Critiques de films Films américains

Kill Switch, le Half Life sauce 4e dimension de Dan Stevens.

Kill Switch de Tim Smit est l’un de ces films que je range dans la case expérimentation de geeks. Vous savez ces films qui sont dans le fond très sympathique, mais peine à dépasser le stade du délire référentiel d’un ado ayant grandi dans un univers shooté au gaming et aux comics. Est-ce que l’on peut dire que Kill Switch est mauvais ? Non, ce que l’on ne peut nier malgré tout est que le film tourne rapidement à vide. Le gimmick de la caméra subjective en vision FPS est moins insupportable que dans d’autres films, c’est un fait. Mais l’abondance de style sur la forme n’empêche pas pour autant le film de manquer de chair. Et pourtant Dan Stevens, l’homme a tout faire d’Hollywood capable de sauter d’un genre à l’autre sans le moindre mal, porte le film du début à la fin. Si l’on devait donner une idée de ce vers quoi tend Kill Switch de Tim Smit, ce serait Half Life… plus ou moins. Pris au piège d’un duplicata de son univers, le personnage de Dan Stevens se retrouve dans une course contre la montre le menant à prendre un choix cornélien, qui de la copie ou de l’original des deux mondes devra survivre ? Sur le papier l’idée sans révolutionner quoi que ce soit, se tient mais dans les faits, Kill Switch de Tim Smit perd un temps fou de sa durée (déjà pas très longue) à en mettre plein la vue plutôt que d’étoffer quoi que ce soit de son histoire. Comme beaucoup d’autres nouveaux réalisateurs œuvrant à Hollywood, Tim Smit agit sur ce film en véritable commando. Désireux de démontrer on n’en doute pas un instant sa capacité à créer du spectaculaire avec un budget qui est loin des gros standards du genre.

Et sur ce point précis, à savoir la forme, il faut reconnaître à Kill Switch de Tim Smit qu’il en possède et pas qu’un peu. A la différence d’Hardcore Henry, Tim Smit réussit à utiliser l’idée de vision FPS de façon cinématographique. Le scénario n’est certes pas passionnant, mais là où Hardcore Henry cumulait une réal insupportable plus d’un quart d’heure et un scénario inexistant, Kill Switch a un réal relativement correct et un scénario juste moyen, ce qui d’une certaine manière est une amélioration non négligeable. Mais au-delà de ce concert de louanges rapide, l’effet épisode trop long de la 4e dimension entraîne le film vers des profondeurs dont il ne se relève malheureusement pas. Et c’est d’autant plus triste qu’aussi bien devant la caméra avec Dan Stevens que derrière avec Tim Smit, Kill Switch aurait pu être bien meilleur. Le genre de films capable d’embrasser pleinement ses influences, les digérer et les utiliser pour créer quelque chose de nouveaux et accrocheur. Il faudra repasser pour la profondeur. Que pouvons nous garder du coup de ce film ? La découverte d’un nouveau bricoleur de talents dans la génération des réalisateurs couteaux suisse. Est-ce que cela suffira a Tom Smit pour se faire une carrière ? Vu comment la position de réalisateur capable de faire des belles images sans fonds est en surcharge dans les couloirs de l’usine à rêve, il va falloir qu’il se sorte les doigts du cul pour upgrader son jeu en termes d’écriture. Sinon, ce Kill Switch risque de rester dans les mémoires pour ce qu’il est une sympathique bande démo, mais pas forcément le point d’orgue d’une grande carrière. L’avenir nous le dira. En attendant, Kill Switch de Tim Smit est définitivement le genre de films que l’on regarde quand on n’a rien d’autre à faire le week-end. A vous de voir.

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