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Justice League, DC se renie complètement et fait du Marvel.

Justice League, le film le plus attendu de DC pour cette fin d’année va t-il tenir ses promesses? La réponse est pour le moins particulière…

Justice League était un film que j’attendais avec autant de curiosité (malsaine) que d’inquiétudes. À vrai dire, le simple fait de savoir que Zack Snyder pour des raisons assez tristes avait dû laisser les commandes du film à Joss Whedon avait fini d’achever mon enthousiasme. Et la découverte du film confirme plus ou moins toutes les craintes que j’avais. Maintenant, il faut admettre qu’il serait simple de dire que le film est juste un nanar sans âme. Mais cela serait à vrai dire malhonête car au milieu de ce foutoir gigantesque qu’est le film, on voit les ruines du bon film qu’il aurait pu être et c’est ce qui est sûrement le plus rageant. Justice League se veut la réponse de DC aux Avengers de Marvel. Un cas classique qui dure depuis des décennies dans le domaine des comics.

Justice league zack snyder

#onselapete tac tac clin d’oeil ma gueule!

Le hic est qu’au niveau cinéma Marvel contrairement à DC a pris son temps pour en arriver à cette réunion des héros. Prenant le temps de construire les histoires de chacun rendant l’univers dans lequel ils se battent crédibles. DC comment l’erreur de rusher les choses et de condenser ce que Marvel a fait en plusieurs films en quasiment un seul gros pâté de 2 heures où tous les héros anciens et nouveaux se retrouvent. Et ce qui devait arriver arriva… on décroche plus ou moins. Justice League en effet capitalise sur le fait que le public voyant le film connaît plus ou moins les histoires des personnages présents à l’écran. Et du coup s’autorise des gros moments de synthèses express un poil indigeste. C’est le cas ici avec Aquaman et Cyborg, les deux personnages les plus intéressants de Justice League. Tout n’est que mise en place et teasing pour leur film solo à venir. Mais en faisant les choses dans le désordre DC amoindri la force des personnages dans Justice League. Ils ne sont que des outils du chaos ambiant, lanceur de vannes et castagneur de monstres. En gros du terriblement générique dans l’écosystème Hollywoodien.

Justice league zack snyder

Aquaman, le seul vrai perso drôle du film

Et générique malheureusement, Justice League l’est du sol au plafond. Oui, le film se regarde, c’est un fait. Mais en faisant cela justement, impossible de passer sous silence la longue liste de problèmes sautant aux yeux du spectateur. Oui le film est crédité Zack Snyder… mais ne lui ressemble pas vraiment. Deux styles très différents s’affrontent ici et le résultat est gênant à plus d’un titre. Sortir d’un Man of Steel et d’un Batman vs Superman ultra-stylisé pour aboutir à ce téléfilm de luxe dans la lignée du Avengers de Whedon passe mal. Zack Snyder possède un style particulier, Joss Whedon n’en a pas vraiment et cela saute aux yeux tout le long du film qui surdose sa durée de VFX pour le moins raté et aussi bruyant qu’indigeste pour faire oublier le reste. Le fait que le scénario du film est anémique. Tout le teasing autour de Darkseid se résume en une phrase pour le décorum. DC semblant tirer un trait sur ce personnage au profit d’un nouvel arc narratif ultra-classique dévoilé dans la toute dernière séquence post-générique. Un outil de communication/teasing que là encore DC vole à Marvel. Mais si ce n’était que le seul et unique truc qu’ils volaient. Non, l’humour omniprésent voir même fatiguant tant il ne colle pas le moins du monde avec les films précédant montre que DC se renie. C’est le plus triste venant d’une firme qui dans ses premiers films avait au moins eu le mérite de tenter autre chose. Ici nous sommes dans le fond du panier des Marvel en termes d’écriture. La machine fonctionne à plein régime et le lavage de cerveau du public aide à faire passer la pillule. Mais cela n’enlève en rien a Justice League et son côté petit bras. La plupart si ce n’est la quasi-totalité des grands moments du film sont dans la bande-annonce. À l’exception d’un qui est probablement le seul moment de grâce de Justice League. Bien que trop vite cloturé…

Justice league zack snyder

Steppenwolf aka monsieur VFX en carton…malaise…

Justice League imagine à tort que se reposer sans cesse sur des traits d’humours venant de Batman, Flash ou Aquaman suffira à emporter l’adhésion du public. Certes, cela fonctionne dans le cas d’Aquaman qui est ici et sans la moindre discussion, le personnage le plus drôle du groupe. Mais cela heurte un mur avec celui de Barry Allen. Pas qu’Ezra Miller soit mauvais, loin de là mais la relecture de son personnage sous l’angle du super-héros kid friendly et ultra-goofy finit par s’éloigner du personnage du comics. Héroique par instants certes, mais badass comme peut l’être Barry Allen sur papier non. En fait, nous sommes plus devant un kid-flash qu’un vrai Flash. Une subtile nuance faite pour atténuer le ton global de DC jusque-là qui s’éloignait beaucoup trop des très jeunes. C’est une erreur de tir corrigé, mais elle a pour coup de rendre un peu beaucoup transparent celui qui aurait pu être un personnage central et passionnant. Chose qui pourtant n’est rien en comparaison de la plus grosse faute, voire même l’impardonnable faute de Justice League : celle de rater son méchant.

Justice league zack snyder

Ben arrête tes conneries, ramène le costume d’Henry putain!

Sans une vraie menace forte incarnée par un méchant l’étant encore plus, les fondations même de ce genre de récits vacillent sur elle-même. Et ici autant reconnaître immédiatement que Steppenwolf l’émissaire de Darkseid est une déception sans nom. Celui qui jusque-là se pensait invincible finit par retrouver un ennemi à sa taille en la personne de celui que l’on attendait plus : Superman. Il est à mes yeux le seul moment de grâce du film où l’on retrouve vraiment tout ce que Zack Snyder avait voulu mettre en place dans Man of Steel ou Batman vs Superman. Le souci est que cela ne dure pas assez pour permettre au film de retomber sur ces pattes, retrouvant un sérieux qui aurait été salvateur vu la force de la menace se dressant devant la Justice League. Mais très vite l’ombre du lol reprend le dessus et l’humour pas nécessaire noircit à nouveau le tableau. C’est le plus gros souci de Justice League, une production bicéphale où s’affrontent l’humour générique au possible et l’envie de clôturer une presque trilogie dans une unité de ton. La force des choses fait que cela n’arrivera jamais et Justice League a du coup des allures d’une production terriblement bâtard. Ce qui aurait pu être un grand film sous les commandes de Zack Snyder devient une entreprise de sauvetage tout à fait « oubliable » via Joss Whedon. DC via ce Justice League baisse la garde et se range dans la roue de Marvel, copiant jusqu’à la dernière ligne de code l’ADN de ce qui à fait le succès de la firme depuis plus d’une décennie. C’est un peu facile, une attitude de petit bras qui se renie diront d’autres. L’ère Zack Snyder chez DC semble se finir sur un Justice League de bien triste mémoire. C’est vraiment dommage.

 

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