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Kedi- des chats et des hommes, le docu de l’année.

Kedi- des chats et des hommes est l’un de ces documentaires dont on pensait ne rien devoir attendre et voici que Ceyda Torun crée la surprise.

Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun est sans nul doute un des meilleurs documentaires que vous aurez la chance de voir cette année. Il y a plusieurs mois de cela en tombant par hasard sur une bande-annonce, j’avais été intrigué par le sujet du film. N’étant pas forcément un homme à chats, mais plutôt définitivement dans la team chiens, je pensais qu’au mieux la chose allait m’amuser en partie, voir me distraire. J’avais tort. Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun est tout simplement passionnant et à plus d’un titre. Véritable aventure humaine et portrait d’une finesse sans pareil sur les habitants d’Istanbul, ce documentaire montre l’amour et le lien indéfectible qui unit cette ville avec ces milliers de chats errants. Tous avec un caractère différent et une histoire singulière. Et le pitch du film donne un premier aperçu de ce qui vous attend avec ce documentaire : Des centaines de milliers de chats vagabondent dans les rues d’Istanbul. Pendant des milliers d’années ils sont allés et venus dans la vie des gens, devenant à cette occasion une part essentielle des communautés qui font la richesse de la ville. Sans maîtres, ils vivent entre deux mondes, ni tout à fait sauvages ni tout à fait domestiqués – et ils apportent joie et raison d’être à ceux qu’ils choisissent d’adopter. À Istanbul les chats sont le meilleur miroir de la vie des gens

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Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun plonge le spectateur dans un univers particulier, celui des chats. On s’imagine souvent que les chats ne sont que des petites boules de poiles caractérielles n’en faisant qu’à leur tête, Kedi montre qu’en partie (infime…) nous n’avons pas tort. Le côté indépendant, les petites habitudes ou le sale caractère de ces animaux est ce qui les rend aussi énervant qu’attachant. Et c’est une fois que l’on fait l’effort de regarder au-delà de ses a priori, que l’on voit la beauté de la relation qui unit les habitants de cette ville avec le peuple des chats. Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun construit son récit sur la complémentarité qui existe entre les humains et les chats. Oui, à plus d’un titre ce sont les humains qui sont les animaux de compagnie des chats, s’occupant d’eux bien au-delà des contraintes applicables au statut de chat errant, mais c’est de ce fait que naît la beauté de la chose. Et d’un coup alors que l’on ne s’y attendait pas, on se retrouve pris dans les bras de ce documentaire et l’envie de ne plus en sortir est monstrueuse. En effet, la réalisatrice réussit à créer une véritable égalité entre le monde des animaux et des humains. Plaçant du coup Istanbul sur un statut particulier. Alors que de plus en plus la vie dans les grandes villes met en avant l’individualité féroce, Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun montre combien d’un point de vue humain on peut tirer à savoir s’occuper des autres. Humain ou dans le cas présent d’origine animale.

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La beauté sans pareil de ce documentaire tient dans la justesse du regard qu’il pose sur ses protagonistes félins et humains. Un peu comme une enclave perdue au milieu du temps, la ville d’Istanbul comme ses habitants d’ailleurs deviennent d’un coup des symboles d’une autre époque. Celle qui décide de se rattacher à l’histoire de la ville et qui fait tout pour ne pas la laisser mourir. En l’occurrence ici cette histoire passant aussi surprenant que cela puisse paraître par ce peuple de chats. La même chose serait-elle imaginable à Paris ? Non, pas une seconde. Les habitants d’Istanbul au travers de ce documentaire apparaissent comme des excentriques, des poètes et des humains que l’on penserait échapper d’un roman d’un autre temps. Et tout cela mis bout à bout finit par donner à ce documentaire cette saveur si particulière. Celle d’une humanité et d’une fraîcheur comme l’on en voit malheureusement trop peu. La réalisatrice réussissant à humaniser chacun des félins sur qui elle pose sa caméra, renforçant du coup un peu plus le lien indéfectible qui les unit aux habitants comme à la ville d’Istanbul.

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Et au-delà de ce simple portrait humain et félin, c’est l’histoire aux milles facettes d’une ville que nous offre Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun. Qui aurait cru que de simples chats soient les gardiens d’un aussi grand trésor ? Que les habitants d’Istanbul démontrent une telle humanité pour des animaux qui dans d’autres pays finirait à la fourrière ou bien pire. La liste des choses surprenante qui s’empile dans Kedi- des chats et des hommes est sans fin et à chaque marche que l’on franchit en espérant percer tous les mystères de cette ville, la réalisatrice continue de garder un temps d’avance. Le tout pour n’avoir qu’une seule envie, celle de nous pousser à l’aventure et à venir voir par nous-même la beauté de cette ville et la richesse humaine de ses habitants. Ou tout simplement prendre le temps d’appliquer les enseignements que l’on tire de son film à notre petit niveau. La bonté est internationale si l’on prend le temps d’y croire un peu. C’est ce que laisse voir ce documentaire. Oui, que l’on soit humain ou chats, il y a de la magie à chaque coin de rue et des magnifiques histoires à regarder que ce soit d’un point de vue humain ou félin. Inutile de se mentir Kedi- des chats et des hommes de Ceyda Torun est un très belle réussite. Définitivement validé.

Sortie en salles en France le 27 décembre 2017

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