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Kong Skull Island, Le Monster Cinematic Universe Episode 01

Kong Skull island de Jordan Vogt-Roberts n’a pas une tâche évidente. Warner utilisant ce film pour être le point de lancement de son Monster Cinematic Universe, il se retrouve dans la même position que le premier Marvel à l’époque. Obligé d’en dire beaucoup, d’être badass en même temps et de mettre en place des personnages attrayants que l’on a envie de voir sur le long terme. Est-ce que la chose fonctionne ? J’ai envie de dire oui, oui et encore oui, voir même OUI. Kong Skull island de Jordan Vogt-Roberts est en quelque sorte une variation sur le thème d’Uncharted flirtant avec des ambitions fantastiques beaucoup plus massives qu’on ne le pensait. Pourquoi Uncharted ? Pour la simple et bonne raison que même si les deux personnages de Tom Hiddleston et Brie Larson sont des archétypes, il est difficile de nier que la dynamique qui se met en place entre eux est la même que celle du couple vedette de la saga Uncharted. Le parti pris qu’adopte Jordan Vogt-Roberts dans la mise en place de ses personnages a des faux airs de jeux vidéo flirtant avec le slasher. Il ne faut attendre aucune pitié de sa part concernant le sort de certains personnages. Une fois qu’ils sont sur l’île la nature joue contre eux et la course vers le point d’exfiltration est la seule chance de survie. Et là où l’on craignait une sortie de route absolue, c’est tout le contraire qui se produit. Kong Skull island de Jordan Vogt-Roberts déborde d’une énergie digne de celle qu’avait Spielberg en réalisant Indiana Jones et le Temple Maudit, l’atmosphère qui se dégage du film colle à la peau et le changement d’époque (la guerre du vietnam) fait des merveilles.

L’erreur du dernier Godzilla avait été en quelque sorte de la jouer trop premier degré. Pas que cela soit la faiblesse la plus marquante du film, mais cela l’avait peut-être injustement fait passer pour plus élitiste qu’il ne l’était. Kong Skull island de Jordan Vogt-Roberts ne s’ennuie pas de ce prérequis. Nous sommes en face d’un gigantesque, monstrueux et sincère film de genre. Sans pour autant apporter forcément grand-chose de plus que la version de Peter Jackson, le film de Jordan Vogt-Roberts apparaît comme la version alternative faite par un sale gosse à qui l’on a offert carte blanche pour exprimer sa créativité. Et dans ce domaine précis Kong Skull Island en déborde. Dès la première apparition de Kong sur l’île et le chaos qui s’ensuit plus rien ne sera pareil. Certes la dernière version de Godzilla était magnifique, mais elle manquait d’une certaine part d’humanité. C’est une chose d’en faire un dieu en face du quel les hommes ne sont rien, mais en faire une véritable menace est bien plus pertinent et c’est ce que fait ici Jordan Vogt-Roberts. Que ce soit au travers de Kong ou de l’intégralité du bestiaire présent dans le film, on se retrouve plongé dans une ambiance digne des pulp de la grande époque. Des aventures complètement folles dans lequel on prend un malin plaisir quasi enfantin à se laisser emporter. Kong Skull island de Jordan Vogt-Roberts s’apparente parfois à un grand jeu vidéo de par son rythme, sa narration et tous les trucs et astuces qu’il utilise pour créer l’excitation.

kongbandeannoncefinale

Porté par un casting 4 étoiles, il est impossible de ne pas s’arrêter aussi bien sur Tom Hiddleston parfait en héros de film d’action, mais surtout Samuel L Jackson. Pour beaucoup et je m’inclus dans le lot, Samuel L Jackson est une icône capable de prendre la matière première d’une série B et de transformer le tout en or. Complètement caricatural à la base, son rôle entre ses mains devient juste jouissif. Bien aidé en cela par la caméra de Jordan Vogt-Roberts qui fait tout son possible pour rendre crédible la confrontation entre Jackson et Kong et croyez-moi à plus d’une reprise on en vient à avoir le sourire aux lèvres. Pour la raison la plus simple du monde en fait. Conscient de ses faiblesses inhérentes à son statut de film d’ouverture (et de nécessité de remplir) le cahier des charges pour le reste de la saga Jordan Vogt-Roberts met le turbo sur le reste pour compenser. Kong Skull Island est un des blockbusters les plus fondamentalement sincère et jouissif que j’ai vu depuis longtemps. Réussissant à jongler entre délires personnels, suivi du cahier des charges et séries de roues libres entre deux pauses, il y a beaucoup trop de choses à aimer dans ce Kong Skull island de Jordan Vogt-Roberts pour ne pas y passer une semaine entière dessus.

C’est sa force et sa faiblesse diront certains, un peu comme Christophe Gans avec le pacte des Loups, Jordan Vogt-Roberts ne cherche pas vraiment en 1er lieu à faire plaisir aux spectateurs en lui donnant uniquement ce qu’il attend. Il se fait plaisir à lui en 1er et demande aux spectateurs de le suivre, que cela leur plaise ou non. Le choix est radical tout comme le résultat du film. Un ride débridé à l’ancienne s’appuyant sur la mythologie de Kong et des autres monstres à venir. Il y a boire et à manger dans ce Kong Skull Island. Peut-être parfois trop ou pas assez, c’est une question de point de vue. Mais s’il y a bien une chose qui est quantité suffisante, c’est le plaisir d’arpenter l’île de Kong, de s’éclater et d’en prendre plein la tronche avec un spectacle plus grand que nature. Le reste est accessoire. A voir !

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