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Jurassic World, la critique du film…

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Jurassic World est à l’image d’Hollywood, un remixeur géant de ce qui a fonctionné des années avant. L’idée même de surprendre le public est devenue dangereuse, subversive. Hollywood est revenu vers sa forme primitive, celle d’une entreprise avant d’être une usine à rêve et dans cette idée des choses, Jurassic World est le fleuron de sa production. Je vais rapidement jouer l’avocat du diable pour que l’on ne pense pas que je hais le film de tout mon cœur. Ce nouveau volet de la saga se laisse regarder et peut parfois générer quelques rires. Il a aussi une attitude face à son passé qui est assez bizarre. En effet Jurassic World prend en compte l’histoire du 1er film, mais l’incorpore dans son histoire d’une façon tellement bizarre que quel que soit l’angle sous laquelle on le regarde, cela tombe à plat. En effet, ce volet joue sur le passé, mais personne ne retient les erreurs massives de ce dernier…ce n’est pas comme si depuis 3 films, les visites ou réouvertures du Parc se finissaient dans un carnage. Et vous savez quoi, cela ne change pas d’un iota. Le hic ici est aussi que ce film compile les grandes lignes des 3 premiers films en un seul. Le tout résultant dans un problème tout con…si l’on fait partie de la nouvelle génération et que l’on est un enfant ne connaissant aucun des films…il y a des grandes chances que Jurassic World fonctionne sur vous, si vous êtes par contre dans l’autre case…celle des fans historiques, c’est ici que les problèmes débutent.

Autant être honnête, je ne suis pas plus fan que cela de Jurassic Park 1, j’aime beaucoup le 2 et le 3 est très divertissant. Jurassic World compile en un film toutes les qualités et défauts des 3 films. Le scénario se baladant d’un point à l’autre de l’île, pompant certaines scènes d’actions, faisant à d’autres moments des clins d’oeils a des vieilles situations du film. Quand on arrive dans un environnement en particulier très vite une petite voix vous dit dans le creux de l’oreille, tiens là cela va être comme cela…et elle a quasiment toujours raison. Oui Jurassic World respecte sa mythologie, jusque dans la bêtise jusqu’au-boutiste des dirigeants du parc, qui d’un film à l’autre sont toujours aussi stupides. Mais en faisant cela, la production réfute d’emblée toutes volontés d’être novateur. Et elle ne s’épargne pas non plus le fait d’enquiller des fausses bonnes idées en les camouflant sous le couvert d’un vrai twist incroyable. Je parle ici des raptors. Tout comme le T-Rex, ils sont les icônes de la saga. Des saloperies sur pattes qui n’ont qu’une envie, chasser et tuer. Et en injectant dans la saga ce lien, ce quasi-dressage avec un humain, ils perdent tout ce qui les rendait menaçants. Ce sont devenus des animaux de compagnie certes féroces, mais presque loyaux aussi. Nous ne sommes plus devant des raptors…pour la simple et bonne raison qu’ils ne font juste plus peur du tout. C’est un des plus gros mauvais choix du film.

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Le 2e est le nouveau T-Rex. Vendu comme une machine de mort parfaite, il apparaît bien souvent moins iconique que le T-Rex d’origine. Se rajoute à cela le fait qu’il soit dit a plusieurs reprises qu’il n’a jamais vécu hors du confinement de sa cage et que son évasion équivaut à sa première découverte de l’île, chose qui est remise parfois en question de par ses agissements laissant à croire qu’il connaît par cœur la cartographie de l’île. Ce sans que des explications a minima solide viennent étayer la chose. La logique et la raison se font piétiner et l’on regarde le spectacle en levant les yeux aux ciel. S’en suivent un enchainement de scènes de type money shot…mais qui malheureusement n’ont pas d’âmes particulières. Le tout donnant parfois l’impression de voir une version de Deep Blue Sea avec des dinosaures e se prenant au sérieux. Car oui, là aussi Jurassic World manque cruellement du second degré qui aurait pu aider à faire passer la médiocrité de son script. Le film est un remake/reboot de la saga fait de façon bâtarde pour satisfaire le public d’origine et parler à un nouveau. Comment pour le second ? En posant les bases d’un possible univers plus large via la conspiration militaire d’Ingen désireuse d’utiliser les dinosaures comme des armes. Oui, Jurassic World frôle dangereusement la ligne du nanar en se plaçant volontairement ou non comme un préquelle de Dino Crisis si l’on va loin…

Et surtout le problème du film qui à ma grande surprise me fait donner raison a Joss Whedon réside dans le couple Chris Pratt et Bryce Dallas Howard. D’habitude j’adore le premier, mais ici du début à la fin, cela ne fonctionne jamais vraiment. Que ce soit dans l’humour ou l’action, les performances de Pratt se retrouvent prises au piège de l’étau du script. Celui qui était aussi drôle que badass dans les Gardiens de la Galaxie est terriblement terne et générique ici. Mais ce n’est rien en comparaison de Bryce Dallas Howard qui écope effectivement du rôle de la fille en détresse le tout écrit de la façon la plus schématique qui soit. C’est aussi tragiquement comique de par le côté daté de la relation entre les deux et la façon très premier degré dont les deux acteurs jouent cela que complètement con sur le fond. Cela a la couleur d’une parodie, le goût du premier degré et jamais cela ne donne envie d’en reprendre une goutte une fois le métrage fini. Jurassic World donne sur ce point précis une vision tellement passéiste du personnage féminin que l’on a envie de se taper la tête contre le mur. A une époque où les rôles féminins deviennent aussi badass que profonds et concurrencent les hommes sur leur terrain, Jurassic World fait en sorte de bien remettre tout le monde en place. Le tout jusqu’à un final où l’on se dit que les rôles vacillent pour au final finir sur un facepalm de plus.

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Dans le fond je ne hais pas plus que cela Jurassic World. Pris sous l’angle de la négation des 3 premiers films, il fait le travail que l’on attend de lui. Ce même si cela sent le réchauffé au mieux la copie honteuse parfois. Mais faisant partie des vieux spectateurs de la saga, je reste perplexe sur la validité et surtout la structure narrative de ce nouveau volet. Jurassic World ne met jamais rien de nouveau sur la table. Se limitant a faire des clins d’oeils aux fans d’un côté et de vider un bidon d’essence sur le reste de leurs souvenirs de l’autre main. Créature bizarre dont l’existence est une aberration, mais que l’on regarde malgré tout habité d’une curiosité malsaine. C’est un peu ce qui ressort de Jurassic World. Comme disait Roger Murtaugh, je suis trop vieux pour ces conneries…et vu que tout est terriblement con dans ce film…

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