour de force, celui de s’en accommoder et de livrer un film qui bien que relativement peu sanglant n’en est pas moins avare en ce qui concerne une certaine forme de violence psychologique. Constat sans pitié autour de l’esprit de Noël et ce qu’il en reste à notre époque, Krampus, prend son temps pour installer une ambiance assez particulière. A mi chemin entre le soap et les simpsons. On s’étonne et l’on se dit que l’on n’est pas forcément en face de ce que l’on attendait et soudain la machine s’emballe. Michael Dougherty appuie de plus en plus sur l’accélérateur et nous entraîne dans sa vision cauchemardesque du mythe de Saint Nicolas et dès ce moment, il n’y aura plus de retour en arrière possible. C’est d’ailleurs ce qui au final rend Krampus si agréable. Il ne fait pas de concessions. Et je dis bien aucune… mais toujours dans la bonne humeur.

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Krampus de Michael Dougherty est une coming of age story… qui tourne mal. Une version maléfique d’un film de Spielberg des années 80. L’ambiance n’est pas non plus surtout sur la fin sans rappeler la folie douce (enfin ici hystérique) des Gremlins. Dès que le piège de Krampus se referme sur le spectateur, difficile de s’en extraire. La mise en scène, tout comme le plaisir quasi sadique que Michael Dougherty met à lâcher Krampus et sa meute aux basques de cette pauvre famille fonctionne au-delà des espérances. Pourquoi ? Pour l’absence de recours abusifs aux effets spéciaux de synthèses. Krampus est une vision de cauchemars bien loin de l’image que l’on peut se faire d’un Père Noël version Coca_cola. Il n’est pas ici pour pardonner ou quoi que ce soit de vaguement positif. Non, le monstre qu’il est n’est là uniquement pour punir. Ce qui au fur et à mesure que le film se déroule sous nos yeux rend l’ensemble encore plus fondamentalement sadique. Un sentiment qui n’aura qu’encore plus lieu d’être après avoir découvert le final. Krampus de Michael Dougherty est un objet étrange qui s’amuse avec talents à détourner les codes des films des années 80, à mi-chemin entre le family movie et le film d’horreur sadique (sans pour autant être gore), Krampus réussit à se créer une identité propre le faisant sortir de la masse assez informe des films d’horreurs que l’on nous donne en pâture ces derniers temps. Et c’est sur ce point précis que réside tout le succès du film. Il connaît ses classiques, les respecte, mais est aussi capable de s’en inspirer sans pour autant betement les singer.

Krampus de Michael Dougherty s’érige donc sans le moindre mal sur le podium des petites comédies horrifiques (malheureusement undergound) de ces dernières années. Se moquant de l’esprit de Noël et ceux qui le font perdurer sans pourtant ne plus y croire, Krampus surprend, amuse, rappelle les Gremlins sous Coke et invoque presque une version dark de l’esprit de Spielberg. On se dit que mis ainsi sur le papier, ce mélange contre nature ne devrait pas fonctionner et pourtant, il fait même bien plus que cela. Une petite pépite qui risque malheureusement de passer entre les gouttes. Si vous avez l’occasion, ne le manquez pas. Cela serait con que par votre faute Krampus vienne se rappeler à votre bon souvenir pour vous punir de cette action… À voir !

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